Une passerelle de dialogue entre les communautés

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A l’initiative de deux historiens, Jean-Christophe Attias et Esther Benbassa, directeurs d’études à l’EPHE, « une semaine de lutte contre la discrimination et pour la rencontre des différences » a été organisée à Paris du 19 au 28 mars 2006. Cet espace a eu pour objectif de créer des passerelles de dialogues. Malgré les difficultés rencontrées, dues notamment aux mouvements sociaux de ces dernières semaines, le public était au rendez-vous .

L’idée est née à la suite du succès rencontré par le colloque du 13 mai 2004 organisé par le couple d’historiens intitulé : « Juifs et musulmans, une histoire partagée, un dialogue à construire ». Il était question de réfléchir sur la longue histoire des relations judéo-musulmanes depuis le Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui. De cette journée, un livre – au nom éponyme – fut édité. Mme Benbassa et M. Attias ont donc organisé ces rencontres de la société civile autour de la journée internationale de lutte contre la discrimination du 21 mars.
Débats, concerts, concours artistiques et littéraires (avec remises de prix) se sont succédés. L’objectif était non seulement de créer une dynamique positive mais aussi de réunir des personnes de cultures et confessions différentes, en partageant ce qui les unit et ce qui les distingue. Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’École Pratique des Hautes (chaire de Judaïsme rabbinique) indique :  » Nous avons voulu réunir des adversaires, ou simplement des gens différents, et les inciter à se confronter dans le respect, ou tout simplement à s’écouter ! « .
Mme Benbassa, docteur ès Histoire et directrice des Hautes Études du Judaïsme moderne à l’Université de la Sorbonne, signale que pour les jeunes gens, vivre avec l’autre est quelque chose de naturel, mais c’est la société qui les dénaturere. Concernant les problèmes de la société, les discours passent souvent par des « filtres », et le fait de parler en toute franchise a pour intérêt de faire évoluer les choses. Cette semaine a donc été l’occasion pour les participants de donner un message significatif aux politiciens. Un message d’autant plus fort qu’il émane de personnes qui n’ont pas toujours l’opportunité de s’exprimer.
Pour cette historienne, les messages politiques adressés au peuple ne sont pas toujours clairs. Par exemple, tous s’attaquent à la discrimination positive mais ne savent pas réellement ce que cela signifie. Donner un coup de pouce à ceux qui ne trouvent pas d’emploi à cause de leur origine semble être une aberration pour Mme Benbassa.  » Trouver du travail car on est diplômé n’est pas une chance mais un dû  » ,martèlera-t-elle !
Des débats sur la mémoire et sa transmission ont posé la question de savoir pourquoi les livres scolaires sont orphelins de certaines mémoires. Pour l’organisatrice, il faut aborder les problèmes du colonialisme et de l’esclavage sans tabou.
Il est malheureusement difficile de rendre compte de la richesse des nombreux débats mais un véritable vent de liberté soufflait sur cette semaine de réflexion, d’écoute et de dialogue.

///Article N° : 4408

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