Ancrer l’histoire de l’esclavage à l’école

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Pour la première année, plus de  élèves de l’école élémentaire, du collège et du lycée ont travaillé sur l’histoire de l’esclavage pour le concours national La Flamme de l’Égalité. Les lauréats sont invités à la cérémonie nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Paris le mai.

Organisé par les ministères de l’Éducation nationale, des Outre-mer et le Comité national pour la Mémoire et l’Histoire de l’esclavage (CNMHE), La Flamme de l’Égalité, qui n’est pas sans rappeler le concours national de la Résistance fondé en 1961, a pour objectif de contribuer à la construction d’une mémoire collective autour de l’esclavage. À l’origine de ce nouveau concours scolaire : le CNMHE. Prévu par la loi Taubira de  reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, ce comité a pour mission de proposer des actions qui « garantissent la pérennité de la mémoire de ces crimes à travers les générations ». Avec le concours La Flamme de l’Égalité, il invitait élèves et enseignants à se saisir de l’histoire de l’esclavage et ce, dès l’école primaire. Cette volonté d’ancrer l’histoire et la mémoire de l’esclavage à l’école prend le contre-pied de la récente réforme des programmes scolaires de l’automne , au cours de laquelle l’histoire de l’esclavage avait bien failli disparaître des programmes duprimaire.
Myriam Cottias, présidente du CNMHE qui était montée au créneau justement pourle maintien de cet enseignement, se dit « très satisfaite de la première édition du concours » avec pour thème « Récits de vie : restituer la voix des acteurs et des témoins de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Cette approche s’inscrit dans la démarche actuelle visant à construire des mémoires partagées autour d’un récit commun du passé. « Ce concours répondait à une attente des professeurs, des parents et des élèves « , assure Myriam Cottias.  25 académies sur 30 étaient représentées par les  dossiers déposés. Celles de Nantes et de Versailles réunissaient, à elles deux,un quart des candidatures. Cinq dossiersémanaient des Outre-Mer : de Guyane, de Guadeloupe et de Nouvelle-Calédonie. Les productions ont été variées, allant du diaporama sonore très utilisé par les plus petits à la pièce de théâtre et à la bande dessinée. D’abord examinés par des jurys académiques, les dossiers ont été départagés par un jury national composé entre autres de l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, de la sociologue Dominique Schnapper, et de Myriam Cottias.
Cette dernière explique avoir trouvé le travail des lauréats de la catégorie Collège-des élèves d’une classe de ede Guyane- » extrêmement touchant. Ce sont de courts films, tournés en plan fixe en noir et blanc où les élèves racontent, à la première personne, des vies d’esclaves inspirés de faits réels.« . Quatre élèves de cette classe devraient faire le voyage depuis la Guyane pour être à Paris le mai.
Le travail de ces collégiens avait déjà été primé l’an dernier dans le cadre du concours régional Le Jeune historien guyanais, initié par l’Association des professeurs d’histoire-géographie de Guyane. Le thème pour - se trouvait être « Les résistances à l’esclavage en Guyane du XVIIe au XIXesiècle ». La Réunion organise également, depuis , un concours d’histoire destiné aux scolaires. Si le thème du concours guyanais change chaque année, à la Réunion il porte tous les ans sur l’histoire de la traite, de l’esclavage et de ses abolitions. Le sujet du concours national La Flamme de l’Égalité reste inchangé pour l’an prochain.

///Article N° : 13592

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