Le Titanic carcéral

Dans notre société, la prison assure la fonction d’un dépotoir : un lieu où l’on entrepose les éléments indésirables. Parmi ces éléments, les migrants et les jeunes dits “d’origine immigrée” (1) occupent une place croissante (2). Le régime d’exception auquel sont soumis les quartiers populaires (quadrillage policier) et la politique des quotas d’expulsions expliquent en grande partie cet état de chose. L’enfermement des étrangers prend aujourd’hui de telles proportions qu’on peut se demander si, désormais, les centres de rétention et zones d’attente ne font pas partie intégrante de l’archipel carcéral. Ces derniers temps, le système pénitentiaire français prend l’eau de toute part, révélant ainsi les limites de la politique sarkozienne du “grand renfermement” (incarcérations massives). A plusieurs reprises, j’ai été amené à intervenir dans des prisons (atelier d’écriture, cours). J’en garde le souvenir d’un purgatoire (3), d’un lieu où la réinsertion du détenu n’est qu’un leurre. Le pénitencier reste d’abord un lieu d’expiation, une machine à punir qui, inéluctablement, fabrique des fauves et détruit des vies. Construire de nouvelles prisons est tout sauf une solution, c’est alimenter l’inflation carcérale et étendre le domaine des zoos humains.

J’ai rendez-vous, pour la première fois, à la prison de Loos Temps ensoleillé, froid et sec ; idéal pour pédaler. J’enfourche mon v&eac...

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