Poches en vrac

Une livraison conséquente de livres de poches africains pour (re)découvrir des textes et des auteurs

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Pour qui ne connaîtrait pas encore l’écriture du jeune malgache Raharimanana, voici l’occasion de la découvrir. Lucarne, premier recueil de nouvelles au goût de fiel, tisse sous les yeux du lecteur l’univers sombre des enfants de la rue, des trafiquants de drogue, de la poisse et de la misère. Et pourtant, des éclairs d’une beauté fulgurante surprennent tout au long des textes : « Vinnie danse. J’ai oublié de vivre. »
Deux romans moins en rupture formelle, Paradis d’Abdulrazak Gurnah et Les Enfants sont une bénédiction de Buchi Emecheta, font un détour par l’Histoire. Gurnah, auteur tanzanien né en 1948, décrit l’Afrique australe du début du siècle à travers l’histoire du jeune Yusuf, vendu à un riche marchand en règlement d’une dette. Au gré des caravanes qui sillonnent la région, il découvre les relations quelque fois houleuses entre le marchand et ses domestiques, les colons et les chefs locaux. Dans ce monde fait de dominations, le paradis de Yusuf est bien étroit, composé de quelques instants de bonheur dans le jardin de son maître.
Le roman de Buchi Emecheta est aussi une histoire de vie, celle de Nnu Ego, jeune Nigériane des années 40-50. Avec un brin d’ironie, le titre annonce le rôle principal de la femme dans la société de l’époque : perpétuer le nom de son mari. C’est ce que fait Nnu Ego qui consacre sa vie à ces cinq enfants, sorte de mère Courage nigériane. Une histoire simple mais touchante dans sa sincérité.
Plusieurs autres titres que nous avons déjà évoqués dans Africultures ont été édités en poche durant ces derniers mois. Ainsi, les NEI d’Abidjan rééditent-ils le dernier roman de Boubacar Boris Diop, Le Cavalier et son ombre, enchevêtrement de contes qui s’interroge sur les rapports de l’écrivain et de son public (n°4). Les Agneaux du Seigneur de Yasmina Khadra (n°13 et 14) a trouvé sa place dans la collection »Nouvelles voix » de Pocket, qui cherche à présenter de nouveaux talents. Pour un autre tour d’Algérie, Sommeil du mimosa, suivi de Sonate des loups d’Amin Zaoui (n°9) donne à voir un monde mêlé de violence, de sensualité et de mort. La petite fille du réverbère de la prolixe Calixthe Beyala (n°9 et 10) vient enrichir la panoplie de ses ouvrages déjà réédités chez J’ai lu.
A vos poches !

Lucarne, de Raharimanana, Ed. Le Serpent à Plumes, 1999, Coll. Motifs, 158 p., 37 FF.
Paradis, d’Abdulrazak Gurnah. Traduit de l’anglais par Anne-Cécile Padoux. Ed. Le Serpent à Plumes, 1999, Coll. Motifs, 304 p., 45 FF.
Les Enfants sont une bénédiction, de Buchi Emecheta. Traduit de l’anglais par Maurice Pagnoux. Ed. 10/18, 1999, 320 p.
Le Cavalier et son ombre, de Boubacar Boris Diop, NEI, 1999, 288 p.
Les Agneaux du Seigneur, de Yasmina Khadra. Ed. Pocket, 1999, 254 p., 35 FF.
Sommeil du mimosa, suivi de Sonate des loups, d’Amin Zaoui, Ed. Le Serpent à Plumes, 1999, Coll. Motifs, 160 p., 39 FF.
La petite fille du réverbère, de Calixthe Beyala. Ed. J’ai lu, 1999, 31 FF.///Article N° : 1204

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