Musées en Afrique : esthétique du désenchantement

Partout en Afrique, le musée ethnographique d’ascendance coloniale, reste la forme dominante des institutions dédiées à l’exposition des arts visuels. Cannes, lance-pierres, pipes, tabatières, lits, appuie-têtes, échelles, portes, et on en passe : à chacune de ces rubriques, des objets fabuleux confirment que dans l’Afrique précoloniale, la question du goût renvoya à des pratiques sociales ouvertes sur l’élégance et la collection. Tant et si bien que la question qui se pose à titre principal est celle-ci : comment l’Afrique dite moderne et contemporaine, a-t-elle pu troquer cette culture active et brillante de l’objet pour la culture de bois morts du musée ?

Pour répondre à cette question, indexer l’aliénation ou incriminer la domination et l’occidentalisation ne sauraient suffire. Encore faut-il comprendre la tournure d’esprit qui entre dans la place par l’imposition de l’institution muséale. On peut penser que par la généralisation de la forme musée ethnographique, l’Occident et notamment le pouvoir colonial articule une opération double : d’une part, il se rejoue à lui-même, sous les tropiques, une page de sa propre histoire : celle de l’avènement de la modernité. D’autre part, il élabore une version de l’homo africanus. La réflexion qui suit, examine les implications de l’émergence de l’institution muséale en Afrique. En tant qu’avatar de la colonisation, le musée assume et affiche certains réquisits de la modernité. Au nombre de ces dispositifs qui ensemble créent et activent un système n&eacut...

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