Amarnath Hosany : « J’espère apporter ma modeste contribution pour valoriser le patrimoine culturel de l’île Maurice »

Entretien de Christophe Cassiau-Haurie avec Amarnath Hosany

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Réputée dans le monde francophone pour ses écrivains, l’île Maurice n’est guère connue pour sa littérature de jeunesse. Si la série Tikoulou (13 titres sortis, bientôt 14) fait figure de phénomène littéraire, la production reste faible et peu diffusée. Dans ce contexte si particulier, Amarnath Hosany peut être considéré comme une exception. Auteur de 6 ouvrages, dont le premier en 2003, il sera présent à Paris au salon du livre au mois de mars pour présenter sa dernière œuvre, Longue vie au prince, publié chez Orphie, une superbe allégorie sur la vanité du pouvoir…

Comment vous est venue l’idée d’écrire spécifiquement pour les enfants ?
Vous savez durant mon enfance, je lisais beaucoup, de la BD, la série bibliothèque verte, la série Mystère, Enid Blyton, Le Club de cinq, etc. J’étais abonné à la bibliothèque Municipale de Quatre Bornes, à la bibliothèque St Joseph. On échangeait les livres entre amis, ce qui fait que pendant une semaine on avait beaucoup de livres entre les mains et à force de lire, j’avais des idées qui débordaient dans ma tête et cela demandait à sortir. J’étais comme une éponge gorgée d’eau. Même durant mon adolescence je continuais à lire ce genre de littérature et même jusqu’à présent j’adore la BD. C’est sûrement l’influence de cette littérature qui a enrichi mon imagination et qui a jailli plus tard lorsque je me suis consacré à l’écriture. Et aussi peut-être que j’ai gardé éveillée mon âme d’enfant.
Pouvez-vous résumer votre carrière littéraire ?
Le Nectar Magique
, mon premier album, a été lancé au Centre Charles Baudelaire (CCF) en avril 2003, nantie d’une version audio sur support CD. Il a été suivi de La Terre à disparu lancé en 2005, avec une version anglaise sur support CD lancée en Inde. Puis ce fut Contes de Noël lancé en décembre 2005, Le Paradis des Oiseaux en 2007, Le Prisonnier des rêves tome 1 en 2008, La forêt lancé en Novembre 2008 encore au Centre Charles Baudelaire et Le Prisonnier des rêves tome II, présenté au Salon du livre jeunesse à la Réunion en décembre 2008. Enfin, les couleurs de l’arc-en-ciel a été publié dans la revue française Riveneuve Continents intitulée Escales en mer indienne au début de 2010.
N’ont-ils pas de mal à s’écouler ? Maurice n’est pas un très gros marché…
Ils ont tous été tirés à 1 000 exemplaires. Les quatre premiers titres sont totalement épuisés. Les autres ouvrages se sont pas mal vendus, plus de la moitié, pour la plupart, sauf La forêt qui doit atteindre les 400 exemplaires diffusés, à ce jour. Je suis assez satisfait, mon pays n’a qu’un peu plus d’un million d’habitants. Et puis, de toute façon, je ne gagne pas ma vie avec mes livres, mon travail à la mairie de Quatre bornes me suffit.
Quelles sont vos thématiques ?
Je privilégie les thèmes qui interpellent et qui inspirent en même temps. Jusqu’à présent j’ai beaucoup écrit autour de la paix et de l’harmonie (Le Nectar Magique, Le Paradis des Oiseaux et La forêt). Il y a aussi l’environnement, un sujet auquel j’attache beaucoup d’importance. (La Terre a disparu, Le Nectar Magique et Contes de Noël). J’espère apporter ma modeste contribution pour valoriser le patrimoine culturel de l’île Maurice (Le Prisonnier des rêves Tome I & II, et les couleurs de l’arc-en-ciel). Je dois faire ressortir que je ne veux en aucune façon être moralisateur ou donneur de leçon, je ne fais qu’évoquer le sujet… C’est au lecteur de juger.
Quel a été l’accueil du public ?
Au départ le lectorat était faible mais petit à petit, l’intérêt pour mes ouvrages s’est élargi et une partie des jeunes Mauriciens est devenue fidèle. Les ateliers d’écriture que j’ai animé dans pas mal d’écoles de l’île m’ont beaucoup aidé à me faire connaître auprès des jeunes lecteurs. Je dois aussi mentionner qu’en l’an 2008 j’ai eu l’occasion de participer au jardin littéraire de Sainte Suzanne à la Réunion et au Salon du livre jeunesse du Port et j’ai aussi animé un atelier à l’alliance Française de Rodrigues. Tout cela grâce au Centre Charles Baudelaire. Cela m’a permis de me faire connaître dans les îles de l’océan Indien.
Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’écrivains mauriciens qui écrivent pour la jeunesse à Maurice ?
On ne peut dire qu’il n’y a pas d’écrivains mauriciens qui écrivent pour la jeunesse à Maurice. Je suis sûre qu’il y en a et avec beaucoup plus de talent. Mais je pense qu’ils n’ont pas la possibilité de se faire connaître par manque d’encouragement et d’encadrement. Moi j’ai peut-être eu plus de chance, la chance de rencontrer des personnes de bonne foi au Centre Charles Baudelaire. Alors je conseillerais à tous ceux qui ont du talent de ne pas hésiter, foncez et faites-vous connaître !
Quels sont vos projets ?
Longue vie au prince
va être publié très bientôt chez Orphie, plus précisément en mars. Je travaille en plus sur le Tome 3 du Prisonnier des rêves qui devrait paraître chez Bartholdi, l’éditeur qui me suit depuis le début en août 2011, puis pour décembre, Le flamboyant, un conte de noël, toujours chez Bartholdi. Aussi, je fais partie d’une équipe de passionnés d’audio-visuel et nous travaillons sur un projet de Sitcom mauricien intitulé La fournaise Chamarel. Nous avons déjà écrit une dizaine d’épisodes, nous avons des acteurs de talent et nous sommes à la recherche d’éventuels producteurs et sponsors pour la réalisation. Mais, pour l’instant, nous sommes en standby. Sinon la passion de l’écriture continue à me guider et j’espère pouvoir continuer la route pour longtemps encore…

Entretien réalisé entre Rose Hill et Erstein en février 2010 et finalisé en janvier 2011.///Article N° : 9934

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