Fiche Personne
Chanteur/euse Musicien/ne Auteur-compositeur/trice Danseur/se Directeur/trice de compagnie

Sory Kandia Kouyaté

Guinée

Français

Artiste guinéen.

Né en 1933, dans le petit village de Manta, actuelle sous-préfecture de Bodié (ville de Dalaba), à plus de 400 km de Conakry, la capitale
guinéenne. Il meurt le 25 décembre 1977, en revenant de Coyah, à 50 Km de Conakry. Il avait 44 ans.

De lui, un confrère anonyme écrivait en 1964: »musicien sensible et fin, KOUYATÉ SORY KANDIA n’égraine sur sa guitare que les notes veloutés de l’amour, l’amour du bien et de la vie et sa puissante voix ne s’élève jamais que pour chanter les vertus traditionnelles de la société africaine dont il sait les moindres les principes sur le bout de ses doigts. »

Descendant direct de BALLA FASSÉKÉ KOUYATÉ illustre »dyéli » du grand SOUNDIATA KEITA, le »Roi miraculé », fondateur de l’Empire du Mali, IBRAHIM SORY »KANDIA » appartient à la grande famille des KOUYATÉ.

Kandia naît à Manta, petit village de Bodié dans la préfecture de Dalaba, à environ 400 km de Conakry, la capitale guinéenne.

Dès l’âge de 7 ans, son père Djely Mady Kouyaté l’initie à l’histoire africaine, en maître pétri de savoir, il enseigne à son fils la vaste généalogie des grands du Mandingue. Musique et tradition orale s’interpénètrent dans ses cours. Maître du verbe et fin joueur de koni (guitare tétracorde traditionnelle), le vieux Mady offre très tôt à son fils son instrument de prédilection.

Un peu plus tard, Kandia rejoint la cour royale de Mamou. De 1947 à 1949 il y fait ses preuves. Sa renomée traverse les montagnes de son Foutah natal. Son rayonnement artistique naissant s’amplifie vertigineusement. A dix neuf ans, en pleine adolescence, il est incroyablement un artiste complet : sa voix franche et ses gestes simples séduisent et enchantent tous ceux qui le rencontrent. Son succès lui réchauffe le coeur mais ne lui fait pas pousser des ergots. Un ami l’invite à Conakry. L’Almamy de Mamou lui accorde volontiers une semaine de permission, mais son succès dans la capitale prolonge le séjour. Dans la fièvre de la capitale, Kandia se fait des amitiés dans tous les milieux, des artistes aux hommes politiques du RDA. C’est pendant ce séjour qu’il s’achète ce qu’on appelle alors « la guitare des blancs », une guitare espagnole.

Après les succès de Mamou, le triomphe de Conakry et un bref séjour à Manta, Kandia va se fixer pour un temps à Labé en plein Foutah Djallon. Au cours d’une soirée organisée en 1951, à l’occasion d’une tournée du Président Sékou Touré à Labé, Kandia anime avec virtuosité la cérémonie. M. Sékou Touré sensibilisé, l’invite personnellement à le rejoindre à Conakry.
Kandia retourne à Labé et constitue un ensemble traditionnel de 12 membres. Six mois après, naissaient les Ballets Africains de Keita Fodéba.

Quand vint la liberté en 1958, la mission de chantre-poète, philosophe et historien allait s’amplifier. Il intègre aussitôt les Ballets africains nouvelle formule. Aux Etats-Unis, la première sortie des Ballets rénovés est saluée par un enthousiasme délirant.
A Boston, devant un parterre fourni de diplomates, il entonne l’hymne national de la République de Guinée sur l’air D’Alpha Yaya. Satisfecit général.

Lorsqu’en 1960, sur initiative personnelle du président Ahmed Sékou Touré l’Ensemble instrumental et choral de la « Voix de la Révolution » est crée, il sera plus tard placé sous la direction de Sory Kandia Kouyaté. Composition, adaptation, orchestration des airs populaires, véritable laboratoire de la musique traditionnelle africaine, telle est la mission de l’Ensemble.
En 1964, il devient le directeur-adjoint du Ballet national Djoliba. Il y restera cinq ans. En sa compagnie, le Ballet est auréolé des plus belles palmes artistiques dont, en 1966, la Médaille d’or du Festival International du Folklore, en Sicile; trois années après, à la grande rencontre africaine: le Festival Panafricain des Arts et de la Culture, en Algérie, le continent s’incline devant la Guinée et lui décerne la coupe d’honneur (argent) de solo.
A la recherche de nouvelles sonorités africaines, Kandia fait un mariage réussi avec Kèlètigui Traøré et ses Tambourinis, le prix Charles Cros 70 sanctionne l’heureuse initiative. Un disque d’or à la dimension de l’artiste génial. La passion de la perfection et de la rénovation l’exhorte constamment vers les autres artistes africains. Ainsi avec l’extraordinaire koriste malien Sidiki Diabaté, il enregistre les plus belles pages de la musique mandingue, en trois volumes 33 tours. Le dernier chef d’oeuvre. Message de fidélité et de vérité historique dédié à la postérité…
(Source: justinmorel.chez.com)