Sally Nyolo

Tiger Run (World Music Network)

Une introspection de Sally Nyolo. Entre envolées lyriques, bikutsi et rythmes empruntés. Trente années de carrière en France sur disque. « J’ai plongé en moi pour Tiger run », dit-elle.

Le titre de ce septième album renvoie au tigre, la figure totémique de son père. Sally, fille des moustaches du tigre, originaire de Eyen-Meyong, au sud du Cameroun, court toujours avec agilité : « J’ai eu besoin de m’envoler, de rencontrer les instruments rabab du Pakistan, monter au Killimandjaro, partir en Jamaïque, revenir en France, aller partout. » Arrivée en France où elle découvre Marley, Madness, les Scorpions, Joe Dassin, à l’âge de 12 ans, l’Afropéenne a tourné depuis, avec les Zap Mama, Higelin ou encore Princess Erika : « Revenir en moi pour cet album, c’est revenir à cette vie, à ces sons que j’ai écoutés, du phrasé de la guitare rock métal au chant classique d’opéra de la soprano Nathalie Léonoff, à la kora d’Afrique de l’Ouest que j’ai entendue pour la première fois en France. »
Au cœur de cette fusion musicale bat la fibre du peuple Eton, branche des Bétis d’Afrique centrale, caractérisée par un tempo en 6/8 bien particulier. Cette culture des collines du centre-sud du pays, Sally l’entretient avec le mvet, cet instrument avec quatre calebasses, une lame et douze cordes, accompagnant les migrations, et mimant les épopées guerrières. Très peu de femmes en usent. « Un jour, j’ai arraché un mvet à un homme, parce qu’il ne pouvait pas me le donner. Il m’a dit : Je ne vais pas te montrer comment en jouer, mais comme tu es musicienne, tu sauras. J’ai accepté ce défi et joue du mvet depuis plus de dix ans. » Fidèle à son premier opus, Tribu, prix découvertes RFI 1997, Sally promène son bikutsi cent fois renouvelé, dans cet album où elle traduit son optimisme et sa foi en l’homme.

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