Petites et grandes histoires de censure

Un artiste noir, obligé de chanter derrière un rideau, pour ne pas se noyer dans la blancheur du public d’un soir. Les African Jazz Pionner, reproduisant dans Hosh – un morceau devenu mythique – les signaux que se font les clients d’un bar pour annoncer une descente de police dans les townships. Johnny Clegg, censuré pour avoir chanté Mandela déboulant sur la scène avec Sipho Mshunu à ses côtés, exprimant le désir de mixité grandissant de la société sud-africaine. C’était l’époque de l’apartheid. Un temps où les artistes du cru, comme ceux de toute l’Afrique et du monde entier trouvaient juste de célébrer la liberté, en se frottant au pouvoir, en pointant les dictatures du doigt, en éveillant les consciences de leurs concitoyens. L’Afrique du Sud au temps de l’apartheid n’est que l’exemple, bien sûr, d’un temps où la censure était une arme de destruction massive et de dissuasion, dirigée contre les artistes et leurs peuples. Une arme qu’il fallait déjouer ou affronter, de manière toujours radicale, en risquant sa vie et sa foi en l’espérance.

Nous parlons là d’un temps où les dictateurs du bon goût, homme de pouvoirs ou gardiens patentés de la morale, s’en prenaient, sans filet, aux artistes, en les emprisonnant, en les empêchant d’exister, de diffuser leurs oeuvres. Aujourd’hui, on se surprend à croire que toutes ces histoires sont bel et bien finies, bien qu’une ONG comme Artsfreedom.org parle d’une recrudescence des crimes de censure (1). On remarque surtout que la culture se noie se noie dans le divertiss...

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Lapiro de Mbanga emprisonné, novembre 2009
© Jen Bell
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