Vois-tu le petit bateau sur le mur ?

Éternel retour du rêve des autres, limitation des rêves de soi

Dans le domaine des arts du spectacle, l’évaluation de la liberté détermine les conditions de production d’une œuvre, la programmation et la circulation d’un spectacle, sa « représentabilité » en somme. Les artistes du continent africain sont quant à eux évalués, par facilité métonymique, à l’aune du classement de Reporters sans frontières. Et quand ils sont issus des derniers pays du classement, ces artistes jouissent d’une relation institutionnelle nourrie de rapports de pouvoir, hospitalière et morbide à la fois.

« Mais ainsi en a décidé le « bureau politique » de la DGCID. Coopération et développement ? Silence sur « 47 ». Censure sur le spectacle. Interdiction d’emmener cette parole dans les centres culturels africains et alliances françaises. Étouffer les mémoires pour perpétuer quelle tradition ? Quelle domination ? La France grande et rayonnante ? Mère du progrès et de la civilisation ? Ainsi, le spectacle ne peut tourner dans ces centres culturels, vitrines de la France et de sa capacité de dialoguer avec le monde, vitrines de sa culture, vitrines des cultures. Une vitrine, selon la DGCID, ne saurait comporter la moindre trace de salissure – ces pages sombres de l’histoire coloniale… (1) » Raharimanana, à propos de 47

Souvenons-nous des Printemps arabes de 2011 et de l’appétit des scènes européennes pour les artistes tunisiens et égyptiens. En 2006 déjà, le Corps otages des Tunisiens Jalila Baccar et Fadhel Jaïbi, interdit en Tunisie par la commission consultative dite d’orientation thé...

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Les images de l'article
Gungu la mcezo par Soeuf Elbadawi et Watwaniya le 13 mars 2009 à Moroni
© Saindou Kamal Eddine / Fonds Washko Ink
Amnesia de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar
© Mohamed Frini
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