Pour un retour des Outre-mer au coeur de la République

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Ancien président du Conseil régional la de Guadeloupe aujourd’hui ministre des Outremer, Victorin Lurel prône un renforcement des liens entre la métropole et les Départements d’Outre-mer (Dom).

Afriscope : Les liens entre les Départements d’Outre-mer (Dom) et la métropole sont-ils suffisamment développés aujourd’hui ?

Victorin Lurel : Les liens entre l’Hexagone et les Outremer sont évidents et ils sont solides mais ils ont pu, dans un passé récent, se distendre. Les citoyens des Outre-mer ont pu avoir le sentiment d’un désengagement de l’Etat. L’approche du président de la République François Hollande marque une rupture par rapport à cet affaiblissement des liens : le retour de l’Etat dans les Outre-mer et le retour des Outre-mer au coeur de la République. Je m’attache avec le gouvernement à traduire cette ambition dans les politiques publiques.

L’Agence de promotion et de la diffusion des cultures d’Outre-mer permettra-t-elle une meilleure connaissance et un meilleur dialogue entre les Dom et la métropole ?

L’Agence travaille à se faire connaître auprès des créateurs et des diffuseurs. Alors que les productions culturelles des Outre-mer ne cessent de progresser, elles ont de plus en plus de mal à être programmées sur les grands médias. Il y a donc un besoin de visibilité. La volonté du président de la République de redonner à France Ô toute sa dimension ultramarine répond à cette nécessité. Et puis bien sûr, il y a le projet de Cité des Outre-mer…

Quelle est la vocation de cette cité qui se trouvera au coeur de Paris ?

Depuis l’engagement de Lionel Jospin, sous un autre gouvernement de gauche, le besoin demeure d’offrir aux Outre-mer un lieu d’expression et d’exposition. La culture y sera prédominante, mais les réussites des entreprises et des artisans des Outre-mer seront aussi mises en valeur. Ce sera un lieu où l’on pourra mesurer toutes les contributions des Outre-mer au rayonnement de la France. Nous portons ce projet avec la Région Ile-de-France et la Mairie de Paris.

Votre bouclier qualité-prix mis en place en mars 2013 a gelé les prix de 101 produits de première nécessité. Si cela permet aux consommateurs de réaliser des économies sur une année, quelles peuvent être les solutions de long terme ?

Il a permis des économies substantielles aux ménages, de l’ordre de 10 à 15 % sur des produits de grande consommation. Les négociations pour la deuxième année du bouclier s’ouvrent en ce moment avec l’ambition d’obtenir de nouvelles baisses. Le bouclier qualité-prix n’est pas le coeur de la loi de régulation qui vise à modifier les structures même des économies ultramarines pour s’attaquer aux causes structurelles de la vie chère. Il faut lutter contre les monopoles et les rentes de situations, permettre l’entrée de nouveaux acteurs en régulant les marchés de gros, en empêchant les concentrations exagérées et en interdisant les exclusivités d’importation.

L’application du décret qui porte votre nom imposant de nouvelles règles sur la fixation du prix du carburant sonnera-t-il la mort des pompistes ?

Il n’est pas question de détruire des emplois. J’ai d’ailleurs noté que les pompistes sont favorables à la transparence et à la baisse des prix à la pompe qu’il permettra d’obtenir. Ce sont les compagnies pétrolières qui sont visiblement prêtes à tout pour empêcher cette transparence et cette baisse des prix qui profitera à toutes les économies des Outre-mer. Mais je suis patient et déterminé.

///Article N° : 12360

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