L’Alliance française à Moroni : guichet unique pour la création

Incontournable pour les artistes depuis vingt ans, l’Alliance française à Moroni est seule à pouvoir accueillir des projets exigeants sur un territoire où n’existe aucune politique nationale dédiée à la création. Une situation exceptionnelle qui génère son lot d’ambiguïtés, dès lors qu’il s’agit d’évoquer la relation complexe qu’entretiennent ce pays et son ancienne puissance tutélaire. A la longue, cette maison vire vers l’interventionnisme culturel. Un exemple parmi d’autres.

Aucun autre lieu ne dispose des moyens de cette Alliance aux Comores. Située au nord de la capitale, dans un quartier populaire, Sanfili, également appelé « Hankunu » (« là où l’herbe pousse »), l’Alliance franco-comorienne de Moroni se présente sous la forme d’une grande bâtisse blanche, accueillant une bibliothèque, la plus riche en fond francophone du pays, des cours de langue, des conférences, des expositions et du spectacle vivant. L’Alliance, relevant du droit local depuis sa création en 1963, bien que réaffirmant sans cesse son identité française, fait office de centre culturel. Dirigée par un expatrié, avec la complicité d’un comité composé de gens du pays, l’institution ne répond en principe qu’aux injonctions de ses tutelles parisiennes. La présence comorienne à son comité n’a longtemps satisfait, il est vrai, qu’au principe de politesse, admis dans les relations entre un pays déclaré souverain et son ancienne puissance colonisatrice. Les directeurs se succédant à sa tête ont toujo...

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