M’bem di fora

De Lura

Elle a tout pour plaire depuis le début de sa carrière. Du talent, du charme et du peps. Découvert par le public des boîtes de nuit sur un air de zouk (Nha vida) depuis Lisbonne, où elle a vu le jour en 1975, cette fille d’immigrés capverdiens a fait le pari de tourner le dos à la facilité des tubes de saison estivale pour s’intéresser davantage au riche patrimoine de sa patrie d’origine. Funana, batuque, coladeira ou mazurka : elle puise à pleines mains dans l’imaginaire transmis d’un pays qu’elle n’a vraiment connu qu’à l’âge de vingt et un ans pour en extraire l’essence même de sa joie de vivre.
Après avoir conquis tout le monde avec son Di korpu ku alma, sorti il y a deux ans, elle replonge à nouveau dans ses racines pour en sortir un son de plus en plus voluptueux. Sa voix a pris plus de corps, on dirait. On la trouve même plus sensuelle. Plus sereine aussi, dans ses choix. Pas d’effets de manche inutiles. De Galanton en Cola sanjon, Lura, qui a co-écrit quatre chansons sur cet album, fait preuve d’un grand savoir-faire. D’être prise en main par Nando Andrade, qui a réalisé Rogamar, le dernier Cesaria Evora, l’y a peut-être un peu aidé. La collaboration avec le pianiste Toy Vieira, également. Sur Mari d’Ascençon, elle surnage presque sur un tapis de nuages.
Lentement mais sûrement, les treize titres de l’album nous confirment, sans forcer le moindre du monde, l’ascension de celle désormais considèrée comme l’une des héritières possibles de la diva aux pieds nus. On n’insistera pas sur les autres collaborations. De Régis Gizavo à l’accordéon, à la touche flamenca de Pedro Joca sur Ponciana, en passant par l’harmoniciste Vincent Bucher sur Pensa Drêt, la limite du bon goût n’est jamais atteinte. Un album qui signale les belles années à venir. Celles de la maturité, probablement.

M’bem di fora, de Lura (Lusafrica/ Sony BMG)///Article N° : 5876

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