Nouveautés du disque

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Salif Keita, Moffou (Universal Jazz)****
Salif Keita est un mutant. Il a la capacité de changer de style au fil des albums. Résultat ? Une œuvre qui nous ramène aux sources. L’artiste privilégie les instruments traditionnels, auxquels il juxtapose des instruments modernes tout en conservant l’esprit africain. Pour cela, il rappelle les anciens : Kanté Manfila, Djely Moussa Kouyaté, Mamadou Koné, Adama Kouyaté… Une façon de montrer que malgré les voyages, les fusions avec d’autres musiques, il demeure authentique. Ce n’est pas de la world, mais plutôt de la bonne musique africaine.
Nass Marrakech Bouderbala (World Village)****
La musique est un monde sans frontière. Celle de Nass Marrakech le prouve. L’histoire de ce groupe de tradition Gnawa, fondé en 1991, est un voyage. Descendants d’esclaves d’Afrique subsaharienne, ils conservent encore aujourd’hui tous leurs rituels et pratiques. De nombreux musiciens de jazz se sont intéressés à la musique de ce peuple : Randy Weston, Archie Shepp, Ray Lema, et chaque fois ils ont exprimé son énergie et sa force spirituelle. Dans cet opus, on retrouve le pianiste mystique Omar Sosa, le souffleur (saxo et flûte) Jorge Pardo, les percussions venues du Brésil de Carlos Pussetto, le djembé du Sénégalais Mapote Gueye. D’autres instruments venus d’ailleurs illustrent la couleur de ce disque, celle du monde. Cette musique ne se raconte pas, elle s’écoute.
Cécile Verny Quartet Kekeli (Challenge records)***
Depuis l’Allemagne, la chanteuse de jazz Cécile Verny et son quartet nous donne de ses nouvelles tous les deux ans : renouvellement du répertoire et compositions originales. Cet album assez moderne reste dans la tradition jazz : des accents pop, soul et latin, sur des instruments classiques, survolés par des mélodies africaines et ponctués par des scats. De sa voix de velours, la chanteuse s’empare des textes, en français et en anglais, qu’elle transforme en émotions fortes et saisissantes. Une prouesse peu commune.
Rudy Joseph Bluesy Jazzy Soul (M6Interaction)***
Dans les années 70, la Motown imposait un son qui demeure encore mythique. De nombreux artistes couraient dans ces studios y enregistrer et produire leurs albums. Le son de Stevie Wonder, de Quincie Jones, de Michaël Jackson, ou encore de Diana Ross de cette époque en témoigne. En grandissant, Rudy Joseph, ex Poetic Lover, s’est abreuvé de ces idoles. Son premier album solo est à l’image de ceux des artistes qu’il vénère. Il augure d’un avenir prometteur. La voix chaude, profonde, suave et mélodieuse, se ballade sur des rythmes soul et jazzy. Elle raconte des histoires concoctées comme des courts métrages. « Femme mariée » etc. : autant de titres qui suggèrent des images.
Ten To One (Mega sound / 2Good)***
Les émules jamaïcains de Bob Marley, de jeunes toasters, ont emprunté son style pour le remettre au goût du jour. Le reggae n’est plus un même rythme dont les mêmes notes reviennent en boucle. Les rythmes sont samplés dans tous les styles de musiques, on n’hésite plus à faire un pont ragga qui repart en reggae et qui finit par du dub. Cet opus illustre le meilleur de ce qui se fait aujourd’hui en Jamaïque. Il paraît aussi que la scène française n’est pas mal. Deux titres sont inclus dans l’album. A découvrir.
Minino Garay Y los tambores del sur (Universal Jazz)***
Depuis qu’il vit en France (dix ans), l’Argentin Minino Garay a joué avec presque tout le monde. Vaut mieux ne pas citer les artistes qu’il a accompagné, tant la liste est longue. Est-il percussionniste ? tambourin ? batteur ? chanteur ? Toujours est-il qu’il possède et aime tous les rythmes. Dans son album, comme à son habitude, l’artiste explose. Il prend du plaisir à jouer, comme cette surprenante reprise de Elisa, que l’on se surprend à mimer. Une berceuse à la fois douce et rythmée. On passe ainsi d’une ballade à un tango, ou du jazz aux rythmes insufflés par les tambours, la voix grave de l’artiste en filigrane. Il illustre à merveille les musiques des cinq continents.
Bingui Jaa Jammy & the Jahman People Fire inna jungle (Vent d’échange)***
Leur musique est faite de rencontres. Les musiciens, originaires du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Burkina Faso, du Ghana, de la Tanzanie, de l’Ethiopie et du Kenya, fusionnent leurs connaissances musicales dans le reggae. Cette musique née en Jamaïque, revient en Afrique avec d’autres ingrédients : les instruments. Plus de percussions, des rythmes empruntés aux musiques traditionnelles, des mélodies typiques. Les textes, un mélange de dialectes et de pidgin. Les thèmes, liberté, révolution et amour. Ce cd quatre titres annonce la sortie de l’album en octobre prochain.
Hilarion Nguema Faut pas toucher (JPS)**
Au sortir des indépendances en Afrique centrale, la plupart des musiciens chantaient la reconstruction, la jouissance, l’amour. Aujourd’hui, les choses n’ont pas trop changé. Le mot démocratie a remplacé indépendance, on parle toujours de guerre, et la vie suit son cours. Le Gabonais Hilarion Nguema rappelle cette époque lointaine. Il chante surtout la joie de vivre. En revenant au devant de la scène, toujours avec le même style, rumba kwassa kwassa, avec un soupçon de ngama ngama, il prouve qu’il a toujours sa place dans le milieu. Il est accompagné par la dream team de JPS production, Guy Nsangué (bass), Penda Dallé (guitare rythmique), Philippe Guez (programmations), l’incontournable section cuivres composée de Nicolas Gueret (sax), Christophe Dutray (trompette) et Philippe Henri (trombone).
Penda Dalle Best of Nostalgie (JPS)**
Il fut un temps où la musique camerounaise, notamment le makossa, se jouait dans tous les clubs des capitales d’Afrique et de Paris. L’album du chanteur Penda Dalle rappelle cette période. Une vingtaine de chansons pour plus de quarante minutes de makossa non stop. L’enregistrement est surtout destiné aux boîtes de nuit.

///Article N° : 2203

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