[1/2] La possibilité d’un archipel : corps & graphie d’un paysage à venir

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L’île n’est pas un endroit isolé, toute île fait partie d’un archipel,
Edouard Glissant.

 

A la suite d’une résidence d’écriture (février-mars 2019) au Centre international d’art et du paysage de Vassivière, le philosophe Dénètem Touam Bona s’est vu offrir une carte blanche pour une grande exposition qui aura lieu de début juillet à début novembre 2021, sous le parrainage de l’Institut du Tout-monde (fondé par Edouard Glissant). Intitulée « La sagesse des lianes / Cosmopoétique du refuge », cette exposition collective et transdisciplinaire existe déjà sous une forme virtuelle. En effet, la note d’intention de cet événement à venir est actuellement affichée dans le Centre d’art contemporain de Vassivière, dans le cadre de l’exposition « De l’île au monde » qui revient sur plusieurs années de résidences de création (voir encadré ci-dessous). Seul projet « exposé » qui n’ait pas encore été réalisé, « La sagesse des lianes » par son « non lieu » même figure la puissance performative d’une utopie concrète (latin u-topia : « non lieu »). Et si nous publions ce texte, deux ans avant l’événement, c’est justement pour contribuer à sa concrétisation. Ce n’est pas un programme, juste l’esquisse d’une poétique commune – un ensemble de pistes et de questionnements – vouée aux variations et métamorphoses que susciteront forcément ses acteurs (les nombreux artistes impliqué.e.s), et le cours imprévu de leurs cheminements créateurs.

« Depuis sept années, des artistes, chercheur·e·s, écrivain·e·s, architectes et paysagistes se sont succédé·e·s dans les résidences du Château de Vassivière projetant leur désir dans les paysages de l’île. Il·elle·s ont su questionner avec pertinence les lieux, les habitant·e·s et le Centre d’art, révélant à chaque saison de résidence un peu plus de l’identité singulière du Plateau de Millevaches. L’exposition d’été propose de revenir sur ces récits d’expérimentations et de recherches qui ont, à partir d’une île, radicalement transformé notre vision du monde. » Extrait du dossier de presse de l’expo « De l’île au monde » :

Quand l’été dernier 2018, vers la mi-août, un ami m’a proposé de venir le voir à Eymoutiers en France, je n’étais vraiment pas très chaud :

– Moi, tu sais, la France profonde…

-T’as beau te la jouer « Afropéen », « Afrodescendant » ou « Neg’ Mawon »,… tu restes un foutu Parisien !, me fit-il remarquer.

Et il n’avait pas tort… C’est idiot, je sais, mais me fiant à l’expression « plateau des mille vaches », je m’imaginais alors une campagne bien plate avec des nuées de bovins. C’est donc à reculons que, le jour J, je suis entré dans le TER au départ de Limoges et à destination d’Eymoutiers. Mais une fois que la petite chenille métallique commença à serpenter le long de la Vienne, entre des collines boisées au moutonnement vibratile, le charme opéra.

Vue depuis le phare du Centre d’exposition de Vassivière. ©CIAP

Création « géo-graphique » de Yona Friedman : La licorne de Vassivière (« Licorne Eiffel »), 2009. © Marguerite Despature. La licorne est l’animal le plus emblématique du bestiaire de Y. Friedman. Oeuvre inspirée des géoglyphes de Nazca.

Faire entrer en résonance les mondes « indigènes » des Suds avec ceux du plateau des « mille sources »

Dans cette mystérieuse région de landes, de tourbières, de roches granitiques, de brumes intempestives où mousses et lichens amarrent des villages minérales à leur écrin sylvestre, où mille et un cours d’eau (les « mille vaches » renvoie à l’occitan « vaca », « source, ruisseau ») rendent la terre mouvante et incertaine ; dans cette mystérieuse région, j’ai rencontré des humains épisodiques, des chamanes aux visages pâles pris dans des devenir-fougère, des devenir-loup, des devenir-corneille, et pas que des artistes !… ; dans cette mystérieuse région, j’ai croisé la route d’un « Carnaval sauvage » (Faux-la-Montagne) peuplé de druides, d’êtres du rêve, d’esprits des bois et d’autres entités indéfinissables ; dans cette mystérieuse région, je suis tombé sur des anciens qui m’ont racontés un tas d’histoires à la Corto Maltese comme ce « Soviet de la Courtine » qui vit le jour près du village de Felletin, à l’été 1917, suite à la mutinerie de près de 10 000 soldats russes, aussi perdus que des « tirailleurs sénégalais », dans une guerre qui n’était pas la leur.

Les bois de la Montagne limousine (autre nom du plateau des mille vaches) sont fortement « habités » en termes d’histoires : des traces inscrites à même le paysage, ne serait-ce que par la toponymie. Et ces mémoires de résistances et d’expériences utopiques – révoltes paysannes, communisme rural, maquis de la forêt de Berbeyrolle[1] que rejoindra le poète Armand Gatti… – continuent à être mobilisées dans les multiples initiatives et lieux solidaires que compte la région. C’est au fil de mes résidences d’écriture sur le plateau, à Eymoutiers et sur l’île de Vassivière, qu’a germé en moi l’idée de faire entrer en résonance les mondes « indigènes » des Suds avec ceux du plateau des « mille sources ». J’en profite pour remercier, en particulier, David Redon (Conseiller DRAC Nouvelle-Aquitaine à l’action territoriale) et Marianne Lanavère (Directrice du Centre d’art contemporain de Vassivière) qui m’ont poussés à me lancer dans ce projet un peu fou consacré à de « sages  lianes ».

Une approche archipélique et chorégraphique du paysage

De quoi s’agit-il ? D’un projet d’exposition collective qui profite de la localisation singulière du Centre d’art de Vassivière – au milieu d’un lac ceint par la forêt, une île-refuge pour des entités composées de granite, de bois, de cordages, de structures métalliques ou encore de traces de gestes horticoles et thérapeutiques (œuvres d’artistes) – pour proposer une approche archipélique et chorégraphique du paysage. De même qu’il n’y a pas d’île isolée, car une île s’enchâsse toujours dans un archipel, dans un chapelet d’îles cousues ensemble par des courants humains et non-humains ; de même, il n’y a pas de corps isolé, car un corps est toujours pris dans un mouvement qui l’inscrit dans l’espace même qu’il contribue à déployer. Et la texture, c’est-à-dire la dimension textile d’un territoire consiste, précisément, dans l’entrelacs des trajectoires de corps en mouvement (humains et non-humains), en « relation » les uns avec les autres – que ce soit pour se désirer, se fuir, se chasser, s’ignorer ou juste partager le vertige d’un rêve telle Alice chutant au pied d’un chêne. Ce qui fait l’unité d’un archipel, ce n’est pas un centre (Paris, Rome, etc.) ou une substance homogène (la langue française, par exemple, comme principe unificateur exigeant, au nom de l’unité de la Nation, l’extinction des langues régionales et ultramarines), mais le passage même d’une île à l’autre.

Le projet « La sagesse des lianes » vise à mener une expérience singulière : « diasporiser » une île située au cœur de la France, Vassivière, à partir d’espace-temps lointains, n’ayant en apparence aucun rapport avec elle : les mondes « afrodiasporiques ». L’unité de ces mondes ne repose justement sur aucun centre ni aucune substance, mais sur le partage d’expériences historiques communes : la dissémination des peuples africains, par les traites négrières (mais pas uniquement), des rives de l’Océan indien à celles de l’Atlantique, et les circulations et hybridations continuelles que cette dissémination a provoquées (cf. L’Atlantique noir, Gilroy). Ce processus quasi végétal (dissémination de spores) qui a fécondé le monde moderne, y compris dans la violence la plus extrême (celles de la déportation de millions d’Africain.e.s, d’une vie de mort sur les plantations esclavagistes du Surinam ou de Zanzibar) et les luttes les plus héroïques (le combat jusqu’à la mort du Colonel antillais Delgrès face aux troupes napoléoniennes), Glissant le nomme « créolisation ».

La créolisation est la mise en contact de plusieurs cultures ou au moins de plusieurs éléments de cultures distinctes, dans un endroit du monde, avec pour résultante une donnée nouvelle, totalement imprévisible par rapport à la somme ou à la simple synthèse de ces éléments.

Edouard Glissant, Traité du Tout-monde

Parce que les cultures afrodiasporiques ont déjà fait l’expérience du « gouffre », elles disposent de ressources inestimables pour affronter les défis de l’anthropocène (dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, etc.)

Erik Samakh, Le Lac 2003 ; Pièce d’eau ; Installation dans la nef du CIAP de Vassivière ©Marc Domage /Tutti

Parce que ces cultures afrodiasporiques, injustement méconnues, ont déjà fait l’expérience du « gouffre » – que Glissant associe à la colonisation et aux résistances créatrices qui lui furent opposées -, elles disposent de ressources inestimables pour affronter les défis de l’anthropocène  (dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, etc.). Ces mondes africains et créoles, les artistes invités les feront entrer en résonance avec les mémoires et paysages forestiers de l’île de Vassivière et du plateau des mille vaches : il s’agira d’enchanter l’île – par des performances puisant dans des formes rituelles (y compris « afrofuturistes ») – pour l’enchâsser à d’autres mondes, mais aussi pour réactiver l’héritage des sorcières, des « feuillus » (l’homme des bois, le « sauvage » dans l’Europe médiévale), des rebouteux et autres maîtres en sortilèges évoquant une autre Europe : une Europe « païenne », « hérétique », carnavalesque, toujours prête à s’insurger contre l’ordre dominant ; une Europe souterraine, indocile, marronne, qui innerve les ZADs des Nords et anime des passeurs d’hospitalité comme l’équipage du Sea-Watch[2] ou le maire de Riace[3].

Paul Valéry voyait dans la danse « une poésie générale de l’action des êtres vivants » (Philosophie de la danse). Au point de départ de toute création, qu’il s’agisse du mouvement généreux des semailles, du doigté sensuelle de la potière ou du filage acrobatique de l’araignée, il y a un geste dansé[4]. Sur le plan des forces élémentaires, celles-là mêmes convoquées par les danses cosmiques des derviches tourneurs (Islam soufie), la chorégraphie participe de l’écriture de la terre, de sa transmutation en territoire existentiel. Parce qu’« être liane, c’est pouvoir traverser des mondes multiples et se nourrir de ce que l’on traverse, et vice versa » (note d’intention), la relation des corps aux territoires parcourus sera une des questions centrales du projet « La sagesse des lianes ». « Corps-graphie » et « géo-graphie », écriture du corps et écriture de la terre sont en effet indissociables. Mais pour le comprendre, il faut remettre en question la conception classique de l’écriture qui la limite à l’inscription de signes alphabétiques sur une feuille de papier, et insister plutôt sur le rapport intime de la « graphie » au geste, au mouvement. La notion de « figure » permet justement d’ancrer l’écriture dans le mouvement d’un corps. On dit bien d’un danseur, d’une gymnaste ou d’une calligraphe qu’ils exécutent des figures, que leur mouvement laisse ou non une trace visible. Ce qu’illustre à merveille une œuvre poétique et plastique comme celle de Hawad, un des artistes du projet.

Tout parcours opère un « tracé » – une « graphie » – qui modèle autant les paysages que les corps qui s’y inscrivent en des strates successives.

Extrait d’un livre unique : Vent rouge

« Dans le travail d’écriture autant que de peinture que je mène depuis près de vingt ans, mon objectif a été de tenter de dépasser le pouvoir clos des mots, des signes et des représentations. Sur le plan graphique, ma démarche est partie d’un outil hérité de mes ancêtres, les signes tifinagh (alphabet touareg) dont je m’empare pour les pousser au bout de leur trajectoire, que je détourne, décompose et recompose pour les remettre en mouvement. C’est cela que j’ai appelé la furigraphie, furieuse comme le cri de rage qui fait voler en éclat les barrières, les entraves et les immobilismes les plus fossilisés. » Hawad

 

Lire aussi : « Je fais partie d’une Afrique qui s’est toujours regardée par elle-même avec ses propres yeux« . Entretien avec Hawad. 

Aborder le paysage à partir de la perspective d’un corps en mouvement, c’est le voir non comme un environnement (quelque chose qui nous entoure ou nous fait face, à quoi l’on reste extérieur), mais comme un territoire animé, un milieu de vie dans lequel nous sommes forcément immergés. La vie ne s’inscrit dans un paysage que par le tracer des êtres vivants et des éléments. Tout parcours opère un « tracé » – une « graphie » – qui modèle autant les paysages que les corps qui s’y inscrivent en des strates successives. L’humanité n’a pas le monopole de l’écriture. La vie a toujours été « géo-graphie », écriture de la terre à travers le fourmillement, le tressage, l’enchâssement, l’empilement, la sédimentation des lignes de vie. C’est à partir de la formation du tumulus que l’anthropologue Tim Ingold montre que la terre ne préexiste pas au vivant : elle n’est pas un réceptacle, une marmite dans laquelle se déverserait, comme par miracle, le bouillon primordial de la vie. Le sol même sur lequel nous cheminons et bâtissons est lui-même une production du vivant :

« Le sol que l’on a sous les pieds est un tissu de lignes de croissance, d’érosion et de décomposition. Loin de séparer la terre du ciel, le sol est une zone où la terre et le ciel s’emmêlent dans un perpétuel renouvellement de la vie. » Marcher avec les dragons, Tim Ingold.

« Souches enlianées » : lac de Vassivière en partie vidé, automne 2018, qui révèle un bois « spectral ». Florence Boyer

Penser les « arts vivants » comme les activateurs de nouvelles territorialités.

Bien souvent, lorsque nous prononçons le mot « Terre », la première chose qui nous vienne à l’esprit, c’est une photo satellite : l’image d’une planète bleue sur fond noir, infini. Si, désormais, nous nous représentons le monde depuis un point de vue « extra-terrestre », c’est parce que nous ne l’habitons plus vraiment, et en sommes devenus les spectateurs. Comme le montre Frédéric Neyrat, dans un essai brillant[5], la géo-ingénierie et le transhumanisme (Google, la NASA, Microsoft, etc. en sont les principaux soutiens) – ces formes de techno-prophétisme qui décrivent les humains comme les passagers temporaires d’un vaisseau spatial – ne font que pousser à son terme un processus d’arrachement au monde vécu qui a commencé voici plusieurs siècles (avec le capitalisme, la colonisation, les sciences modernes, etc), et dont témoigne la naissance de la notion occidentale de « paysage ».

C’est à la fin du 15ème siècle que le terme « paysage » apparaît en France, afin de désigner une peinture « représentant » une « étendue de pays ». Dès lors, le paysage sera constamment associé à une vue panoramique, depuis un point d’observation « universel »  (le sujet moderne occidental), désancré de tout corps et de tout territoire. Bien sûr, il ne faut pas voir dans la peinture paysagère de la Renaissance l’origine de tous nos maux, juste un élément parmi d’autres qui  exprime, en Occident, la transformation du « pays parcouru » en scène, en toile de fond, en décor (ce que confirme la pratique compulsive du selfie devant les « décors naturels »).

Quel meilleur moyen que la danse pour rappeler qu’un paysage, c’est toujours un territoire en mouvement, un milieu de vie. Les arts du mouvement, en particulier la danse, joueront donc un rôle majeur dans ce projet d’exposition. J’aime le paradoxe qu’il peut y avoir dans l’idée de faire intervenir, entre autres, des praticiens des arts dits « vivants » dans un centre de création dédié au paysage, à ce qui est perçu, aujourd’hui encore, comme relevant du patrimoine, comme quelque chose de quasiment immuable, dont on pourrait faire le garant d’une identité-racine. Si une certaine écologie peut alimenter des fantasmes identitaires, c’est justement parce qu’elle pense le paysage comme une nature figée qu’il s’agit de conserver. Cette écologie de conservatoire tend à faire du paysage une nature morte. Le projet « Sagesse des lianes » sera donc l’occasion de questionner le « vivant » de l’expression « arts vivants » à travers laquelle on rassemble la musique, le chant, le théâtre, la danse, le cirque, la performance, etc. Il s’agira de penser ces « arts vivants » comme les activateurs de nouvelles territorialités ( cf. Sentir-penser la terre : une écologie au-delà de l’occident, où Arturo Escobar montre qu’un territoire n’est pas dissociable des relations que ses habitants instituent avec l’ensemble du tissu vivant, à travers une multitude de pratiques culturelles).

Qu’est-ce qu’un corps qui danse ? Un corps-brume qui se condense dans l’éclosion d’un geste : écho du corps de la mère, écho des ancêtres, écho du cosmos…

Habiter le monde, c’est-à-dire l’intervalle entre terre et ciel, suppose d’habiter son corps. Dans mes écrits, c’est à partir de la privation radicale de monde et de corps que constitue l’esclavage (l’expérience originelle de la « zombification ») que j’ai été amené à penser les corps en mouvement, et à en méditer les puissances utopiques : la capacité, par exemple, à produire un « dehors » à partir de l’échappée d’un chant ou d’une danse, au sein même d’un dedans asphyxiant – la plantation esclavagiste ou le ghetto comme en témoigne la genèse du Krump[6].

« Le Krump est un mouvement profond, pas encore une marchandise. Il semblerait que le monde ait fait naître là où on ne l’attendait pas une danse du dedans, authentiquement spirituelle, faite pour débusquer des monstres et dire l’inarticulé des paroles rentrées dans la gorge de ceux qui ne peuvent même plus crier. La seule danse qui vaille. Avant d’être une mode, c’est un rite inventé, une sorte de louange forcenée, la contorsion brutale de celui qui refuse la camisole contemporaine. » Heddy Maalem, mai 2012

 

Lire aussi : S/T/R/A/T/E/S de Bintou Dembélé, l’énimagtique volupté

Penser une liberté et une dignité effective exige de prendre en compte la poussée indocile du vivant qui, toujours, en nous, s’oppose au mouvement courbe de l’humiliation, de la servitude contrainte ou volontaire. Dans mon travail sur le marronnage, c’est cette indocilité créatrice que je tente de saisir à même le souffle et les vibrations des corps en mouvement. Le « mouvement de libération » qu’opère le marronnage doit être pris au sens propre : c’est d’abord une libération du mouvement que met en œuvre un corps dansant – tout pas de danse pouvant être l’esquisse d’une frappe, comme le souligne Elsa Dorlin (cf. Se défendre) à propos de danses martiales comme le ladjat ou la capoeira. Il y a une tectonique des corps en transe qui substitue au corps tombal de l’esclavagisé.e le corps transfuge de la divinité (cultes afrodiasporiques de la santeria cubaine, du vodou haïtien, du servis kabaré réunionnais, etc.). Qu’est-ce qu’un corps qui danse ? Un corps-brume qui se condense dans l’éclosion d’un geste : écho du corps de la mère, écho des ancêtres, écho du cosmos… Corps-rêve habité par des mémoires, des lignes de vie plurielles. Non pas corps de rêve mais corps utopique, corps refuge, corps archipel…

Dénètem Touam Bona

[1] « sur le plateau de Millevaches, forêt magique qui servit de refuge aux Brigades internationales, puis devint le premier maquis du Massif central. On y lisait Antonio Gramsci pendant les heures de garde et, tout autour, les arbres répondaient. » Armand Gatti, La parole errante T3.

[2] Forçage du blocus des eaux territoriales italiennes par la Capitaine Carola Rackete, avec à bord du Sea Watch 43 réfugiés.

[3] Expérience d’accueil des réfugiés en Calabre, contre les Autorités italiennes, qui permit aussi de faire renaître le village de Riace.

[4] Cf. Philosophie du geste, Michel Guérin.

[5] La part inconstructible de la Terre

[6] La camisole de force littéralement imposée aux jeunes noirs et latinos de Watts, après les émeutes de 1995, à Los Angeles, par des forces militaro-policières.

Légende de la photo de couverture : Extrait du dossier de presse de l’exposition « De l’île au monde », Centre international d’art et du paysage de Vassivière

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