La porte de la conscience

Entretien d'Olivier Barlet avec Jacques Eric Victorien Mampouya sur La Femme et le colonel

Une panne de voiture oblige un colonel à chercher refuge dans une maison isolée. Une femme y habite, dont on apprendra qu’elle s’y est retirée après des horreurs de la guerre où elle a été violée et a vu son enfant brûlé vif devant elle. Le colonel se révèle être son bourreau mais il ne reconnaît pas sa victime. Un dialogue s’instaure. La force de Florisse Adjahonoun est d’arriver à incarner la tension intérieure de cette femme confrontée à l’auteur de ce qu’il appelle des “dommages collatéraux”. L’opposition dualiste entre la sensibilité féminine et le machisme de la grossièreté militaire débouche sur le désarroi de cette femme de voir que les femmes peuvent être aussi cruelles que les hommes : “Je croyais que la femme était synonyme de renouveau, je suis perdue”. La pièce sera ainsi le reflet de son trouble : volontiers didactique sur les rapports hommes-femmes, elle évolue tout en finesse vers une remise en cause de l’humain. Le problème n’est plus dès lors de se venger ou d’humilier son bourreau mais de retrouver la voie de la vie en soi, de pouvoir à nouveau écouter les enfants chanter. Le texte troublant, poignant, d’un Dongala en puissance est servi par une excellente interprétation. OB

La pièce reprend de façon très poignante le vécu d’un pays à travers la relation du violeur et de la violée. Est-ce la nécessité du dire pour exorciser ? C’est une douleur qu’il nous faut évacuer pour éviter que les choses ne se répèt...

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