Corps de femme et champ de lutte

La vérité en pointure ?

Dès lors que la parole et la politique sont déniées à certain(e)s, leur corps (en tant que rationnel et politique) est refoulé de la scène artistique et fait retour, quasi réduit à sa corporéité : maintenu hors champ (rationnel et politique) par la subalternisation ou l’indésirabilité. Tout un travail reste à accomplir pour lever censures et autocensures. Car celles-ci dépendent des premières. Que peut-on représenter du corps des femmes musulmanes, et jusqu’où peuton le montrer ? Telle est la double interrogation, qui forme le fil directeur de l’article, étant entendu que les oeuvres retenues sont principalement celles d’artistes femmes.

“Philosopher avec un marteau. Zarathoustra commence par se demander s’il faudra leur crever, leur casser les oreilles (Musz man ihnen erst die Ohren zerschlagen), à coups de cymbales ou de tympanons, instruments, toujours, de quelque dionysie. Pour leur apprendre aussi à “ouïr avec les yeux”.” (1)

Je suis de culture musulmane. Mon intention n’est ni de choquer, ni de provoquer, mais plutôt de proposer une vision à partir de laquelle peut s’instaurer un dialogue “, déclare Zoulikha Bouabdellah en janvier 2015, suite à la polémique engendrée par l’une de ses oeuvres (Silence, 2007-2008) (2), lors d’une exposition, intitulée “Femina ou la réappropriation des modèles”, à Clichy-la- Garenne. Silence est une installation de tapis de prière (3). Le centre du tapis est découpé circulairement et contient une paire de chaussures féminines. Bien s&uci...

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