African Time : la parole aux Africains

Entretien de Marième O. Daffavec Dame Babou

Fondateur de la radio communautaire
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A New York, la presse communautaire est un phénomène étonnamment développé. Les journaux de quartier se comptent par centaines, mais c’est également sur les ondes que les étrangers trouvent un espace d’expression. Un groupe aussi dynamique que celui des Sénégalais n’a pas tardé lui aussi à y prendre sa place. En 1993, African Time voit le jour et offre un programme d’information hebdomadaire aux expatriés d’Afrique de l’Ouest.

Comment a démarré cette aventure ?
J’ai débarqué à New York en 1988, après avoir écrit pendant plus de dix ans pour le journal Sud Quotidien à Dakar. Parti à l’aventure, comme de nombreux compatriotes, j’ai eu mon lot de petits boulots et c’est en travaillant de nuit dans une station essence que l’idée de la radio m’est venue. J’avais un jeune collègue haïtien qui avait constamment l’oreille scotchée à son poste. En l’observant, j’ai réalisé que la station qu’il écoutait ne fonctionnait pas comme une radio ordinaire : aux heures où il était branché, on diffusait des programmes en créole, mais à d’autres moments de la journée, des émissions en polonais, grec ou urdu prenaient l’antenne. Ça a éveillé ma curiosité. J’ai vite compris le système et je me suis mis en tête d’obtenir moi aussi une tranche horaire – pourquoi pas une radio pour nous, les Africains ?
Quel type de programme avez-vous mis en place ?
Un programme couvrant l’actualité du continent africain et offrant un espace de discussion aux auditeurs. Nous ouvrons l’émission avec une demie-heure d’information en français, puis nous présentons une heure complète en wolof, s’achevant par un débat ouvert. Nous avons fait réagir nos auditeurs sur des sujets aussi variés que les élections présidentielles au Sénégal, le développement économique en Afrique, ou encore les relations de couples au sein de nos communautés ici à New York.
Pourquoi la partie en wolof ?
Pour moi, l’information qu’on me donne en français n’a pas le même « goût » que celle que je reçois en wolof. La langue maternelle nous « parle » toujours d’une façon particulière, et on a tenu à préserver cette touche pour nos auditeurs.
Comment la radio se finance-t-elle ?
Exclusivement par les subventions des annonceurs – les petites entreprises africaines à New York autant que les plus grandes compagnies comme Western Union, Air Afrique ou la Banque d’Habitat du Sénégal. Nous nous sommes refusés dès le début à recevoir des fonds gouvernementaux ou politiques, pour ne pas limiter notre champ d’expression. Nous vivons littéralement grâce à la communauté et c’est ainsi que nous voulons l’esprit de notre radio : une radio au service de la communauté

Fréquence radio d’African Time: WPTA 930 AM///Article N° : 96

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