Les Indiens de la Sinnamary – Journal du père Jean de la Mousse en Guyane (1684-1691)

Nous sommes dans le dernier quart du17ème siècle. La Guyane est encore une terre d’aventure où la présence française, toute récente, se limite à l’île de Cayenne et à ses alentours. C’est cette colonie indigente et peu peuplée que nous fait découvrir le journal du père Jean de la Mousse (1684-1691). La mission de ce Jésuite : entreprendre l’évangélisation des esclaves nègres et surtout celle des Indigènes. Rédigés avec beaucoup d’humilité, les différents récits de voyage et lettres qui composent ce recueil donnent d’abord à comprendre et non à juger. D’où le caractère quasi ethnographique du témoignage de Jean de la Mousse, un texte riche en observations minutieuses sur les cultures amérindiennes : longues descriptions du personnage du chamane, du travail des potières galibi, des fêtes rituelles à base de cachiri (alcool de manioc), etc. Loin de dénigrer ou de s’horrifier des moeurs des « sauvages », à l’instar d’un Montaigne, il tente au contraire d’en apprivoiser l’étrangeté, d’en relativiser la singularité. En effet, Jean de la Mousse multiplie les parallèles entre la paysannerie française et les « tribus » indiennes : « il me semble que je n’ai rien vu sur ce chapitre que je n’aie vu en France », remarque-t-il à maintes reprises… Les Indiens de la Sinnamary constitue un document historique essentiel pour comprendre la genèse de l’univers colonial guyanais et sa singularité. Ici, la forêt amazonienne est omniprésente : son écheveau de cours d’eau, ses marais mo...

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