Fiche Personne
Réalisateur/trice Ingénieur du son Scénariste Directeur/trice de la photo

Anne-Laure de Franssu

Côte d’Ivoire, France

Français

Réalisatrice de Films documentaires.
Responsable de la structure associative  » II mots en Images « .

Anne-Laure de Franssu par elle-même :
« Dans les années 70, à la « grande époque » d’Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire était le coeur et la vitrine de l’Afrique de l’Ouest. C’est à cette période et après avoir vécu au Gabon, au Sénégal et au Cameroun, que mes parents s’y sont installés.
Nous vivions dans une grande maison, sorte de jardin d’Eden, où portée dans le dos de Fatou, une jeune femme ivoirienne, j’ai grandi.
De cette époque, j’ai le souvenir d’être portée, le souvenir d’une autre peau, d’une odeur et de la musique d’une voix. Puis plus tard, à l’heure de la sieste, j’ai appris à parler le dialecte de Youssouf, notre gardien, jusqu’au jour où il a déposé nos valises dans le coffre du taxi jaune garé devant la maison. À ce moment-là, on m’a enlevé de « ces bras » pour partir.
En 1998, je suis retournée pour la première fois à Abidjan et petit à petit j’ai découvert de nombreux changements politiques, sociaux économiques, urbains : c’était toujours la même ville mais plus celle de mon enfance.
J’ai eu alors le sentiment très fort d’être à la fois de retour chez moi et d’être là-bas, comme une étrangère : j’avais tout à redécouvrir.
Au cours d’un autre de mes voyages, j’ai rencontré des femmes de mon âge, vivant dans un foyer de jeunes travailleuses, situé à quelques centaines de mètres de la maison où j’ai grandi. Séduite par leur quête, leur énergie et leur combat, j’y ai réalisé un film documentaire « Sinimakônô, en attendant demain ».
Avec « Yere Sorôkô, en quête d’une vie meilleure », je suis retournée vers chacune, là où elles sont : Kady à Paris, Claudette à Londres et en Côte d’Ivoire, Léocadie et Mariame. Cherchant également la source de ce qui m’attache à ce pays.
Dans le contexte politique ivoirien divisé, ce film, est un voyage autour de ce qu’elles deviennent et du choix que certaines d’entre elles ont fait de venir s’installer en Europe. En les retrouvant, par résonance, c’est aussi une route que j’emprunte à l’intérieur du pays de mon enfance jusqu’à la source qui m’y relie toujours. »