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Il n’est plus besoin de mettre aux fers pour que les regards se taisent à jamais. De nos jours, la censure n’a plus le visage officiel des systèmes autoritaires connus par le passé. L’autocensure a pris une telle place dans les imaginaires qu’il n’est plus nécessaire de recourir à la violence brute et épaisse d’un temps révolu. Des dynamiques orchestrées sous le manteau sont sans cesse en marche. Le non-dit ou le principe de l’évitement suffisent à noyer les questions qui fâchent, au point que les créateurs, les artistes, les chercheurs en sciences humaines, épousent d’eux-mêmes les contours d’une pensée consensuelle. Il faut bien vivre, dit-on. Et si ceux qui paient l’orchestre, choisissent le répertoire, la messe est peut-être déjà dite. D’aucuns se souviennent de Roland Barthes, qui, à son entrée au Collège de France, prétendait – en parlant du langage que le « fascisme » n’est pas « d’empêcher de dire », mais « d’obliger à dire ». Un comique de répétitions entretenu à la tête des nations africaines depuis les indépendances génère ses schèmes de construction et ses modes de fonctionnement, en autorisant à croire que le sentiment de survie permanent vécu par des citoyens au réel déconstruit est chose quasi normale. Le règne de l’argent, les dérives néo libérales qui en découlent, la diplomatie d’influence tapie dans l’ombre, la dictature du bon goût, souvent imposé depuis des contrées étrangères, relativisent de fait les formes d’indignation actuelle et conditionnent l’émergence de nouvelles batailles intellectuelles, permettant de reconquérir la dignité sensiblement perdue du citoyen africain.

Analyse

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Analyse

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Entretien

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Entretien

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Analyse

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Chronique

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Entretien

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Entretien

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Editorial

Il y a cette histoire que raconte Boubacar Boris Diop sur Jean Collin, homme de pouvoir, qui eut l’intelligence, au Sénégal, de ne pas interdire Le dernier de l’Empire, l’une…

Editorial

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