À l’Île Maurice, l’heure d’été n’est pas anodine

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L’ajustement de l’heure locale officielle par rapport au fuseau horaire standard peut avoir des conséquences insoupçonnées sur le fonctionnement économique et social d’un pays, comme c’est le cas pour l’Île Maurice.

Le Time act, proposition faite par le gouvernement mauricien de l’introduction de l’heure d’été sur une base expérimentale du 26 octobre au 29 mars 2009, constitue un évènement rarissime en Afrique. Cette mesure consiste à ajouter une heure lors des mois d’été, ce qui entraîne un décalage entre l’heure du soleil et l’heure légale. Adoptée à l’unanimité par les députés le 30 juillet 2008, elle est entrée en vigueur et fait l’objet d’un intense débat dans l’opinion publique et les milieux économiques.
Le décalage entre l’heure d’été et l’heure d’hiver est une pratique courante dans l’hémisphère nord, puisque l’ensemble des pays européens l’a adopté, à l’exception de l’Islande, ainsi que les États-Unis d’Amérique et le Canada (sauf la province du Saskatchewan). Ce changement d’heure est devenu un rituel bi – annuel (le dernier dimanche d’octobre et de mars) validé par l’Union européenne en 1998 qui, sans le rendre obligatoire, le préconise à l’ensemble de ces pays membres. De fait, en été, l’heure ne correspond plus au rythme solaire naturel puisque dans certains endroits de l’Europe, il est midi (heure solaire (1)) à quatorze heures (légales).
Cette mesure a longtemps fait l’objet d’âpres débats dans l’opinion publique française, les arguments économiques avancés (faire des économies d’énergie) ne convainquant guère les détracteurs. Elle n’est pourtant pas nouvelle en Europe et date de1916 pour nombre de pays. Instituée en France en juin 1916, elle est abandonnée en 1946 et réinstituée en 1975, suite aux conséquences du choc pétrolier de 1973. L’Agence française pour les économies d’énergie (AFEE) estimait alors pouvoir réaliser une économie de quelque 300 000 tonnes de pétrole par an. Le chiffre avancé en termes de baisse de la consommation d’électricité tourne, aujourd’hui, autour de 0,3 % sur une année. Les détracteurs de l’heure d’été sont nombreux et avancent plusieurs arguments contre cette mesure.
La première critique tient au fait que l’heure solaire n’est pas la même partout. En particulier dans les pays qui s’étendent du Nord au Sud. En France, par exemple, le décalage horaire est de 52 minutes entre le Nord et le Sud. De fait, le gain énergétique est presque nul dans une partie du pays. La période soumise à l’heure d’été dure plus de sept mois. De ce fait, la plupart des personnes doivent se lever avant le lever du jour pendant une assez longue période ce qui peut entraîner des problèmes psychologiques, en particulier chez les enfants (qui perdent une heure de sommeil lors du passage à l’heure d’été). Les animaux domestiques sont également concernés, le changement d’heure de la traite des vaches laitières les perturbe profondément ce qui entraînerait une baisse dans la production et la qualité du lait. Les risques d’accident dans des installations dangereuses (raffinerie, usine chimique, etc.) sont accrus, car la confusion possible dans la chronologie des événements augmente la probabilité d’une défaillance humaine. En plaçant les périodes de pointe de circulation automobile pendant la période la plus chaude de l’été, on augmente la pollution atmosphérique. La baisse de consommation d’éclairage est compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. De plus, si d’un côté l’on observe une plus large diffusion des lampes à économie d’énergie, cela contredit l’argument des économies d’éclairage. En revanche, les loisirs modernes, grands consommateurs d’électricité, ont majoritairement lieu le soir quel que soit le degré de luminosité. Enfin, les deux nuits du changement d’heure nécessitent des dépenses d’argent, de temps et d’énergie pour les responsables des transports aériens et ferroviaires et la mise à l’heure des horloges publiques a également un coût.
Une mesure peu étendue sur le continent africain
Parmi les 80 pays qui ont adopté ce système, l’Île Maurice n’est que le 4ème pays du continent à mettre en place une telle mesure après la Tunisie, le Maroc (en 2008) et la Namibie. L’Afrique subsaharienne est peu concernée par ce phénomène. Pour que cette mesure soit efficace, il faut qu’il y ait des saisons marquées et un gros différentiel de luminosité entre les différentes époques de l’année. Ces deux conditions ne sont évidemment pas remplies pour tous les pays situés non loin de l’équateur. De ce fait, il n’est pas étonnant que les seuls pays qui mettent en application cette mesure soient en Afrique du Nord, en Afrique australe et dans l’Océan indien, là où les saisons sont les plus marquées et les variations entre le jour et la nuit conséquentes. L’Île Maurice avait d’ailleurs déjà expérimenté cette mesure en 1982, avant de l’abandonner en 1983.
La décision de basculer dans l’heure d’été n’est pas illogique pour ce petit état insulaire tropical. Une partie des critiques récurrentes en Europe ne s’applique pas à la situation mauricienne. Du fait de l’étroitesse du territoire mauricien (moins de 2000 km2), les différences d’heure solaire sont inexistantes entre le Nord et le Sud. Le gain d’une heure d’électricité le soir s’applique donc partout. De plus, la différence avec l’heure solaire est bien d’une heure et non de deux heures comme en France, ce qui a moins d’effet physiologique sur le sommeil. L’Île Maurice n’est pas un pays agricole. L’essentiel du sol est destiné à la culture de la canne à sucre et s’il existe des fermes, en particulier dans l’est de l’île, elles sont assez petites et n’ont pas un bétail important. Le danger de voir la qualité du lait altérée par le passage à l’heure d’été est très faible : le lait vendu à Maurice est du lait reconstitué quand il ne s’agit pas de lait en poudre…. Les risques d’accident dans les installations dangereuses sont également moindres dans ce pays peu industrialisé, sans centrale nucléaire ni usine chimique. Il n’y a pas non plus de période de pointe dans la circulation automobile, le concept des « grands départs en vacances » cher à l’Europe est inopérant du fait du niveau de vie et de la propension des Mauriciens aisés à partir à l’étranger lors de leurs congés. De plus, même si la température peut descendre assez bas sur les hauts plateaux (aux alentours de 9-10 ° à Curepipe, particulièrement) durant les mois d’hiver que sont juillet et août, il n’y a pas de chauffage électrique dans les maisons individuelles. Enfin, l’argument du travail et des efforts supplémentaires pour les transporteurs aériens et ferroviaires ne tient pas, le trafic ferroviaire étant nul depuis les années 50 (2) et les compagnies aériennes et agences de voyage qui travaillent à 95 % avec l’étranger étant de toute façon tributaires du changement d’heure en Europe lors de ces deux fameuses soirées (3).
La décision de prolonger l’heure d’été devrait donc être le résultat d’un comparatif entre économies d’énergie éventuelles et problèmes de santé publique. Le vote du parlement a pourtant fait l’objet de nombreuses réactions qui permettent de dessiner les particularités de ce petit pays.
Tout d’abord, il est très difficile d’obtenir des chiffres compréhensibles sur les économies d’énergie que le gouvernement espère atteindre avec ce décalage d’une heure. Le ministre des services publics M. Abu Kasenally, principal soutien de la loi, estime que « l’heure d’été va [nous]permettre de réduire l’émission de carbone d’environ 10 000 tonnes, alors que 25 000 tonnes d’huile lourde ne seront pas brûlées. » Ce calcul entraînerait une économie d’environ 400 millions de roupies par an (4) soit 4 % de l’ensemble des dépenses énergétiques du pays. Selon la CEB(Central Electricity Board), le chiffre tourne autour d’une baisse de 15 millions de watt pendant une heure chaque jour, ce qui fait environ 20 millions de roupies économisés ou 0,1 % de l’ensemble des dépenses énergétiques. Ce dernier chiffre est celui le plus pris en considération par les observateurs qui se demandent si tout cela mérite de bouleverser la vie des habitants du pays… Mais les réticences sont venues d’autres composantes de la société mauricienne.
Des réticences économiques et socio-culturelles
L’une des plus hautes autorités religieuses hindoues est la Sanatan Holistic Vidhya Academy qui forme l’ensemble du clergé mauricien. Par l’intermédiaire de son président, le pandit Ved Gopee, elle a demandé que l’heure solaire soit indiquée sur l’acte de naissance de tout nouveau né hindou ayant vu le jour durant la période d’octobre à mars. Tout en rappelant que l’heure d’été était en vigueur en Inde sans que cela ne pose de problèmes majeurs, le pandit rappelle que les hindous ont recours au calendrier lunaire et prennent en compte l’heure du lever du soleil, pour planifier toutes les manifestations religieuses. Ainsi la coutume des hindous de consulter les Éphémérides pour donner un prénom à tout nouveau-né requiert une maîtrise de la lecture du panchaang, le calendrier lunaire. Il est également utilisé pour fixer les dates de mariage ainsi que les compatibilités entre les époux selon leurs dates et heures de naissance.
La communauté musulmane (17 % de la population) a également manifesté des réserves. La Musjid An-Nabawi, le All Muslim Congress, L’union musulmane, la Muslim league et l’association Jamiat-Ul-Ulama ont réclamé, par l’intermédiaire du maulana (5) Jamil Chooramun, plus de dialogue sur l’introduction de l’heure d’été. Les peurs des musulmans tournent essentiellement autour de l’heure de la prière, calculée selon le soleil. Le moment le plus problématique est la prière de 13h, située durant de la pause déjeuner, qui se retrouvait décalée de fait à 14h. Les autorités musulmanes craignaient que ce nouvel horaire entraîne une gêne pour les employeurs. La crainte la plus importante concerne la prière du vendredi, véritable moment de cohésion et de recueillement collectif, qui impose un déplacement à la mosquée la plus proche. Il semblerait cependant que cette crainte se soit révélée infondée. Les entreprises et sociétés ont joué le jeu et aucune protestation n’a été constatée. De plus, le ministre Abu Kasenally, musulman pratiquant, a rappelé que l’heure d’été était en vigueur au Pakistan (6), sans que cela ne provoque la moindre gêne.
Mais l’heure d’été est également un problème pour les deux « piliers » de la société mauricienne que sont le football et les courses de chevaux.
Le football est une religion à Maurice comme dans le reste de la planète. La population se passionne quasi exclusivement pour la première ligue anglaise alors qu’elle reste totalement indifférente au championnat national (7). Or, l’heure d’été a des conséquences pour « la » compétition internationale qu’est la Champion’s league. Car Londres vit à l’heure du Méridien de Greenwich 6 mois sur 12. De fait, les matchs programmés à 19h45 à Londres passent à 0h45 du matin à Maurice, ce qui décourage les supporters. La MBC a constaté une nette baisse de ces audiences par rapport à la première partie de la saison où les matchs commençaient à 22h45.
Les Mauriciens sont également passionnés de courses hippiques. Celles-ci se pratiquent sur l’île depuis 1812, année de création du Mauritius Turf Club (MTC) par un anglais, le colonel Edward Draper (8). Le Maiden, la plus grande course hippique classique de la saison, est un moment de célébration nationale (9). Or, ce nouveau décalage horaire a été diversement supporté par les chevaux et aurait nui à leurs performances selon certains entraîneurs et soigneurs, eux-mêmes obligés de se lever une heure plus tôt que l’heure légale afin de respecter le rythme biologique des chevaux. Les courses qui ont suivi la date du 26 octobre auraient été moins intéressantes du fait de la fatigue des chevaux et de la chaleur plus forte que d’habitude (il faisait une heure de moins au soleil).
Mais les réticences les plus sérieuses sont venues du secteur privé. L’Île Maurice est à un moment clef de son histoire. Son économie a longtemps reposé sur trois piliers traditionnels : le textile, le sucre et le tourisme. Les deux premières activités sont quasiment en sursis et ne sont plus des secteurs d’avenir. Soucieux de préparer l’avenir, le gouvernement mauricien s’est positionné dans différents secteurs en particulier dans les nouvelles technologies.
Depuis quelques années, s’est développé le BPO (Business Process Outsourcing) ou en français, l’externalisation des services. Cela revient pour une société d’un pays développé (souvent une multinationale) à se décharger de ces tâches non fondamentales vers une société ayant des volumes conséquents dans le domaine et installé dans des pays en voie de développement où les salaires sont à bas prix. L’activité la plus connue dans ce domaine concerne les centres d’appel mais aussi des secteurs d’entreprise comme la comptabilité, les opérations de paie, la facturation, la gestion des ressources humaines mais également certaines activités liées à l’informatique comme le développement des programmes. Toutes activités ne nécessitant pas une réactivité instantanée et une présence physique sur place.
Afin d’être compétitif, plusieurs choses sont nécessaires : des compétences sur place, une qualité de service similaire à celle que l’on peut trouver en Europe (les performances sont mesurées régulièrement par la société cliente), un niveau de langue suffisant et… un fuseau horaire le plus proche possible, en particulier pour les centres d’appel et les sociétés informatiques.
Ce qui différenciait Maurice de l’Inde, l’autre grand pays qui a développé ce genre de compétence, tenait à l’atout du bilinguisme (de moins en moins vrai pour le français avec le développement des cours de langue en Inde) et à une différence horaire moins importante avec l’Europe. Si ce dernier atout tient toujours durant l’hiver austral (2 heures de différence avec la France pour Maurice, 3h30 pour l’Inde), il est beaucoup moins intéressant durant l’été (octobre à avril, donc) : 4h pour Maurice avec la France, 4h30 pour l’Inde. De plus, l’ajout d’une heure entraîne un coût en termes d’heures supplémentaires, toutes les entreprises du BPO n’étant pas automatiquement en offshore (10).
Mais le nouveau décalage horaire fait également des heureux notamment dans le secteur du tourisme, pilier le plus solide de l’économie mauricienne. Une heure de soleil en plus le soir est considérée comme un bienfait par les restaurateurs, les hôteliers et tous les professionnels des activités en plein air qui voient dans cette mesure un argument de poids en faveur de Maurice, en particulier par rapport aux Seychelles, grand concurrent touristique du pays.
Il est intéressant de comparer les réactions d’aujourd’hui avec celles survenues lors de la première tentative de 1982. Le contexte politique n’est évidemment pas le même. 1982 a fait date dans l’histoire de la démocratie en Afrique. Pour la première fois, un chef de gouvernement (Ramgoolam) quittait le pouvoir après un échec électoral. De même, fait rarissime dans l’histoire mondiale des démocraties, un parlement était élu sans opposition, puisque les 60 sièges étaient tous revenus aux deux partis d’opposition (11) : le M.M.M (le Mouvement Militant Mauricien, parti d’extrême gauche fondé par des étudiants en 1969) et le P.S.M. (formé de dissidents hindous du Parti Travailliste). La mise en place du programme (nationalisation de l’économie, non-alignement…), des conflits internes et luttes d’intérêts firent exploser la coalition et entraîna de nouvelles élections en 1983. De fait, toutes les mesures prises par le gouvernement élu de 1982 (dont l’heure d’été) furent rejetées en bloc par l’équipe suivante. La comparaison avec 2008 est plutôt rassurante, la décision ayant été prise à l’unanimité par le parlement avec le souci de ne pas en faire une question politique mais de l’analyser sous un angle strictement économique. Le débat ne s’est jamais changé en opposition entre communautés comme cela avait été le cas 26 ans auparavant.
L’imposition de l’heure d’été permet de voir Maurice sous un angle assez original. Société officiellement laïque, la religion continue d’y jouer un rôle éminemment important. Petit pays sans marché interne, les activités délocalisées et le tourisme restent des valeurs refuges pour l’économie. Mais cette décision révèle surtout, s’il en était besoin, qu’au Sud les références ne sont pas les mêmes qu’au Nord. Les problèmes de santé publique souvent mis en avant en Occident n’ont finalement qu’une importance minoritaire dans le débat mauricien. À l’époque de la mondialisation, aucune décision interne ne l’est réellement et au final, seules les contraintes économiques, en particulier celles avancées par les investisseurs occidentaux, seront prises en compte dans l’évaluation de l’heure d’été. Maurice ne pouvant se permettre de décourager cette manne économique essentielle à sa croissance et à son image de petit dragon de l’Océan Indien, il n’est pas impossible que l’heure solaire refasse assez vite son apparition dans le ciel national.

1. Que l’on appelle aussi heure T.U (Temps Universel) ou T.U.C (Temps Universel Coordonné) ou heure GMT (Greenwich Mean Time). Soit le temps solaire moyen au méridien de Greenwich, méridien d’origine des longitudes, traversant l’observatoire royal de Greenwich, près de Londres en Angleterre.
2. La fin de l’aventure du rail à Maurice a été racontée dans un beau livre de photographie de Tristan Breville en 2006 : Le dernier train.
3. La seule liaison aérienne domestique se fait entre Maurice et Rodrigue, l’autre île de la République.
4. 1 € équivaut environ à 40 roupies mauriciennes.
5. Vient de l’arabe et pourrait être traduit par « notre maître » en français. Se dit des personnes qui ont été enseignées en persan ou en arabe.
6. Pays dont sont majoritairement issus les mauriciens musulmans.
7. En fait, les deux phénomènes sont liés. Auparavant, le championnat national était très populaire et drainait les foules dans les stades. Les clubs de football étaient à connotation communautaire : Le club du dodo (le club des blancs), les Hindu cadets, les Tamil cadets (tamouls), les Muslim scouts (musulmans), la Fire brigade et le Racing club (communauté créole). Suite à des bagarres récurrentes dans les stades, la Fédération décida en 2000, d’imposer des équipes de football régionales. Or l’identité régionale n’existe pas à Maurice où les populations sont mélangées sur tout le territoire. De fait, le public s’est détourné du football national et s’est retourné vers le football de l’ancienne puissance coloniale.
8. Sa statue orne le champ de mars de Port Louis, lieu où a été proclamée l’indépendance du pays en 1968.
9. Quelques chiffres montrent l’importance des courses hippiques : Le montant des prix alloués s’élève en moyenne à 3 millions de roupies. Les revenus des paris, sans tenir compte des paris clandestins, se sont élevés à 140 millions de roupies en 2006. 60 000 personnes ont parié environ 60 millions de roupies lors de la Journée internationale des jockeys en décembre 2005. Plus de trois cents personnes travaillent à plein temps au MTC et pas loin de 150 chevaux sont importés durant la saison (mai à novembre).
10. Le terme offshore peut avoir plusieurs significations sur le plan de la finance et de l’économie. Dans ce cas précis, il désigne seulement des entreprises situées physiquement sur le territoire mauricien mais qui ne sont pas considérés comme résidente juridiquement. De ce fait, elles ne sont pas soumises au droit commun mauricien (droit du travail, fiscal).
11. Ils représentaient 63 % des voix. Une chambre monocolore sera également élue en 1995.
///Article N° : 8244

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