Y’a bon citation!

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Pour Afriscope/Africultures, les Indivisibles décryptent une phrase d’actu trahissant le racisme glissé dans les propos des personnages publics.

Je souhaiterais dire toute ma surprise, d’abord de voir que l’on fait intervenir des prostituées étrangères en l’occurrence une Chinoise semble-t-il, pour donner des leçons de morale aux lois que la République Française a décidé de prendre.
Christian Estrosi (Vice-Président de l’UMP, Député-Maire de Nice) à propos de Morgane Merteuil qui, au passage, n’est pas chinoise : (France 3, 27 mars 2013)

L’été est passé. Il a été marqué par des chaleurs et des orages à en perdre la tête. Certains n’ont pas eu besoin de tout ça pour dérouiller. Lorsque Christian Estrosi se hasarde à imposer à Morgane Merteuil, l’identité de « prostituée chinoise », il décide, sans autre information que son faciès qu’elle « n’est pas des nôtres ». Morgane Merteuil est française, même d’apparence. Ce n’est pas sans rappeler la définition du député maire de Nice des résidents étrangers non-communautaires qui pour lui se réduit à « des personnes qui haïssent la France, qui détestent la laïcité, qui refusent nos lois… » (Europe 1, 30 janvier 2013). Son ire allait à l’encontre des résidents non-européens qui, grâce au projet de loi dont il était question, auraient pu envisager d’obtenir le droit de vote aux élections locales après cinq ans de résidence. Encore une fois il semblerait que M. Estrosi se soit complètement détaché de la réalité pour en créer un bien déformé.Le 10 juin dernier, lors de la cérémonie des Y’a Bon Awards, le député maire de Nice concourait dans la catégorie « retourne chez ta mère ». Bon, il n’a pas emporté le trophée, mais quand même… Il faut l’avouer, la concurrence était rude.
En regardant de plus près ces propos, on peut constater qu’ils ont été à l’image des propos relevés par Les Indivisibles en début d’année, mais également d’une réalité tout actuelle. Des personnalités publiques, qui plus est, représentant des citoyens dans leurs fonctions, se permettent les pires banalités, voire absurdités, sans crainte pour leur carrière.
Au-delà des propos eux-mêmes, les réactions timorées dans la sphère médiatique révèlent une aphasie généralisée face au racisme et à la xénophobie qui sévit en France. Les Indivisibles ne sont pas utopistes. Cette nouvelle rentrée apportera son lot de gaffes, voire d’injures. Le contexte politique en vue des prochaines élections, notamment municipales et la course pour coller au FN dans laquelle l’UMP (entre autres) s’est engagée va faire que Les Indivisibles vont malheureusement avoir du pain sur la planche. L’objectif n’est certainement pas de se poser en censeurs, bien au contraire. Il s’agira d’éduquer nos personnalités (auxquelles on tient beaucoup, soit dit en passant) et la conscience collective. Il est temps que ceux qui ont la parole à la télé ou à la radio aient conscience que leurs mots peuvent blesser, choquer, stigmatiser voire attiser la haine outre mesure. Il est temps pour chaque citoyen de réagir et de porter la voix lorsque lorsqu’il le faut. Gilles Sokoudjou, président des Indivisibles, clôturait les Y’a Bon Awards sur les mots d’Aimé Césaire « L’heure de nous-même a sonné » [article n° 11576]. Il s’agit d’une réalité qu’il faudra, pour chacun, mettre en pratique à son échelle. Il est temps de mettre en lumière les failles de notre société pour la faire progresser.

///Article N° : 11759

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