Théâtres d’Afrique noire en Bohême

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Voilà déjà quatre ans que les Tchèques découvrent chaque année de nouvelles pièces d’auteurs africains, traduites et mises en scène dans le cadre d’un festival :  » Nous sommes tous Africains « .

 » Nous sommes tous Africains  » : c’est le nom du festival des théâtres d’Afrique qui s’est déroulé en avril dernier à Prague et dans quelques autres villes de République tchèque : Hradec Kralové, Liberec, Brno et Pardubice. Ce festival que dirige Lucie Nemeckova et qui en est aujourd’hui à sa quatrième édition présente des textes de la nouvelle génération de dramaturges africains, traduits et joués en tchèque avec le soutien de l’AFAA, de l’Institut français de Prague et de l’Institut du théâtre. Spectacles, lectures, tables rondes et conférences investissent au printemps théâtres et universités de Prague, de Hradec Kralove et de Liberec : une semaine intense de réflexion et de rencontres autour d’une dramaturgie contemporaine qui passionnent les jeunes créateurs tchèques.
Après Petite-Souillure de Koffi Kwahulé, traduite par Michal Laznovsky lors de la première édition du festival et mise en scène sous le titre Nestyda par Eva Salemannova au Divadlo Disk de Prague l’an dernier, puis Le Masque de Sika de José Pliya, traduite et mise en voix à la radio, et La Fable du Cloître des cimentières de Caya Makhélé, également traduite et montée cette année par Petr Hruska au théâtre Divadlo Na Pradle de Prague, c’était au tour d’un texte de Kossi Efoui : Le Petit Frère du rameur. La pièce a été traduite par Michal Laznovsky et présentée en lecture dans le café littéraire Viola à Prague sous la direction de Lida Engelova.
C’est en 2001 que Lucie Nemeckova a découvert les nouvelles dramaturgies d’Afrique noire francophone, lors d’un séjour au Festival d’Avignon.  » Je me suis sentie perdue dans ce grand marché du théâtre, dit-elle, sans savoir où donner de la tête quand je suis tombée sur la Chapelle du verbe incarné. J’ai aimé l’atmosphère de la Chapelle, j’ai pu rencontrer des auteurs, j’ai assisté à des conférences.  » À l’époque, Lucie Nemeckova cherchait une inspiration pour un festival et n’avait de l’Afrique qu’une vague idée romantique. La rencontre avec l’équipe de la Chapelle a été déterminante. Elle était alors dramaturge du Festival des régions européennes à Hradec et, dès son retour, elle fit venir plusieurs spectacles programmés à la Chapelle, comme Ligne 9 de Mata Gabin. Elle invita ensuite la troupe de L’Oiseau Mouche avec Bintou de Koffi Kwahulé dans la mise en scène de Vincent Goethals. Finalement, en 2002, elle lance avec le traducteur Michal Laznovsky et la directrice de l’Institut du théâtre la première édition du festival avec un cycle de conférences, des lectures et un événement central : la nuit africaine. Son idée est d’offrir aux Africains qui vivent en République tchèque un événement artistique fort qui soit l’occasion d’une réelle rencontre entre Africains et Tchèques, une réelle plateforme d’échanges et de créations. Et comme Lucie Nemeckova n’a pas peur de la provocation, elle baptise l’événement  » Nous sommes tous Africains « .
Aujourd’hui, le festival bénéficie d’une belle reconnaissance. La mise en scène de Nestyda par Eva Salemannova a eu un très gros succès au prestigieux Festival de Pilsen, l’université de Prague et le département de français traduisent d’autres textes de José Pliya comme Le Complexe de Thénardier. Et la foire du livre de Prague travaille avec des éditeurs africains comme Caya Mahkélé. La balade des voisins anonymes, un autre texte de Kossi Efoui, a également été mise en ondes pour une radio tchèque.
Bientôt les Pragois seront de meilleurs connaisseurs des théâtres africains francophones que nos spectateurs parisiens !

///Article N° : 3927

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