Salim Ali Amir

Avec sa poésie urbaine et son esprit M’shago, Salim Ali Amir, dit-on, est revenu de tout. Môme, il était ténor des « Nad it Twalabate », une chorale religieuse. Au crépuscule de son adolescence, il traîne les pieds à l’UFAC, mouvement socioculturel dont le combat se confond souvent avec les slogans de l’anti-impérialisme révolutionnaire. Il fait partie d’une génération marquée par le projet du (msomo wa gnumeni »*, prôné par de jeunes leaders se revendiquant du communisme. Avec le temps, il est ensuite devenu l’archétype de l’artiste consensuel, qui dérange avec les mots sans vraiment bousculer les mentalités conformistes de la population. Dans ses textes, il fustige les délires de ceux qui tiennent le pouvoir, prend position pour les jeunes exclus du système, tire à vue sur la coutume, allume ses compatriotes sur l’hypocrisie ambiante… Mais il reste aussi conscient des limites de son art. Il sait qu’il ne peut transformer toute une société à partir de ses textes. « Je n’ai pas une armée derrière moi pour faire la révolution » dit-il souvent. Il se revendique surtout d’une tradition d’artistes-témoins pour qui le chant est la meilleure façon de célébrer la mémoire de l’archipel. S.E.

* Culture nouvelle///Article N° : 2527 ...
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