« La voix du Gabon »

Entretien d'Imunga Ivanga avec Annie-Flore Batchiellilys

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Batchiellilys est un pur produit du Carrefour des Arts de Pierre Akéndéngué. Son premier album Afrique mon toit, révèle une chanteuse dans la lignée des grandes divas africaines.

Peux-tu me parler d’Afrique mon toit ?
Afrique mon toit c’est une envie, un cri d’alarme et une carte de visite. Une envie parce que je n’ai pas réfléchi commercialement, j’ai chanté des thèmes qui me touchaient, que j’avais envie de crier à ce moment-là. Un cri d’alarme parce que pour se faire connaître, il faut sortir de sa salle de bain, il faut faire de la scène, il faut qu’il y ait un disque sur le marché pour que le public te découvre. Les gens ne sont plus curieux d’aller voir les concerts quand ils ne t’ont pas entendu à la radio ou vu à la télé. Une carte de visite car avec ce CD tu parais plus crédible aux yeux des organisateurs de spectacles.
Quels sont les thèmes de tes chansons ?
J’ai envie de dire des choses en tant que femme, que mère, qu’Africaine. Chanter pour ne rien dire ne m’intéresse pas. Je parle donc de la femme, de la vie, de l’enfant, de l’amour qui est le pont entre les humains.
Où puises-tu tes sources d’inspiration et quelles sont tes influences ?
Je puise tout ça dans mon enfance, dans mon village Mighoma où j’ai vécu pendant sept ans. C’est le sous-bassement de ma vie. Je ne dors pas, je ne chante pas, je ne mange pas, bref je ne passe pas une journée sans puiser dans cette période. Celle-ci est à la fois une grande joie et une douleur. Il y a beaucoup d’émotions mélangées…
Peux-tu me parler des formules de tes concerts ?
J’ai choisi de diversifier les formules de mes concerts afin de m’offrir la possibilité de mieux me faire connaître. Si vous avez un grand orchestre, ce n’est pas facile de tourner, il faudrait pour cela être déjà être (re)connue. C’est pour cela que jouer seul, à deux, à cinq représente une solution souple offerte aux organisateurs de spectacles qui ont des moyens différents.
Pourquoi y a-t-il si peu de femmes qui chantent au Gabon ?
En Afrique, la femme doit faire certaines choses et pas d’autres. Celle-ci n’est pas libre de réaliser ses projets, ses passions… Il faut pourtant qu’elle se prenne en main, et qu’elle mette en avant ses envies.
Pierre Akéndéngué ?
Pierre Akéndéngué, que j’appelle affectueusement tonton Coco, m’a fait naître une deuxième fois, il est mon père spirituel. Artistiquement c’est aussi mon modèle. Mon premier album est une première expérience, le deuxième s’inspirera de lui.
Qu’est ce que rencontrer Lokua Kanza a représenté pour toi ?
Un grand tournant dans ma vie musicale. C’est déjà un artiste qui me fait vibrer, j’adore tout ce qu’il fait et, je me retrouve dans son univers. C’est à Vénissieux que j’ai fait sa rencontre. Je faisais la première partie de son concert et il est venu m’écouter. Après, il m’a invité à pousser un cri dans son album 3. Lokua c’est quelqu’un qui m’ouvre les portes.

///Article N° : 1783

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