Snapped, une nouvelle revue pour les photographes africains

Entretien de Marian Nur Goni avec Brendon Bell-Roberts

Juillet 2008
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Les éditions sud-africaines Bell-Roberts, qui publient, depuis 2002, Art South Africa – consacré aux arts visuels – ont lancé en février 2008 une revue consacrée à la photographie du continent africain. Rencontre avec son éditeur, Brendon Bell-Roberts,après la parution du second numéro en juillet 2008.

Pourquoi avez-vous décidé de créer une revue consacrée à la photographie africaine ? Quel contexte et quelles réflexions ont présidé à sa création ? Dans l’éditorial qui ouvre le premier numéro, vous écrivez que trois années ont été nécessaires avant d’aboutir, pouvez-vous nous en dire davantage sur cette longue aventure ? À quel genre d’obstacle avez-vous dû faire face ?
Comme pour tout, il y a toujours le bon moment pour que les choses se fassent. J’ai senti que le marché local et international était prêt pour recevoir une revue de ce type. Aussi, une publication qui traite de la photographie artistique manquait dans le paysage éditorial.
Quelle est la ligne éditoriale de la revue ? Le premier numéro, qui avait pour thème la migration, présentait des travaux de photographes sud-africains de renom tels que Guy Tillim, Jodi Bieber, David Goldblatt, Andrew Tshabangu, David Southwood etc. : quel type de photographie voulez-vous promouvoir ?
Nous essayons de publier des photographes de tous les types (avec une préférence pour les jeunes et ceux qui sont les moins connus) avec un spectre le plus large possible en Afrique. Le premier numéro présentait beaucoup de photographes bien connus, ce qui met en évidence l’un des défis que nous avons à relever : à savoir, publier de jeunes photographes moins en vue. Le numéro consacré aux migrations a été le premier, pour le numéro deux, qui a pour thème l’opulence, nous avons eu un éventail de photographes plus large.
Snapped est une revue de très belle facture : comment avez-vous travaillé à la fois son côté graphique et sa structure éditoriale ?
En ce qui concerne le contenu, nous avons envoyé un appel à candidatures vers une base de données que nous alimentons constamment. Notre équipe travaille énormément à la recherche de nouveaux contacts et contenus, nous sommes également entrés en relation avec des photographes dont nous pensions que le travail allait parfaitement convenir au thème choisi.
Une fois que nous avions recueilli assez de matériel, nous avons évalué la qualité des candidatures reçues (à la fois sous l’aspect de leur force visuelle et de leur production) et procédé à la sélection finale. C’est cette dernière qui régit le processus graphique.
Snapped traite d’un médium visuel, c’est exactement ce focus-là que nous voulons donner à la revue : nous mettons l’accent sur les images et minimisons l’aspect rédactionnel.
Où peut-on trouver Snapped, en Afrique du Sud et à l’étranger ? Quel est le tirage par numéro ?
Cette publication est toute nouvelle, ainsi nous sommes en train de chercher et de fidéliser de nouveaux points de vente. La distribution est l’aspect le plus difficile de la chaîne éditoriale et même si nous publions une autre revue depuis plusieurs années, Art South Africa, nous luttons pour que Snapped soit distribué, au niveau national, dans les mêmes lieux (1). Actuellement, il est disponible dans 15 à 20 points de vente à Cape Town et dans une poignée d’autres à Johannesburg. Les frais d’expédition à l’étranger, étant très élevés, pour le moment, la revue n’est pas distribuée à l’étranger. Cette situation ne devrait pas durer longtemps : récemment, j’étais à New York afin de chercher des distributeurs et des librairies spécialisées susceptibles de pouvoir présenter Snapped.
Cela dit, la revue peut être commandée par Internet via notre site web snapped.co.za.
Quel type de public entendez-vous atteindre ?
La revue est pensée comme un forum consacré aux différentes pratiques photographiques du continent africain. Nous espérons que le site web pourra jouer un rôle important pour cela et également pour la promotion de la revue papier.
Notre souhait est que les commissaires des musées, des galeries, et d’une façon plus large le marché international utilise Snapped comme source et référence pour chercher de nouveaux contenus photographiques intéressants en ce qui concerne l’Afrique. Nous espérons également que la revue séduira les photographes et toute personne qui, de prés ou de loin, s’intéresse à la photographie.
Quelle a été la réception de la revue dans le milieu photographique sud- africain ?
La revue a été très bien accueillie. Compte tenu de sa « jeunesse » et de tout le travail qui reste encore à faire pour la faire connaître, Snapped a remporté un grand succès sur le marché local, elle commence à bien se faire connaître en Afrique du Sud. Tout comme l’autre revue que nous publions, nous savons que cela prend du temps, aussi il faut dire que la photographie représente un marché de niche, pour spécialistes.
Comment fonctionnez-vous au niveau financier ?
Nous essayons de garder les frais de production et d’impression les plus bas possible tout en vendant le maximum d’espaces publicitaires, cela dans le but de couvrir les coûts. Ensuite nous faisons avancer les ventes par souscription et vendons le plus possible, dans le plus grand nombre de points.
Le deuxième numéro de la revue est paru en juillet, pouvez-vous nous le présenter ?
Ce deuxième numéro met l’accent sur la richesse, et plus précisément sur sa présence et son manque. Les travaux photographiques publiés explorent les désirs des personnes ayant différents niveaux de vie.

1. Peu après la réalisation de cette interview, l’éditeur a signalé que la revue était désormais distribuée dans les librairies au niveau national.///Article N° : 8082

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Les images de l'article
The looted remains of Mobutu Sese Seko's residence at Gbadolite, September 2003 Leopold and Mobutu series 15 © Guy Tillim
Lyno on my Walls, Soweto © Mark Lanning





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