Le temps de l’Entertainment

La censure à l’heure du web, des intégristes et des frontières fermées ou comment retrouver le goût du subversif dans un monde miné par le divertissement. Entretien avec Daniel Brown, journaliste et vice-président de Freemuse, une ONG née au Danemark en 1998 – l’année où Matoub Lounès a été assassiné en Algérie. En Afrique, Freemuse est notamment connue pour avoir défendu Lapiro de Mbanga. Décédé, l’artiste avait été condamné à trois ans d’emprisonnement en 2008 pour une chanson, « Constitution constipée », réclamant la limitation du mandat présidentiel au Cameroun.

Africultures. Est-il encore possible de censurer la musique dans un monde où le web vous transfert un son à une vitesse que même les potentats locaux ont du mal à s’imaginer ? Daniel Brown. On peut répondre à cette question à deux niveaux. D’abord, en définissant ce qu’est la « censure », ensuite, en la replaçant dans le contexte du net. La censure, telle que nous l’abordons à Freemuse, est une attaque contre la liberté d’expression et relève de la Déclaration des droits de l’homme aux Nations-Unies (article 19). Pour les musiciens et l’industrie qui les entoure, cela implique la liberté de jouer dans des lieux aussi bien publics que privés. L’attaque contre le Bataclan en France est donc une atteinte à cette liberté. Il est aussi question de la liberté de circulation des artistes, de l’obtention des visas pour se produire dans des pays tiers. De la liberté de voir sa musique diffusé...

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