Résistances de France :

Une mobilisation réussie dans les rues de Paris

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Répondant à l’appel du collectif C-notre tour, plus d’une trentaine d’associations étaient présentes lors de la manifestation organisée aux lendemains de la présidentielle, le mardi 8 mai 2012. De la [brigade anti-négrophobie] à l’[union juive française pour la paix] en passant par les mouvements pour la Jeunesse arabe ou la Coordination des sans-papiers, tous se sont donné rendez-vous pour cette mobilisation. De Barbès à Châtelet (1), la France de la diversité a fait entendre sa voix et sa position : « Hollande on ne compte pas sur toi, tu ne pourras pas faire sans nous. »

Mardi 8 mai. Quartier Barbès, 14 heures
Une foule hétéroclite se met en marche. Des pancartes se lèvent et se mêlent aux drapeaux tunisiens, algériens ou palestiniens. Certaines arborent des personnalités connues pour leur caractère révolutionnaire, à l’image de Nelson Mandela, Angela Davis, Azzedin Al Qassam ou encore Olympe de Gouge. D’autres annoncent la couleur : « Islamophobie, Négrophobie, Arabophobie : Non au Racisme d’État ! », « Des diplômes de qualité pour tous », « Désarmons la police » Les Résistances d’hier sont ainsi brandies par les Résistances d’aujourd’hui. « Nous nous inscrivons dans la continuité des luttes de libération qui se déroulent en ce moment même dans nos pays, affirme Taher Elabadi, représentant du Mouvement de la Jeunesse Palestinienne et de la Jeunesse Arabe. Nous souhaitons qu’elles dépassent le cadre national dans lequel nous les enfermons trop souvent. Elles sont source d’inspiration pour nous, ici en France. C’est la raison pour laquelle nous voulons véhiculer ce message d’unité et de résistance. » Quelques centaines de personnes avancent d’un pas engagé, solidaires et convaincues que ce jour représente le moment opportun pour élever leurs voix. Le 8 mai 1945, date où plusieurs massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata, symbole d’une répression sanglante gravée dans les mémoires. Aujourd’hui, il s’agit de faire entendre au nouveau gouvernement français leurs revendications, ce pour quoi elles se sont battues, tout en rappelant à la France que les actions passées sont des plaies encore vives et douloureuses.
« Monsieur le Président nous a promis que cela allait changer, nous allons le prendre au mot. »
Suivi d’une dizaine de membres habillés de noir, Franco, l’un des responsables de la Brigade anti-négrophobie, témoigne de son amertume : « Le colonialisme, l’impérialisme et la Françafrique, qu’elles soient de droite ou de gauche, ont toujours eu les mêmes intérêts et les mêmes impacts sur nos communautés, nos peuples. Nous avons décidé de combattre la négrophobie en particulier et le racisme d’État en général et quand je parle de racisme d’État, je parle d’individus mais aussi de collectivités. Car il faut savoir que cet antiracisme de façade, qui prend de plus en plus d’ampleur dans ce pays, est là pour conforter le racisme d’État d’un système que la France a elle-même enfanté. » Sur fond de percussions africaines, la voix des militants résonne : « C’est nous les Résistants ! », « Les colons, les tyrans, les racistes : y’en a marre ! ». Pour beaucoup d’entre eux, le gouvernement de Nicolas Sarkozy aura laissé un sentiment de rancœur et d’irritation. Néanmoins, bien que « le chasseur de sans-papiers » ait été « chassé », la lutte se poursuit et François Hollande devra faire ses preuves pour pouvoir gagner leur confiance. Gilles Sokoudjou, président de l’association [les Indivisibles], n’hésite pas à défier celui qui sera à la tête d’un nouveau gouvernement le mardi 15 mai 2012 : « Nous allons le pousser dans ses retranchements, nous allons être attentifs et vigilants. Nous n’avons pas demandé le changement, nous avons demandé l’égalité. Monsieur le Président nous a promis que ça allait changer, nous allons donc le prendre au mot. Il me paraît important d’être mobilisé aujourd’hui, à un mois des législatives et de mettre la pression afin qu’il obtienne la majorité dont il aura besoin. Quand on sait que l’immense majorité des quartiers populaires a voté pour François Hollande, je pense que nous sommes assez légitimes pour lui dire de faire attention, et que l’on veillera à ce que le changement arrive maintenant. »


Le 8 MAI c'est nous! par afriscop-africultures

1. Deux quartiers de Paris, également le nom des stations de métro qui les desservent.///Article N° : 10747

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Les images de l'article
Manifestation du 8 mai 2012, à l'appel du collectif c-notre tour © Amédée Anglade
Affiche de la manifestation du 8 mai 2012, à l'appel du collectif c-notre tour © c-notretour.fr
Manifestation du 8 mai 2012, à l'appel du collectif c-notre tour © Amédée Anglade
Manifestation du 8 mai 2012, à l'appel du collectif c-notre tour © Amédée Anglade
Manifestation du 8 mai 2012, à l'appel du collectif c-notre tour © Amédée Anglade




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