Médusa en Afrique. La sculpture de l’enchantement

De Boris Wastiau

Forces des masques

Pour Michel Brières, dont les paroles nous font éprouver l’Invisible La fascination exercée par les masques sur ceux qui les regardent ne laisse pas d’être elle-même l’objet d’un enchantement : “récoltés” la plupart du temps dans des situations marquées par le colonialisme, leur présence dans les musées et chez les collectionneurs témoigne la plupart du temps de modes d’appropriation qui tentent de les faire sortir de cette violence originelle en les esthétisant. Accrochés à des cimaises, fichés sur des piédestaux, éclairés subtilement par des dispositifs qui permettent au regard de les fouiller et d’observer sur eux, le cas échéant, les croûtes sacrificielles, ils sont à la fois placés à distance, et comme mis à nu, exposés à des regards qui témoignent d’une ambivalence : la fascination et l’inquiétude. Ils sont à la fois attirants, faisant éprouver ce désir de l’autre qui travaille la plupart des cultures qui ont placé au centre de leur préoccupation l’avidité de la conquête, mais aussi repoussant, puisqu’ils témoignent aussi de ce qui a justifié en partie cette conquête. Ces objets regardent ceux qui les regardent, et percent aussi leurs propres ombres à eux. Ils sont comme le reproche de ce meurtre originel, l’arrachement à leurs espaces, à leurs mondes secrets sur lesquels ils veillaient, propitiatoires et nimbés de secrets, à peine visibles pour les profanes. Ils font songer à ces lions encagés dans les zoos, qui tournent en rond derrière les barreaux, et dont les rêves de savane se diluent da...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire