Tirailleur tiraillé, une figure littéraire ambiguë

« Je ne laisserai pas – non ! – les louanges de mépris vous enterrer furtivement. Ah ! Ne suis-je pas assez divisé ? Et pourquoi cette bombe Dans le jardin si patiemment gagné sur les épines de la brousse ? » Léopold Sédar Senghor

Dans La typologie des statuts sociaux en situation coloniale, le Tirailleur appartient, à l’instar de l’interprète, au statut de collaborant (et non de collaborateur). Généralement peu instruit, rattaché à la fois à ses origines et aux colons, il ne participe pleinement à aucune des collectivités qu’il met en relation. Ce qui fait de lui dans la littérature négro-africaine un être schizophrène et un anti-héros. Force-Bonté (1926) de Bakary Diallo est dans la littérature négro-africaine l’un des premiers textes littéraires consacrés aux tirailleurs sénégalais. Son intérêt est d’être écrit par un ancien tirailleur. Plus qu’un roman, c’est un récit autobiographique retraçant l’itinéraire de Bakary Diallo du Sénégal en France, en passant par l’Allemagne, où il a répondu à  » l’appel de la France « . Ce qui conduit certains critiques comme Philippe Dewitte (1985), Guy Ossito Midiohouan (1980), Janos Riesz (1989) ou encore Véronique Porra (1993) à considérer ce livre comme un hymne adressé à la Mère-Patrie, bonne et généreuse pour ses fils noirs. Bon Tirailleur, méchant nègre Si Bakary Diallo, célèbre la Mère-Patrie, Léon- Gontran Damas l’offense. Dans un poème...

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