Nouveautés du disque

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Coco Mbassi Sépia (Tropical music)****
Des arrangements bien maîtrisés, des mélodies qui accrochent, une musique raffinée où se mêlent rythmes et harmonie, telle est la recette de cet opus aux senteurs polyphoniques. Car ici, c’est la voix qui guide, en duala, en latin ou en portugais. La chanteuse a composé la plupart de ses titres, excepté « Mundene » du bassiste Serge Ngando et « Profunda Sensaçao » où le pianiste Dondieu Divin apporte une touche brésilienne.
Exclusif Ndombolo L’intégral du ndombolo (Couleurs music)****
De JB Mpiana à Guy Guy Fall, en passant par Extra Musica, la Patrouille des stars et les Tomawaks, le ndombolo est ici distillé dans tous les sens. La musique et la danse venues du Congo au début des années 90 plait toujours. Ses stars remplissent aujourd’hui des stades et des salles de plus de 3000 places. Le « cri de guerre » au début et au milieu de chaque morceau singularise les « ambianceurs » qui mesurent leur popularité à la réaction du public. Les solos de guitare en boucle, soutenus par un tempo régulier de la batterie, feront vibrer la fête.
Mamar Kassey Alatoumi (Daqui / World village)****
Comment conserver ses traditions face à la mondialisation ? Les musiques africaines sont aujourd’hui « world » alors qu’elles existent depuis des millénaires. Comme celle du groupe nigérien Mamar Kassey qui utilise des instruments traditionnels : la flûte « sey se », le petit luth « komsa », le « kalangon », le tambour d’aisselle et la calebasse. Le flûtiste de jazz afro américain James Newton va à la rencontre de ses ancêtres dans « Alzouma », le dernier titre du cd. Une ouverture qui permet à la culture de survivre.
Before night falls BO du film (Universal)****
La popularité de Buena Vista Social club a permis la renaissance et la redécouverte des musiques cubaines. Des artistes, jeune et anciens se sont révélés. Conçu comme un documentaire (à l’image du film), cet opus raconte l’histoire de la musique cubaine. Guayabero, Trio Matamoros, Beny More, Sonora Matancera, Bebo Valdes, Orquestra Aragon, que de noms illustres pour une œuvre déchirante.
Refugee Voices Building Bridges (UNHCR)***
C’est à la suite d’un concert donné à Genève pour le 50è anniversaire du Haut Commissariat des Nations Unies par des artistes réfugiés que naît cette idée. Youssou Ndour prend les choses en main et l’enregistrement se fait à Dakar. Chacun y raconte son histoire, sur son rythme, à sa manière. Les musiques et les paroles permettent de découvrir la culture de l’autre.
Silita Ziva Tako (Lusafrica/Mélodie)***
Enfin une bonne raison de découvrir les rythmes d’un Mozambique longtemps ravagé par la guerre. Les artistes, nés pour la plupart durant la lutte pour la libération, s’inspirent de leur vécu mouvementé. Leurs thèmes : la pauvreté, la liberté, la paix, le travail… Les percussions (balafon, djembé), sont au cœur de cette musique qui a la beauté de sa revendication.
Señor Holmes Hablaaa (mosaïc music/habla records)***
Se rencontrer, raconter des histoires, rire et se souvenir, telle est la philosophie de ce groupe dont les textes illustrent le vécu. La musique, un mélange de sonorités caribéennes, africaines et européennes. Certains titres datent d’il y a une dizaine d’années mais n’ont pas vieilli d’un poil. Une auto production qui mérite l’intérêt du public, pour que les artistes s’expriment.
Nyala Que de bonnes vibes (Kronik Higt/Couleurs musique)***
Cet album, au titre évocateur, réserve de bonnes surprises. Les premières notes interpellent et captent l’attention. La voix du MC, à la fois rauque et suave, se fond dans le son tantôt ragga tantôt « dub ». La qualité de la programmation de l’ensemble des titres démontre le savoir-faire des techniciens. Ils osent et réussissent. Que de bonnes idées.
Famoudou Konaté Hamana Föli Kan (Buda/mélodie)***
En Guinée, Famoudou Konaté est une légende. Ses solos de djembé en font le maître incontesté de cet instrument. En Malinké, ses battements racontent l’histoire de sa région, Hamana. Sa musique renoue avec les traditions : l’invocation des dieux, le rapport à la terre, les rapports entre les hommes, leur rôle dans la société, la liberté, la jeunesse. Ces thèmes sont codifiés selon les changements de rythme, l’attitude des danseurs, les battement des mains, la cloche, les voix.
Daddy Yod Kimbé Red (Aegidus Prod/Moradisc)***
Le reggae man rasta d’origine martiniquaise est de retour parmi nous. Il nous entraîne dans son « dub », véritable labyrinthe de sons où zigzaguent ses textes. Ses acrobaties vocales font de lui une des figures incontournables de la scène parisienne, d’autant plus que son œuvre est un véritable plaidoyer pour l’humanité. « Plus d’amour dans nos vies », « Kimbé red », « prisonnier du monde »… témoignent du combat de l’artiste pour la vie.
Louis Bilong et les Camerlogs Ala N’dolo l’Amour (Debercy/Socadisc)**
Nombreux sont ceux qui regrettent le temps des Eboa Lottin, Charles Lembè, Ewanjè Epée et Françis Bebey. Le makossa moderne n’a toujours pas trouvé son leader. Louis Bilong et ses acolytes essaient tant bien que mal de renouer avec le passé en remettant au goût du jour les succès d’antan. On a du mal à décoller. Il réveille pourtant de bons vieux souvenirs. Le guitariste Toto Guillaume, le bassiste Guy Nsangué, sont à la rescousse. « O si tapa… ».

///Article N° : 1860

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