L’édition africaine au 32e Salon du livre de Paris

Une édition mieux représentée mais encore infime dans cette grande librairie…

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La nouvelle formule du salon du livre de Paris aura décidément fait couler beaucoup d’encre. Avec un format plus court (1), le SDL ne met plus un seul pays à l’honneur, mais se fait désormais le chantre d’un thème (les lettres japonaises), d’un genre (le manga), d’un autre média (l’adaptation des livres au cinéma), d’une ville (Moscou ville invitée) et d’une problématique (le livre dans la cité). L’idée générale est de concentrer l’événement et semble-t-il, de « ratisser » plus large au niveau des visiteurs.

Une édition 2012 (presque) record, si l’on se fie aux quelque 190 000 visiteurs qui se sont rendus porte de Versailles cette année (2), surtout si l’on tient compte du prix élevé du billet d’entrée (9,50 euros et des restrictions d’accès notables (3)). Rappelons que le salon se tenait sur fond de débat autour de la décision d’augmenter la TVA sur le livre par le gouvernement français sortant (4).
Selon Antoine Gallimard, membre du comité d’organisation, le SDL 2012 c’était donc « 40 pays, 20 auteurs japonais à l’honneur et 18 auteurs moscovites invités, ainsi que plus de 2 000 auteurs français [qui]ont pu échanger avec le public lors de plus de 500 rencontres organisées pendant ces quatre jours du Salon » (5). Ces rencontres étaient réparties sur 500 stands ne rassemblant pas moins de 1 200 éditeurs du monde entier.
Et si le monde entier était effectivement représenté durant les quatre jours, il y avait pourtant des littératures et des livres que M. Gallimard ne mentionne pas. Un coup de projecteur sur les productions littéraires et éditoriales africaines exposées aurait été le bienvenu.
Un petit tour d’horizon des 55 000 m² du parc des expositions de la porte de Versailles laisse en effet apercevoir une petite mais tangible présence de l’édition et des littératures africaines. Parmi ces « îlots », il y avait tout d’abord, en plein cœur du parc, le grand stand des « Livres et Auteurs du bassin du Congo » et ses 280 m². L’Algérie pouvait revendiquer un bel espace de 95 m², non loin de la Côte d’Ivoire (25 m²), du Maroc (24 m²), de la Tunisie (21 m²) et de la Guinée (14 m²). Il y avait aussi le bel espace de la Librairie du Sud, subventionné par l’Institut français et où l’on pouvait trouver un certain nombre d’ouvrages édités en Afrique. L’Institut soutenait également le déplacement d’une partie de la délégation guinéenne et de plusieurs écrivains et professionnels du livre africains (6).
Et puis, en marge de ces représentations « officielles », il y avait aussi la délégation camerounaise (deux éditeurs et trois officiels invités par le Bureau du livre du ministère de la Culture du Cameroun) et sénégalaise (deux écrivains et une libraire invités par l’Institut français). Deux présences qui présagent, peut-être, de nouveaux stands africains durant le Salon du livre 2013. Enfin, nous n’achèverons pas cette revue sans évoquer l’association l’Oiseau Indigo Diffusion, qui représentait au Salon les ouvrages d’éditeurs du pourtour méditerranéen, ainsi que les Classiques Africains pour la Côte d’Ivoire.
L’édition 2012 aura ainsi été assez riche en termes d’exposants africains. Un progrès que l’on nuancera en rappelant que l’Afrique représentant tout au plus 1 % de la surface d’exposition totale du salon du livre (7).
Livres et auteurs du bassin du Congo : une présence littéraire forte
Mais si le Salon du livre de Paris reste encore un événement très franco-français, il faut reconnaître que le désormais bien connu « Livres et auteurs du bassin du Congo », a apporté une certaine fraîcheur littéraire durant ces quatre jours. D’un certain point de vue, le stand congolais semble devenir, année après année, un point de repère des littératures africaines à Paris (8).
Le discours prononcé par Henri Lopès (9) à l’inauguration de l’espace aura mis l’accent sur la volonté de symbole et de rassemblement artistique affichée par les organisateurs : « L’Afrique est fière, l’Afrique est singulière, l’Afrique est vivante : c’est ce que démontre avec une vigueur croissante cet espace qui a pour ambition de valoriser notre continent dans ce qu’il a de plus noble : l’art et l’écriture […]. Des rencontres, des débats, des tables rondes, des tête-à-tête s’y succéderont sans interruption, du matin au soir, [permettant]aux plus grands noms de la littérature africaine de se retrouver afin de parler du passé, du présent, du futur, de la vie, de l’art, bref de tout ce qui nous passionne ».
L’aspect politique de la présence littéraire de la République du Congo à Paris était indéniable, mais nous avons néanmoins apprécié le fait que les organisateurs ne jouent pas seulement le jeu de « l’Afrique au salon du livre », en liant leur programme aux thématiques générales : le vendredi, une table ronde était ainsi consacrée à Pouchkine (10) ; de même, une autre rencontre mettait en valeur le rôle citoyen du livre politique.
Sans revenir sur l’intégralité du très riche programme de l’espace (11), il y a eu des moments forts et des rencontres passionnantes au cours des quatre journées « congolaises ». Il y a par exemple eu ces tables rondes consacrées aux « Revues littéraires du monde noir » : Présence Africaine (Romuald Fonkoua), Tropiques (Jean-Michel Place), Africultures (Boniface Mongo Mboussa), La Revue littéraire du monde noir (Michel de Breteuil) ; « Entre la Russie et l’Afrique : Pouchkine symbole de l’âme Russe » (Dieudonné Gnammankou, André Markowicz, Boniface Mongo Mboussa) ; « Le rôle et la place des femmes dans la transmission des traditions » (Fatou Diome, Gabriel Okoundji, Djaïli Amadou Amal, Khadi Hane) ; « Hommage à la profession d’éditeur en Afrique » (Mukala Kadima-Nzuzi, Thierry Quinqueton, Marie-Michèle Razafintsalama, Mireille Opa).
L’espace Congo se sera encore positionné avec plusieurs rencontres de « Géopolitique africaine » (« Le rôle et la place de l’Afrique dans la francophonie » ; « Le développement durable enjeu du développement du Bassin du Congo », etc.).
Le grand public était lui aussi convié sur le stand : il y a eu de beaux moments consacrés aux jeunes lecteurs, comme cette table ronde autour de la littérature de jeunesse (Antoinette Corréa, Gabriel Kinsa, Mathilde Davignon, Viviana Quiñones) ou cette animation « Reporters en herbe ».
Pour l’édition française, la maison Gallimard était très présente. L’éditeur parisien était d’ailleurs un des partenaires de « Livres et auteurs du bassin du Congo. Une table ronde sera logiquement consacrée aux nouveaux ouvrages de la collection « Continents Noirs » de Jean-Noël Schifano (Henri Lopes pour Une enfant de Poto-Poto, Jacques Dalodé pour Très bonnes nouvelles du Bénin, Libar M. Fofana pour L’Étrange rêve d’une femme inachevée, Scholastique Mukasonga pour Notre-Dame du Nil et Mamadou Mahmoud N’Dongo pour Mood Indigo). La réédition de Black Label,dans la collection poche de Gallimard, a également donné lieu à une rencontre autour de l’œuvre de Léon-Gontran Damas.
Enfin, la remise du premier prix « Mokanda » (12), qui récompense un « homme ou une femme de lettres francophone africain pour l’ensemble de son œuvre » a constitué un des moments clef de l’édition 2012. On se souviendra que le premier « Mokanda » a été décerné le 16 mars à Ananda Devi, en lice avec Alain Mabanckou et Boualem Sansal. L’écrivaine mauricienne n’a pas caché sa fierté : « C’est un honneur d’être la première, car c’est aussi la récompense d’une décennie de travail. J’en suis fière, parce que le mot Mokanda me ramène à mes années passées à Brazzaville dans les années 1980 à l’ombre de la voix du fleuve, de Brazzaville, à l’ombre de Tchikaya et de La Vie et demie de Sony Labou Tansi ».
L’édition africaine au second plan sur le stand du bassin du Congo
Les littératures africaines francophones et leurs écrivains ont donc été au premier plan durant ces quatre journées ; mais les livres du bassin du Congo beaucoup moins. Il faudra en effet distinguer le côté intellectuel – passionnant – de l’espace « Congo 2012 », d’une représentation décevante des éditeurs de la sous-région ou plus globalement d’Afrique.
Le livre africain était tout de même représenté par les éditions Hémar de Brazzaville, au même titre que les éditions « Les Manguiers » du ministère de la Culture et des Arts du Congo-Brazzaville ou les (très françaises) éditions camerounaises Ndzé. Celles-ci n’auront cependant pas suffi à faire pencher la balance dans le sens de la promotion du livre africain. Nous avons constaté que le riche feuillet publié par Les Dépêches de Brazzaville pour l’événement évoquait l’édition à Lubumbashi ; l’édition lushoise était pourtant tout à fait absente du salon du livre de Paris. Il est dommage que l’édition africaine n’ait pas été davantage représentée. Frais d’acheminement ? dispersion des acteurs ? manque d’organisation ? Le regroupement des éditeurs devrait faciliter les choses à l’avenir.
La tribune était belle, mais le stand restera surtout parisien du point de vue des structures du livre. Comme souvent, les voix littéraires ont surtout été celles des écrivains édités en France.
Une nuance, peut-être : le dernier jour du salon a été l’occasion d’une table ronde « Hommage à la profession d’éditeur en Afrique ». Et le choix d’un tel intitulé rendait bien compte du parti pris de l’organisation, à savoir de saluer le courage des éditeurs en Afrique, de rappeler les multiples problèmes auxquels ces derniers font face pour développer leurs catalogues et diffuser leurs productions.
Cette intéressante rencontre se tenait lors de la journée professionnelle. Étaient invités Mukala Kadima-Nzuzi (directeur des éditions Hémar), Marie-Michèle Razafintsalama (Présidente de l’association Afrilivres), Thierry Quinqueton (Président de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants) et Mireille Opa (responsable du livre et de la lecture de la République du Congo). C’est la diversité professionnelle des intervenants qui nous a tout d’abord frappés ; il n’est en effet pas courant de voir réunis un éditeur congolais « historique » (13), la présidente d’une association panafricaine d’éditeurs (elle-même éditrice et libraire à Madagascar), le président d’une organisation militant – entre autres – pour une redistribution des droits d’auteurs et le responsable du livre d’un pays africain.
Nous avons noté plusieurs points au fil des différentes prises de parole :
– Une étude de l’association Afrilivres sur la situation du livre à Madagascar a relevé « que les livres fabriqués localement n’étaient pas attrayants par manque de professionnalisme plus que par manque de moyens » ;
– selon M-M. Razafintsalama, « le faible pouvoir d’achat des populations [malgaches]ne permet […] pas d’envisager une quelconque amélioration de la situation » ;
– M. Kadima-Nzuji a dénoncé le manque de vrais professionnels du livre en Afrique. Ce dernier a expliqué que les ouvrages des éditions Hémar étaient fabriqués en Belgique « parce que, malgré les distances, coût de fabrication et transport compris, le livre revenait moins cher produit à Bruxelles qu’à Kinshasa ou même Brazzaville » ;
– Thierry Quinqueton a évoqué « les possibilités intermédiaires entre le livre imprimé et le livre numérique, le tout étant de préserver l’existence des deux dans une dynamique complémentaire » (14) ;
– Mireille Opa a décrit le travail mené par le ministère de la culture congolais pour donner « une place plus grande […] au livre et à la lecture ». Rappelons que la nouvelle direction générale du livre et de la lecture avait déjà organisé la « Rentrée du livre » du 31 janvier au 2 février 2012, à Brazzaville. À cette occasion, le ministre de la Culture et des arts, Jean-Claude Gakosso, s’était exprimé : « la Rentrée du livre est la mise en application de la politique nationale en matière du livre et de la lecture publique ». Elle vise à favoriser l’organisation des manifestations culturelles (foires, expositions, concours, jardins du livre, etc.) ; promouvoir la coopération avec toutes les institutions culturelles œuvrant dans les métiers du livre ; vulgariser le livre sur toute l’étendue du territoire national par l’extension du réseau de lecture publique ; œuvrer encore avec plus d’ardeur à la promotion de la littérature congolaise » (15). La participation du Congo au Salon du livre s’inscrit ainsi dans la continuité des actions menées par les instances congolaises.
Si nous sommes convaincus que les organisateurs de la table ronde ont privilégié – à raison – le pluralisme des intervenants, n’aurait-il pas été tout aussi intéressant de convier des représentants du livre de Côte d’Ivoire et du Cameroun. Une rencontre croisée aurait été une rare occasion d’évoquer et de comparer les actions de soutien à la filière éditoriale menées dans différents pays.
Avouons-le, c’est cette absence de points de comparaison qui nous a frustrés dans cette rencontre, chaque intervenant évoquant ses difficultés et ses actions, sans forcément de liens avec les autres invités et sans laisser beaucoup de place à de possibles débats.
C’est en fin de compte de manière indirecte que la problématique de l’édition africaine s’est immiscée dans les exposés et les discussions :
– Premièrement, sous la forme d’une intervention qui nous a beaucoup marqués. En marge de la table ronde consacrée aux « Revues littéraires du monde noir », Marcelin Vounda Etoa, directeur des éditions CLÉ (ndlr : la plus ancienne maison d’édition camerounaise), est intervenu durant la discussion qui faisait suite à l’exposé des politiques éditoriales des quatre revues (Tropiques, Présence Africaine, Africultures et la Revue littéraire du monde noir) :
« Je suis heureux qu’en passant, on ait évoqué les revues produites sur le continent. Monsieur Fonkoua l’a fait en parlant d’Éthiopiques, je voulais signaler aussi en passant la revue Abbia, qui a été créée en même temps que les éditions CLÉ, que j’ai le privilège de représenter ici. Je voudrais simplement m’étonner de ce que, finalement, tout ce qui se fait sur le continent ne soit pas autant que cela pris en compte par les revues qui paraissent ici. Nous sommes donc finalement tombés dans un autre enfermement, au-delà de celui de la couleur de la peau : nous sommes dans un enfermement au centre, avec une négation totale […] ». L’éditeur a suggéré une piste : « Du point de vue de ce qui parait, de ce qui se fait dans la périphérie – si l’on peut parler ainsi – il y aurait lieu de réfléchir à des mécanismes et à des moyens de mettre en relation des contributeurs du continent dans les projets qui sont conçus ici, pour que la perspective soit plus ouverte et que l’on se sente concernés ».
Une seconde intervention nous aura marqués. Au cours de la table ronde « le rôle et la place des femmes dans la transmission des traditions », il est passé totalement inaperçu que Djaïli Amadou Amal était l’unique romancière publiant dans une maison africaine (l’éditeur camerounais Ifrikiya). À côté d’œuvres éditées chez des structures françaises (Denoël, Flammarion, William Blake and Co), la présence d’un éditeur camerounais avait pourtant beaucoup de sens.
La question de la diffusion du livre en Afrique
Il aura donc fallu attendre le dernier jour et la matinée professionnelle du salon du livre pour assister à la présentation d’un rapport consacré à la diffusion du livre en Afrique. Commandé par l’Institut français, cette étude était présentée par Sophie Godefroy sur le stand de la Librairie du Sud.
Un travail qui est le fruit d’une enquête menée en 2011 (16), avec pour objectif d’évaluer les obstacles à une bonne distribution du livre africain en Afrique et hors d’Afrique. Sur un second plan, il était question de préconiser des actions pour favoriser une meilleure diffusion des productions. À partir d’entretiens avec quatre-vingt-dix professionnels (dont 27 libraires et 21 éditeurs), les responsables de l’étude ont déduit que le livre africain représente 5 à 10 % du chiffre d’affaires des librairies du continent.
Nous avons relevé différents éléments d’information au cours de cette présentation :
– « [en Afrique]beaucoup de maisons d’édition sont spécialisées en jeunesse » ;
– « elles utilisent les méthodes classiques : les librairies. Il y a également les foires où des éditeurs se trouvent pour concevoir leur projet ensemble. Il est clair que l’Afrique est à la recherche de sa foire. La foire de Dakar ne contente pas tout le monde » (17) ;
– « La diffusion se fait dans le pays d’origine de l’éditeur. Quelques éditeurs vont dans les pays limitrophes. Pour un éditeur comme les Classiques Ivoiriens, [la diffusion]représente en Afrique 10 à 15 % de son chiffre d’affaires. On a aussi observé des accords de diffusion croisée. La diffusion des éditeurs africains au Nord, se fait au coup par coup » ;
– « Nous avons constaté que les éditeurs africains sont assez isolés, et travaillent très peu ensemble » ;
L’association Afrilivres était aussi concernée par le rapport (18) :
– Le projet de départ était la visibilité de l’édition africaine et une structure de distribution en Afrique et au Nord. Mais le site est maintenant caduc et la centrale ne fonctionne plus comme une centrale. Le volume d’échanges est donc faible. « Il y a une véritable démobilisation ».
– « Faute de moyens et de liens avec les producteurs, le volume des échanges [est]extrêmement faible. Donc il nous a semblé bien de préconiser une refonte totale d’Afrilivres de façon à ce qu’il y ait une véritable mutualisation et une synergie entre les éditeurs africains.
– Le nouveau bureau devra prendre en charge une politique de communication / promotion des éditeurs et la veille des marchés de dotation des bibliothèques pour lesquels les éditeurs africains sont absents.
– « L’idée est de confier l’édition à des plateformes spécialistes du livre africain aussi bien en Afrique qu’en France : trois plateformes en Afrique, une en Côte d’Ivoire qui aura une compétence au Togo, au Bénin, Burkina et au Niger, une au Mali qui aura une compétence sur le Sénégal, la Guinée et la Mauritanie, une au Cameroun qui aura compétence sur les États de l’Afrique centrale et une plateforme en France qui aura compétence sur la Belgique, Suisse et Canada. Tout le schéma a été fait dans l’étude ».
Quelques pistes ont, par ailleurs, été évoquées :
– « Il faut une aide au transport. On s’est rendu compte que le coût du transport du livre entre la France et le Bénin était beaucoup plus faible qu’entre le Cameroun et le Bénin » ;
– « Le système d’aide au transport qui existe en France est apprécié par les librairies […]. L’Uemoa s’est dite intéressée par cette étude et peut participer au financement de certains points particuliers si c’est nécessaire » ;
– « Ce sera le rôle des personnes qui seront en charge d’Afrilivres et d’autres institutions. Ce serait aussi intéressant de faire de la promotion auprès des médias aussi bien de la radio (…) et de la télévision qui sont très écoutées en Afrique » (19).
À la suite à cette présentation, Marie-Michèle Razafintsalama a présenté la nouvelle directrice d’Afrilivres : Agnès Adjaho (20) aura pour mission de remobiliser le réseau Afrilivres pour favoriser la diffusion des éditeurs membres.
Thierry Quinqueton interviendra enfin, au titre de Président de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. Selon lui, le « Print on demand » (POD) constitue un nouvel enjeu pour les éditeurs africains. Grâce à cette technologie développée depuis 2007, un libraire ayant fait l’acquisition d’une machine dans la lignée de l’Expresso Book Machine (21) peut imprimer le fichier numérique d’un ouvrage au format PDF. Dans cette perspective « on peut tout à fait imaginer (et cela commence à se faire) que des éditeurs africains vendent des livres numériques », selon M. Quinqueton.
Si cette éventualité semblait correspondre aux nouveaux enjeux de diffusion évoqués par Sophie Godefroy, Philippe Goffe, vice Président de l’Association internationale des libraires francophones, est venu tempérer l’enthousiasme du Président de l’AIEI. En mettant en garde l’assistance, ce dernier a signalé que les sociétés commercialisant le matériel d’impression n’ont pour le moment pas encore apporté des garanties suffisantes à un véritable respect de la chaîne du livre. Des questions qui resteront en suspens…
La Côte d’Ivoire et la réconciliation par le livre
L’édition africaine était-elle directement représentée sur le salon ? En périphérie, sur les allées W et X. On y trouvait en l’occurrence le stand de la Côte d’Ivoire, voisin des espaces des pays du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) (22) et de la Guinée.
La présence de la Côte d’Ivoire, après plusieurs années d’absence au Salon du livre de Paris, était forte de signification. Le slogan sur le livret édité pour l’occasion rendait bien compte de la volonté affichée par la délégation ivoirienne, moins d’un an après les troubles postélectoraux qui ont bouleversé le pays : « L’art et la culture nous réconcilient ». En plus d’une trentaine d’écrivains venus dédicacer leurs œuvres sur le stand, la délégation ivoirienne était accompagnée d’une dizaine de maisons d’édition, d’un libraire et d’un diffuseur (23).
Il y a eu une forte volonté de communication de la part des organisateurs. Nous avons assisté à la conférence de presse « les enjeux de la participation de la Côte d’Ivoire au Salon du livre de Paris ».
Fauséni Dembélé (représentant de cabinet du ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandama) a expliqué la raison de la venue de la Côte d’Ivoire à Paris ; une présence qui s’inscrit dans une continuité institutionnelle : « L’État de Côte d’Ivoire a décidé d’apporter un appui essentiel à la création littéraire et, de façon particulière, nous avons inscrit le livre comme thème central en cette année culturelle dans le pays ». L’année 2012 fera une part belle au livre : « Il y aura une série de manifestations, et de projets, pour soutenir et dynamiser le secteur qui, il faut le dire, en 10 années de crise que le pays a connu, a traversé des moments difficiles », a souligné M. Dembélé. Le représentant du ministère de la Culture a mis l’accent sur les ambitions professionnelles de la délégation : « Nous entendons, avec les opérateurs d’ici et d’ailleurs (éditeurs, libraires et autres écrivains), nouer des partenariats. Pour nous, le salon du livre de Paris, est une occasion et une opportunité à saisir. C’est pourquoi, après une dizaine d’années d’absence ou de quasi-absence, la Côte d’Ivoire est fortement présente aujourd’hui, avec une gamme très représentative de ses auteurs ». L’accent a été particulièrement mis sur l’ouverture : « pour que notre pays s’ouvre davantage au monde […], qu’il puisse faire connaître sa culture et sa production littéraire, qui est une des plus variées et des plus riches d’Afrique ».
L’occasion nous a été donnée de poser plusieurs questions aux responsables de la conférence de presse. Notre première interrogation portait sur le travail mené par l’association des écrivains ivoiriens. C’est Isabelle Kassi Fofana, présidente de l’Association Akwaba Culture, qui nous a répondu : « Nous avons effectué ce déplacement avec le président de l’association des écrivains de Côte d’Ivoire, Monsieur Josué Guébo, et je pense que c’est une équipe dynamique qui vient de se mettre en place. Elle vient de prendre ses fonctions en décembre dernier. Elle a déjà créé un site Internet. Je pense que les choses se mettent en place assez rapidement ».
Notre seconde question portait sur le travail actuel de l’association Afrilivres et de son rapport avec les éditeurs ivoiriens. Ange Félix N’Dakpri, Président de l’association des éditeurs de Côte d’Ivoire a apporté une première réponse qui mettait en valeur l’importance des échanges entre les structures africaines : « les éditeurs ivoiriens réalisent pas mal de collaborations avec les éditeurs sous-régionaux mais aussi avec les éditeurs internationaux. Dans le cadre de l’Association internationale des éditeurs indépendants, il y a des éditeurs en Côte d’Ivoire qui échangent avec leurs confrères de ces différents pays. Afrilivres, je pense, est en plein renouvellement de ses instances. Certains membres de notre association sont acteurs d’Afrilivres. C’est pour vous signaler que des échanges existent entre le Nord et le Sud mais également au niveau intra-Sud ».
Fauséni Dembélé a prolongé la réponse de M. N’Dakpri sur un point historique : « on pourrait ajouter qu’il y avait une expérience avant-gardiste avec les Nouvelles Éditions Africaines. C’était une maison commune à plusieurs pays africains : la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo… malheureusement l’expérience a été de courte durée et les pays ont repris leur souveraineté en la matière ». Concernant l’enjeu du rassemblement : « de plus en plus, nous nous rendons compte que, par rapport au marché, par rapport à la nécessité d’avoir des entreprises de grande envergure pour faire face, aussi, à la concurrence internationale, il y a lieu de ratisser des liens de coopération assez forts. Et nous n’avons pas le choix si nous voulons survivre. Nos marchés étant assez restreints, nos capacités faibles. La coopération africaine dans le domaine s’impose », a-t-il souligné.
Un projet qui se développe en lien avec les opérateurs africains
Le dernier après-midi du salon, avait lieu une réunion de présentation des écrivains et éditeurs de Côte d’Ivoire présents au salon. Cette rencontre qui s’est déroulée sur le stand ivoirien était modérée par Isabelle Gremillet, la fondatrice et Présidente de l’association arlésienne L’Oiseau Indigo Diffusion. Un opérateur de plus en plus présent sur la scène éditoriale africaine, depuis 2009.
Au moment de la fondation de la structure, Isabelle Gremillet posait plusieurs questions : « Est-il indispensable à un auteur du Sud d’être diffusé par un éditeur français pour être reconnu et bénéficier d’un large lectorat ? » ; « La diffusion d’un éditeur du Sud est-elle nécessairement limitée à son marché national ? ».
Trois années plus tard, la présence de l’association au Salon du livre de Paris (stand T 27 sur l’espace Provence Alpes Côte d’Azur) et ses liens avec le stand ivoirien attestent de la cohérence de l’entreprise. L’Oiseau Indigo entend, en effet, assurer une présence à ses éditeurs sur les principaux salons du livre de la zone francophone du Nord (24). Le diffuseur élargit peu à peu son réseau : depuis quelques mois (nous soulignons), les Classiques Ivoiriens constituent la première maison d’édition d’Afrique de l’Ouest diffusée et distribuée par l’association.
Lorsque nous rencontrions Isabelle Gremillet en 2006, son projet était encore en maturation. Elle nous parlait alors de l’African Books Collective (ABC), projet inédit lancé à Oxford, en 1989, à l’initiative d’Hans Zell et de 17 éditeurs africains avec pour but d’assurer la diffusion des éditeurs africains dans le Commonwealth. L’idée de départ s’inspire donc du travail de l’ABC, en se projetant cependant vers les aires francophone et arabophone. L’Oiseau Indigo revendique « un service de diffusion, de distribution et de promotion aux éditeurs du Sud (les éditeurs du sud de la Méditerranée et au-delà), permettant de rendre leurs ouvrages visibles et disponibles dans le réseau du livre en France et par extension en Suisse et en Belgique ».
Le projet de L’Oiseau Indigo se veut par ailleurs une plate-forme pour ses éditeurs. Isabelle Gremillet nous précisait que : « la qualité du catalogue de L’Oiseau Indigo est avant tout le reflet de la qualité du catalogue de nos éditeurs. C’est le sens et le principe sur lesquels repose notre projet, de se faire le relais du travail que les maisons d’édition réalisent déjà au quotidien ».
Incertitudes du numérique et édition africaine
Ce même jour et après quatre jours d’expositions, de rencontres et de conférences, le rideau est tombé sur la 32e édition du Salon du livre de Paris. Une édition où le livre numérique s’est fait très présent. Il n’est en effet plus du tout question d’un phénomène d’édition marginal. À titre d’exemple, les librairies en lignes (Feedbooks, BdBuzz, Décitre, Amazon, Apple) ainsi que les constructeurs de tablettes numériques (Sony, Nenuphar Development) figuraient, cette année, parmi les exposants. Ces enjeux numériques n’ont pas échappé aux éditeurs africains. Un marché semble-t-il directement concerné, puisque la première tablette numérique africaine a été lancée en janvier dernier, en République du Congo (25).
Il y a pourtant encore beaucoup de flou autour de la problématique du numérique en Afrique ; et l’on se demandera si les craintes exprimées par Philippe Goffe ne laissent pas présager de nouveaux problèmes et futures batailles juridiques. Pour le moment, il n’y a en tout cas pas de « miracle » numérique à espérer pour l’édition africaine. Sur la seule question des blogs ou sites Internet, l’outil numérique n’est encore que très inégalement occupé par les éditeurs et regroupements de professionnels africains. Les éditeurs qui possèdent un site Web et diffusent leur catalogue sont encore peu nombreux.
Une interrogation liée peut d’ailleurs être formulée sur le point de la diffusion de l’information. Faiblement centralisée, cette dernière ne transite par aucun canal établi. On ne relève encore aucune base de données exhaustive renvoyant vers les sites existants d’éditeurs africains. La publication périodique (hélas pas assez reconnue) de l’éditeur écossais Hans Zell Publishing, Books & Readings in Sub-Saharan Africa représente probablement l’outil documentaire le plus complet, au niveau de la quantité d’informations sur les éditeurs et structures du livre en Afrique, comme de la fréquence des mises à jour de la version électronique de l’ouvrage (26).
Il y a lieu de rappeler ici le propos d’Octavio Kulesz (publié dans une récente étude consacrée au livre numérique dans les pays du Sud) ; ce dernier écrivait : « dans un monde d’une variété infinie et qui se trouve en développement au sens littéral du terme, l’édition numérique du Sud est le territoire de tous les devenirs. Mais si les technologies mutent et que les contextes locaux sont instables, cette industrie naissante ne va-t-elle pas connaître la même extrême fragilité ? L’édition électronique dans les pays en développement ne restera-t-elle pas excessivement exposée aux va-et-vient de l’histoire et à l’arbitraire des colosses nord-américains, européens et japonais, indépendamment de ce que mettront en œuvre ses protagonistes ? […] Nous ne nous référons pas ici à la géographie ou au climat, mais bien aux formes spécifiques d’interaction avec la technologie qui existent dans chaque région : formes structurées par l’histoire, la langue, la culture, la religion, la politique, entre autres aspects » (27).
Nous le disions, l’édition africaine était mieux représentée, cette année à Paris. La délégation congolaise à d’ores et déjà annoncé son retour en 2013, de même que la délégation ivoirienne et une présence camerounaise serait envisagée l’an prochain.
On retiendra enfin de cette édition le signal fort envoyé par Afrilivres autour de la mise en place de sa nouvelle direction. Le collectif semble aujourd’hui travailler en partenariat étroit avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants (28) et entretenir des rapports de collaboration avec l’Association internationale des libraires francophones. Afrilivres aura un rôle évident à jouer dans le mouvement actuel associé à la numérisation éditoriale, aussi bien au niveau de la recherche des nouvelles possibilités d’édition et de diffusion, que de la défense des intérêts de la profession. La question des échanges intra-sud constituera aussi un des grands enjeux du travail de l’association.
Il est pour le moment encore trop tôt pour parler d’un véritable changement du paysage de l’édition, porte de Versailles. Nous ne pourrons cependant pas nous empêcher d’espérer une présence accrue des éditeurs africains à Paris, lors des prochaines éditions du salon du livre. Ces derniers, par leur représentation, rendent l’enjeu essentiel de la bibliodiversité bien moins abstrait. En 2006, Gilles Colleu écrivait : « On ne peut que souhaiter qu’un rééquilibrage s’opère et que la diversité éditoriale soit le reflet de la multiplicité des cultures à travers une constellation d’éditeurs, petits, moyens et gros, indépendants ou non, garantissant aux citoyens la pluralité des idées, la diversité des propos, la multiplication des supports du savoir » (29).
Pour clore notre propos, nous considérerons que la présence africaine au salon du livre témoigne d’une certaine vitalité de l’édition sur le continent, malgré une visibilité des maisons d’édition encore réduite à l’international et des échanges professionnels très dépendants de différents collectifs associatifs. Par ailleurs, si de multiples échanges se passent entre éditeurs sur le continent, l’information sur les mouvements et la vitalité de l’édition africaine est, pour sa part, encore assez maigre.
Globalement, la question littéraire prévaut encore sur l’aspect éditorial. Le Salon du livre de Paris ne constitue pas encore, à proprement parler, un tremplin pour l’édition africaine.

1. Quatre jours contre six jusqu’en 2010.
2. Soit 10 000 de plus qu’en 2011, d’après le Syndicat National de l’Édition.
3. Les étudiants de moins de 26 ans n’avaient un accès gratuit que pour une seule journée au Salon.
4. Une augmentation de 5,5 % à 7 %.
5. Le propos d’Antoine Gallimard est rapporté par Adrien Aszerman dans un article publié sur le portail Actualitté [les univers du livre].
6. Le stand de la Librairie du Sud prend une place croissante depuis 2010 (année de la Francophonie). [Le programme 2012 de la Librairie du Sud] est disponible en version.pdf (464 ko) sur le site Web de l’Institut Français.
7. Pour rappel, le Stand du Congo qui en est à sa troisième édition n’avait encore jamais occupé une telle surface. Un petit retour sur les dernières éditions du salon est éloquent : en dehors de la présence de la librairie du Sud (subventionnée depuis plusieurs années par CulturesFrance), l’Afrique aux salons du livre 2007, 2008 et 2009, c’était essentiellement le stand de la librairie Afrique et Caraïbes ; en 2006 il y avait un stand Afrique ; en 2005, année « faste » l’association Afrilivres avait inauguré un espace au SDL (une initiative hélas jamais renouvelée depuis), cette même année, l’Alliance internationale des éditeurs indépendants avait aussi son propre espace, tout à côté d’Afrilivres.
8. Le stand n’avait donc jamais été aussi bien placé (en H69), ni autant fréquenté. François Hollande y fera d’ailleurs une halte lors de sa visite dominicale.
9. En tant qu’ambassadeur de la République du Congo en France.
10. Qui avait, certes, un aïeul de la région du Nord-Cameroun.
11. [Le programme de l’espace].
12. « Lettre » en lingala.
13. M. Kadima-Nzuzi, participait en 1971 à l’aventure des Éditions du Mont Noir, lancées par V. Y. Mudimbe et G. Ngal à Lubumbashi, en RDC.
14. Voir [l’article de Raphaël Safou] « Hommage à la profession d’éditeur en Afrique avec des maisons d’édition africaines », publié dans Les Dépêches de Brazzaville le 21 Mars 2012.
15. Voir [l’article de Gaspard Lenckonov] « Ouverture de la Rentrée du livre à Brazzaville », publié sur le portail web Star du Congo (en lien).
16. D’après Sophie Godefroy, l’étude sera bientôt publiée sur le site Internet de l’Institut Français.
17. Nous nous permettrons de nuancer ce propos en évoquant les éditions tunisiennes Elyzad (présentes au salon, sur le stand de l’Union des Éditeurs Tunisiens). La maison d’édition remportait en effet le 12e prix Alioune Diop « pour la promotion de l’édition en Afrique » de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar, en décembre 2011. La maison d’édition a reçu un chèque d’un million cinq cent mille Francs CFA. Les Nouvelles Éditions Ivoiriennes – Centre d’Édition et de Diffusion Africaines (NEI-CEDA) ont obtenu la deuxième place et un chèque d’un million de Francs CFA. Ce concours, soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie, est destiné à « apporter un soutien matériel au secteur éditorial africain ». Elyzad y participait au même titre que 16 autres maisons d’édition africaines (Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal, Togo, Tunisie). Le prix Alioune Diop représente, selon nous, un bon exemple d’une interrelation des marchés africains du livre.
18. Afrilivres est une initiative collective, créée fin 2001 à partir du développement des activités de la revue Africultures. Le projet est progressivement devenu indépendant. Les objectifs d’Afrilivres sont de rendre visible la production de livres en vente et édités en Afrique et de faciliter la commercialisation au Nord d’une sélection de titres.
19. Moustapha Barry, « Sophie Godefroy, auteure du rapport sur les librairies et les éditions en Afrique », Walfadjri, 23 mars 2012.
20. Présidente de l’Association internationale des libraires francophones de 2005 à 2008, ancienne responsable de la librairie Notre-Dame à Cotonou.
21. Cette catégorie de machines est commercialisée par des sociétés Nord-Américaines comme On Demand Books (USA) ou Ricoh (Canada).
22. Une présence sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir dans un prochain article.
23. Frat Mat Éditions, NEI CEDA, les éditions Éburnie, Les Classiques Ivoiriens, Vallesse Éditions, Cercle Éditions, les Presses des Universités de Côte d’Ivoire, Passerelles Éditions, Édilis et le Centre de publication évangélique pour les éditeurs, Librairie de France Groupe pour la librairie, ÉdiPresse pour la diffusion.
24. Un regard sur les déplacements de l’association est éloquent : Salon du livre de Paris (2010, 2011 et 2012) ; Festival les Voix de la Méditerranée à Lodève (juillet 2010 et 2011) ; Festival Africa Fête (juin 2010 et 2011) ; Festival Africajarc (juillet 2010 et 2011) ; Salon du livre de l’île de Ré (2010) ; Salon du Patrimoine (octobre 2010) ; Maghreb des livres (février 2011 et 2012) ; SIEL – Casablanca (février 2010 et 2011) ; Des frontières et des hommes, Thionville (mai 2011) ;Printemps des éditeurs à la Tour d’Aigues (mai 2011) ; Étonnants Voyageurs, Saint-Malo (juin 2011) ; Orléans, Capitale des Cinémas du Maghreb (juin 2011) ; Fête de l’Humanité (septembre 2011) ; Salon de la plume noire à Paris (octobre 2011) ; Salon du Livre de Beyrouth (novembre 2011) ; Salon de Saint-Priest (novembre 2011) ; Lettres d’automne à Montauban (novembre 2011) ; Fête du livre à Toulon (novembre 2010 et 2011) ; Salon des éditeurs indépendants L’autre Livre (novembre 2011) ; Foire du livre de Bruxelles (février 2012) ; Salon du livre et des cultures du Luxembourg (février 2012).
25. La marque congolaise VMK a lancé sur le marché la Way-C, tablette tactile commercialisée au prix de 150 000 francs CFA.
26. [Hans Zell, Publishing, Books & Readings in Sub-Saharan Africa].
27. Octavio Kulesz, L’édition numérique dans les pays en développement, Alliance internationale des éditeurs iIndépendants, p. 150-151 (étude disponible [ici].
28. En atteste l’étude sur la diffusion du livre en Afrique.
29. Gilles Colleu, Éditeurs indépendants : de l’âge de raison vers l’offensive ?, Paris, Alliance internationale des éditeurs indépendants, 2006, p. 146.
///Article N° : 10666

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Les images de l'article
Sophie Godefroy, Marie-Michèle Razafintsalama © Olivier Barlet
Agnès Adjaho, Sophie Godefroy, Marie-Michèle Razafintsalama, Thierry Quinqueton © Olivier Barlet
Table-ronde sur le stand de la Librairie du Sud © Olivier Barlet
Sophie Godefroy, Marie-Michèle Razafintsalama, Thierry Quinqueton © Olivier Barlet
L'imposant stand "Livres et auteurs du bassin du Congo" © Olivier Barlet
Table-ronde sur le stand "Livres et auteurs du bassin du Congo" © Olivier Barlet
Table-ronde sur le stand "Livres et auteurs du bassin du Congo" © Olivier Barlet
Table-ronde sur le stand de la Librairie du Sud © Olivier Barlet




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