Séga Tremblad

D'Emmanuel Genvrin

Mise en scène : Emmanuel Genvrin
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Quand le théâtre chante ceux qu’on entend pas…
Accordéon, saxo et flonflons de la Réunion ont résonné chaque soir aux rythmes du séga. Cette comédie musicale qui a remporté en 2000 le prix du meilleur spectacle d’Outre-mer a su indéniablement séduire tous les publics, tant elle regorge d’énergie et de pétulance. Certes, la trame dramatique ne convoque pas un grand texte de théâtre, ni une intrigue haletante, mais la réussite du spectacle est dans la générosité et le plaisir du partage, les acteurs donnent tout ce qu’ils ont et « ça passe la rampe » !
20 ans et plus d’une vingtaine de créations, le théâtre Vollard que dirige Emmanuel Genvrin n’est pas tombé de la dernière pluie. C’est une troupe d’acteurs hors du commun, ils chantent, ils dansent, ils sont autant musiciens que comédiens. Leur faconde, leur humour, leur sens de la fête et cette façon qu’ils ont de prendre à bras le corps leur public explose en 1996 avec l’étonnant Votez Ubu colonial que la troupe a présenté dans de nombreux festivals. Le succès arrive en 1998 : invités au Divan du monde à Paris, avec Kari-Vollard un spectacle musical, ils font découvrir à plus de 8000 spectateurs les rythmes de leur île. Bernard Fargeau, directeur du Divan du Monde leur commande alors un nouveau spectacle, ce sera Séga Tremblad.
Ce spectacle est conçu comme un hommage aux musiciens réunionnais partis tenter leur chance en Métropole et souvent contraints de manger de la vache enragée. Il s’inspire même de la vie du chanteur Michel Admette, surnommé le « Prince du séga », qui perdit son fils en 1990 dans un accident à la gare de Trappes où il fut fauché par un train. Drame ordinaire des banlieues… bagarre ? accident stupide ? A ses côtés un jeune Beur perd son bras dans l’accident. Dix ans plus tard, la carrière du Prince est finie, mais le jeune Beur est devenu une célèbre vedette de la télévision…
A travers cette geste musicale, voici tout un pan de l’histoire de l’île de la Réunion, celle des petites gens, de l’époque prospère du séga, période des idéaux et des rêves, aux temps difficiles de l’immigration et de la dure vie des banlieues.
Du temps de l’esclavage, le séga était la musique des Noirs, mais, bientôt mâtinée d’autres rythmes : polka, valse, quadrille… cette musique entre au XIXe siècle dans les salons. C’est au XXe siècle qu’elle retrouve son origine nègre, sous l’influence des classes populaires. Après la seconde guerre mondiale, dans le contexte économique favorable des trente glorieuses, grâce à la radio et aux disques, le séga connaît son heure de gloire. Mais dès les années 70, rock et pop music, viennent le détrôner. Au-delà de l’histoire, le théâtre Vollard nous fait redécouvrir cette musique pour notre plus grande joie.

Chapelle du Verbe Incarné
direction musicale : Jean-Luc Trulès
scénographie : Hervé Mazelin
graphisme : Kamboo
costumes : Sophie Hoareau
musique : Jean-Luc Trulès
production : Théâtre Vollard / Ile de la Réunion
avec Arnaud Dormeuil, Délixia Perrine, Rachel Pothin, Yaelle Trulès ou Tatiana Ehrlich, Jean-Luc Trulès, Emmanuel Genvrin, Nicole Leichnig, Massimo Murgia, Thierry Abmon, Jean-Paul Jansen.
Lire sur www.africultures.com l’entretien avec Emmanuel Genvrin qui reprend tout son itinéraire et celui du théâtre Vollard.///Article N° : 1903

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