Massai, les guerriers de la pluie

De Pascal Plisson

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LUMIERE !

Massai, les guerriers de la pluie, est un film rempli de soleil. Jamais cinématographie n’a davantage rayonné à l’écran, éblouissant la salle d’une lumière éclatante de beauté, de chaleur et de force. Ces jeunes guerriers, à peine sortis de l’adolescence, doivent pour la survie de leur village aller combattre le mythique lion Vitchua, incarnation du Dieu rouge qui a jeté la malédiction de la sécheresse sur leur village. Vitchua a déjà terrassé leur plus courageux guerrier et seul le fils du berger, Merono, semble avoir le courage de l’affronter. Cependant, ce n’est pas la place d’un humble berger que de revêtir les parures des combattants. Grâce à l’amitié du fils du chef, Lomotoon, et motivé par son désir d’épouser Leïla qui n’est pas de son rang, Merono rejoindra les jeunes guerriers afin de démontrer sa bravoure. La vaillante troupe devra d’abord se mesurer à des épreuves plus dangereuses encore que la colère du lion : la fatigue, la faim, la soif, le froid de la nuit et la chaleur du jour. Ils se perdent dans l’immensité des steppes arides du cœur de l’Afrique et manquent de périr aux mains de tribus ennemies. Ils se disputent, hésitent à rebrousser chemin alors que certains doutent de l’existence de Vitchua. La solidarité l’emporte cependant toujours car un guerrier ne doit jamais trahir les siens… Massai, à mi-chemin entre fiction et documentaire, présente la culture tribale sans chercher à l’expliquer. On admire bijoux et rituels, musiques et dialectes. Tous les dialogues sont en massai, prononcés par des acteurs non-professionnels absolument irréprochables. Le flash-back initial permet de replonger dans un passé plus traditionnel sans avoir à justifier l’isolement en contradiction avec l’existence même du film, preuve que le peuple massai sait aujourd’hui marier tradition et modernité. Le résultat est éblouissant et on se prend à observer la lumière, juger du vent, guetter les bruits, craindre ce soleil de plomb, autant d’insaisissables qui font la force d’un film dont le thème, d’apparence si différent, tient en haleine par une intrigue d’une efficace simplicité.

Massai (2004). Réalisé par Pascal Plisson. Avec Ngotiek Ole Mako (Merono), Parkasio Ole Muntet (Lomotoon), Paul Nteri Ole Sekenan (Papaï). Directeur de la photographie: Manuel Teran. Une production Eskwad/Mordicus/Canal. ///Article N° : 3668

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