La scène musicale à la recherche d’un nouveau souffle

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La musique est la forme d’expression artistique la plus appréciée du Comorien, tant et si bien qu’en comparaison, les autres pratiques artistiques ne ressemblent parfois plus qu’à des exercices de style visant à satisfaire les attentes de la masse ou du consommateur local.

Auteur d’une étude sur les fonctions sociales de la musique dans l’Archipel, l’anthropologue Damir Ben Ali raconte que « la musique est, pour le Comorien, un moyen de communication efficace et prestigieux. Au fil des siècles, les habitants de ces îles ont exprimé leur manière d’observer le monde, transmis leur expérience de la vie, de génération en génération, et exercé leurs talents artistiques et littéraires presque exclusivement par le chant et la danse« . (1) Que peut-on ajouter de plus à ce propos ? Sinon que le Comorien vit au rythme de son patrimoine musical. Patrimoine qui puise, comme le reste des trésors enfouis sous ces terres volcaniques, à de multiples sources. Monde arabe, Afrique noire, la lointaine Perse, la voisine malgache, la France coloniale… Il y a autant de genres que d’influences dans cette musique. La journaliste Sitti Saïd Youssouf use d’une métaphore « élastique » pour qualifier ce côté généreux de la musique comorienne. « Elle s’étire, écrit-elle, s’attarde, mélange volontairement les temps ou passe d’un registre à l’autre, sans heurts« .(2)
La musique et surtout le chant comme moyen d’exprimer sa vision du monde. Le Comorien ne s’en est jamais privé tout au long de son histoire. De la naissance à la mort, le son est là, bien présent dans le cercle familial ou élargi, et l’accompagne dans tous ses faits et gestes. Chants de parturition ou de circoncision, chant de métier et autres chants festifs… Il fut un temps, soutient Damir Ben Ali, où les lignages les plus prestigieux (Mafe ou mafani, selon la terminologie utilisée) fondaient leur village « autant sur un territoire que sur un corpus de chants« . La mémoire collective, y compris dans cette période contemporaine, est toujours inscrite à travers chants et musiques, allant jusqu’à concurrencer les médias dits de « l’époque moderne » tels que la presse écrite ou la radio. Le mpvandzi, (3) poète et compositeur à la fois, porté par une tradition qui l’affilie plus au monde de l’oralité, se reconnaît à travers la nouvelle génération d’artistes. Un des aspects de son travail que nombre d’entre eux ont repris se situe dans l’importance donnée aux mots, au détriment parfois de la musique elle-même.
Renouveler le texte est une nécessité absolue pour les auteurs-compositeurs, reprendre un genre musical tel que joué précédemment par un autre ne choque personne. Accusé de plagiat, un des chantres nationaux du twarab (genre très populaire) a répondu un jour par une boutade devenue célèbre depuis : « Une chanson ne peut ressembler qu’à une autre chanson, et non à une paire de fesses« . Ceci bien sûr ne concernait que les sonorités utilisées, et non le travail de l’auteur dans l’écriture de ses bouts d’histoires. Une star nationale telle que Salim Ali Amir (4) perpétue cette tendance, surtout lorsque sa musique ne puise pas dans le terreau national déjà bien établi (les nouvelles influences du zouk ou du reggae par exemple nourrissent son travail). Précisons cependant que le répertoire traditionnel offre une telle palette de sons authentiques que l’oreille, y compris étrangère, n’est jamais gagnée par la lassitude. Nous pourrions parler d’une véritable mosaïque sonore que les jeunes artistes gagneraient à redécouvrir ces derniers temps. Damir Ben Ali parle d’un « conservatoire » de la diversité. Un patrimoine dont l’inventaire est à faire, dans la mesure où de nouvelles mutations sont déjà en cours (l’importance grandissante du rap par exemple au niveau de la jeunesse (5) de la capitale).
A ce sujet, il arrive que des artistes aient du mal à distinguer ce qui est typiquement comorien de ce qui ne l’est pas. Difficile en effet d’expliquer les multiples héritages culturels qui vous construisent dans une société à tradition orale, lorsque les plus âgés ne peuvent plus en témoigner radicalement. Certains d’entre eux sont morts, d’autres ont du mal à s’adapter aux réalités actuelles. Les chaînes de transmission, permettant à l’histoire et à la culture de passer d’une génération à l’autre, se sont rompues. Certains témoignages radio d’époque ont été conservés mais mal. Les bandes enregistrées au temps de l’ORTF colonial (l’ancêtre de la radio nationale) ont subi les humeurs du temps. Ceux qui ont eu à conserver et à protéger ce patrimoine ont « failli » dans l’ensemble. Mais leur mission n’a pas toujours été simple, à cause d’un manque évident d’outils pour la mener à bien.
Résultat ? Les artistes peinent à vouloir se réapproprier le passé, faute de « traces » tangibles parfois. Il y a comme un vide qui plane sur une grande partie du patrimoine. Certaines pratiques instrumentales ont même aujourd’hui disparu. Le synthé et l’ordinateur sont en train de les remplacer dans la plupart des compositions contemporaines. Mais quelques artistes, tout en avouant leurs difficultés, s’évertuent à retrouver la puissance des rythmes et des danses d’antan. Baco par exemple cherche à renouer avec le gabusi (6) et à dresser un inventaire des pratiques percussives léguées par les anciens. Un travail de titan qui nécessite malheureusement des moyens que le pays n’est pas encore en mesure de lui offrir, ni à Mayotte où il est né [territoire français], ni dans le reste de l’Archipel [Mohéli, Anjouan, Grande Comore].
En attendant de trouver des réponses définitives à certaines interrogations posées par la fragilité apparente de ce patrimoine, une poignée d’artistes bidouillent – comme lui – les à-peu-près et les à-côtés, affirmant qu’ils sont cousins avec ceux-là, frères avec ceux-ci dans la longue chaîne des musiques du monde. Ce qui explique que leur musique soit ainsi, et pas autrement. La tonalité plurielle endossée grâce aux origines éclatées de cet héritage musical devient ainsi une force pour leur création. Sur le plan rythmique ou mélodique, le Comorien est fier de faire partie de la famille swahili, reconnaît ce qui le lie intimement aux Malgaches, imagine bien ce qui le rapproche des familles arabes du Golfe… Loin de lui l’idée de gommer l’une ou l’autre de ses « traces » qui contribuent à lui construire une pluri-identité sur le plan sonore. Au final, il sait qu’il est la suite vivante d’une longue histoire de mélanges, de rencontres et d’échanges. Ce qui est forcément une richesse, même s’il est vrai qu’il n’est pas toujours évident pour un artiste, évoluant dans le pays même, de valoriser de façon optimale ce legs, étant donné les conditions de travail.
Un seul artiste y est arrivé sur le long terme. Il a même fondé l’unique genre contemporain, se référant à ce patrimoine traditionnel, tout en partant vers les folksongs américains et en s’inspirant également des tendances en vogue de l’Afrique orientale (7) et de l’Océan Indien à l’époque : Abou Chihabi. (8) Son folkomorocean, (9) nom d’abord attribué à son groupe, avant d’être considéré par quelques critiques comme étant celui d’un genre entièrement abouti, a enfanté toute une génération d’auteurs-compositeurs aux univers acoustiques très particuliers et influé sur l’ensemble des acteurs de la scène musicale comorienne à des degrés divers. On ne compte plus les artistes qui se revendiquent de lui ou qui affirment lui devoir quelque chose. Boul, Nawal, Maalesh, Laher ou Baco, pour ne citer que quelques-uns des fleurons de l’avant-garde sur la scène nationale. L’aventure du folkomorocean a véritablement commencé dans les années 70. Abou est ensuite devenu le chantre de la révolution soilihiste, (10) avant de s’exiler pour des raisons notamment politiques. (11)
Les autres artistes de la scène comorienne se contenteront après lui, dans les années 80 et 90 surtout, de moderniser le twarab et le mgodro, tout en tenant compte de l’arrivée dans le paysage de nouvelles influences étrangères. Le genre twarab est apprécié dans les mariages, le mgodro de plus en plus dans les bals. Le premier est venu d’Afrique de l’Est au début du 20ème siècle, le second est issu des plantations coloniales du 19ème siècle. Nous pourrions citer Souleymane Mze Cheikh avec les albums Mwezi et Comoro’s ou Jean Remond Cudza avec son fameux tube « balahe m’limba » [extrait de l’album Tchopo]en exemples. Mais à part ces deux tendances marquées dans le temps, les artistes les plus en vue misent sur la variété. Ils jouent sur tous les registres. Mélange des genres et peu d’unité comme ce fut le cas dans une bonne partie du répertoire d’Abou Chihabi, sauf peut-être chez les quelques artistes qui revendiquent la filiation avec lui. La raison souvent invoquée pour expliquer ce phénomène est celle des goûts orientés ou formatés (?) du public. (12) Limité, restreint, plutôt attiré par le son étranger que par le son du terroir, le public comorien conditionne les choix d’artistes. Et pour vendre, ces derniers ne font pas dans l’audace. Ils écrivent des chansons pour séduire ce public, pas pour transformer les goûts du moment ou influer sur les tendances à venir. Une grosse vente nationale peut stagner autour des 2000 à 3000 exemplaires sur les six premiers mois de sortie : ce qui n’encourage pas à faire du zèle. Personne ne cherche à jouer au génie avant-gardiste. Et tant pis pour l’avenir de la création musicale. L’artiste peut être par ailleurs populaire grâce à la radio et ne pas vendre. Pour vivre, tous sont obligés de pratiquer une seconde activité. Rares sont ceux qui vivent du métier de compositeur ou d’interprète.
Le pays en est encore au stade de l’artisanat en matière de musique. Faire peu et plaire quand même : voilà ce que prêchent comme voie la plupart des artistes. « Si le consommateur veut du zouk, on lui offre du zouk. S’il veut du reggae, on lui sert du reggae« . L’essentiel est que le succès soit au rendez-vous Une situation qui pousse certains à partir chercher leur chance ailleurs, à défaut d’une dynamique sur place, susceptible d’imposer de vraies carrières sur la durée. Pourtant, ces dernières années ont vu fleurir les studios d’enregistrement dans l’Archipel. Studio1, Majestic et Océan pour la seule île de la Grande Comore, Cachou à Anjouan, M’vangate à Mayotte, sans oublier Laher en région parisienne… Mieux : les structures d’accueil du spectacle vivant ont commencé à se professionnaliser. Al-Camar, les Alliances françaises, le CMAC tissent des liens entre les îles pour soutenir ce qui s’y produit. Le microcosme se cherche un nouveau souffle, qui lui permettrait de rallier le train des musiques du monde au plus vite. Et surtout pour briser l’isolement insulaire : seul moyen susceptible de casser le diktat imposé par un marché capricieux et restreint. A Paris et à Marseille, des artistes essaient d’impulser une dynamique communautaire. La diaspora comorienne en France étant importante, elle pourrait devenir un marché « intermédiaire » dans les années qui viennent, en permettant de faire le lien entre les artistes restés au pays et le public plus large des festivals et des labels occidentaux. Dans cette perspective, des artistes comme Nawal,, Djama, Gam Gam, Laher ou Baco font le va-et-vient entre les îles et l’ancienne métropole.
D’autres phénomènes se sont fait jour récemment. Les enfants de la diaspora comorienne en France ou les Comoriens partis en Afrique s’inventer un destin reviennent en quête de racines au pays des ancêtres. Rohff, meilleure vente de rap français, s’est mis, à l’instar des Marseillais du groupe 3ème Oeil, à revendiquer son appartenance à l’Archipel. Il vient de poser sa voix sur le dernier album de Chamsia Sagaf, une des premières Comoriennes, avec Nawal et Zaïnaba Ahmed, à s’établir en professionnelle. Wanamah, jeune rasta d’origine, ayant remporté un grand succès en Afrique de l’Ouest, vient de rentrer au pays pour se ressourcer. Momo, star nationale au Botswana, sous contrat avec EMI, souhaite retrouver son pays natal, d’où il est parti au début des années 90. Des événements de nature à remonter le moral des artistes locaux. Cela achève de les persuader qu’une carrière à l’étranger est possible. Sous la bannière nationale.
Restent les autres interrogations. Comme celles relatives aux droits de l’artiste. Le piratage fait rage dans le pays. Il n’y a pas d’organisme pour lutter contre le phénomène. Sur le plan juridique, il n’existe aucune loi en faveur de ceux qui font la musique. A la radio ou à la télé, aucune dîme n’est payée pour diffusion d’œuvre de création. « Au contraire, racontait l’écrivain Aboubacar Saïd Salim un jour, ce sont les musiciens qui paient des bahshish (13) pour passer à la radio« . Ou qui misent sur leurs relations les plus influentes pour mériter un passage dans un média quelconque.
Un autre problème de pillage : le respect du droit moral, lorsque les textes ou la musique appartiennent déjà au patrimoine ou à un artiste vivant. Salim Ali Ali Amir et Chihabidinne Abdallah de Studio 1 se plaignent ainsi de l’attitude de Chamsia Sagaf, qui, après leur avoir commandé des musiques et des textes, oublie de les créditer dans ses albums. Comme s’il s’agissait d’œuvres lui appartenant. Souleymane M’ze Cheikh, (14) lui, entend engager des poursuites contre l’un de ses anciens collaborateurs, le franco-camerounais Olivier N’gog, qui a sorti, après avoir vécu un temps aux Comores, un album sous le nom de Ol – album dans lequel il reprend une berceuse réarrangée du chanteur comorien, en ne lui créditant que le texte et en se déclarant compositeur de la musique. Pour régler ces problèmes, une seule possibilité : la Sacem et le droit français. Des frais et des va-et-vient certains entre Paris et Moroni. Mais pour quelle finalité dans un segment de marché si peu rentable ?

1. Musique et société dans l’Archipel des Comores, mémoire soutenu par Damir Ben Ali à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) à Paris en 1982.
2. Extrait du n°16 de Revue Noire de mars-avril-mai 1995, consacré à l’Océan Indien.
3. De upvandzi, pratique poétique qui regroupe des chants profanes ou sacrés.
4. Adere Chanfi, l’un des compositeurs les plus représentatifs de cette tradition à la Grande Comore, est issu du mouvement Msomo wa gnumegni. C’est à ses côtés que Salim Ali Amir a fait ses premiers pas.
5. Rap et R’n’B. Avec comme chef de file Cheikh MC.
6. Instrument à cordes traditionnel, fait avec une caisse de résonance en bois, que l’on joue notamment dans des rituels de possession.
7. « Si je chante, c’est aussi pour m’exprimer au nom de mon peuple, pour parler de ses problèmes. C’est un rôle que chaque artiste devrait remplir », disait-il à l’époque.
8. Né dans les années 50, cet ambassadeur de la chanson moderne comorienne entame sa carrière musicale dans l’adolescence et se fait vite une réputation de « Bob Dylan tropical ». En plus d’être le père du Folkomorocéan, il aura composé le premier hymne national, au lendemain de l’indépendance. Sur la route de l’exil, il passe par la Tanzanie, le Sénégal, le Canada… En 1980, il s’installe en France par amour d’une femme. Consacré par les auditeurs de Radio France Internationale en 81 lors du concours Découvertes, salué par une critique unanime sur son talent depuis, devenu une sorte de « bohème parisien » entre-temps, il n’a sorti son premier album qu’en 1997, après s’être longtemps méfié des us et coutumes de l’industrie musicale. Plus de 200 compositions pour plus de 25 ans de carrière, Abou Chihabi souhaite aujourd’hui insuffler une nouvelle vie à sa musique.
9. Pour Abou Chihabi, le « Folkomorocéan est une musique qui vient des Comores mais qui appartient à toute l’océan, parce que je trouve que l’océan n’a pas de frontières. C’est une musique de voyages, qui ignore les barrières entre les peuples, même si elle part de l’Océan Indien et de l’Afrique sur le plan rythmique. C’est une musique d’ouverture. C’est comme ça que je l’ai voulue ».
10. Dans une préface, Jean-Luc Sibertin-Blanc parle de la musique de Abou en ces termes : « Ses chansons sont traversées d’une douleur, celle qui coupe, sépare, oppose : « Quand donc serez-vous réunis ? ». Des chants en shingazidja non violents, même dans la dénonciation, préférant rappeler qu’il faut parfois accepter de faire face à ses responsabilités. Son univers est délicat, rafraîchissant, éthéré, léger, apaisé. Abou, musicien autodidacte, nourri par les chants et les danses qui rythment la vie, est avant tout un homme libre ».
11. Le journaliste comorien Ali Moindjié dans une livraison du magazine Le Comorien écrit : « Le coup d’Etat de 1978 qui dépose le président Ali Soilih aux Comores, Abou le vivra comme un drame à plusieurs dimensions. L’hymne national dont il était l’auteur est banni, sans que l’on sache pourquoi. Les mercenaires s’installent dans le pays. Ses instruments ont confisqués. Abou choisit l’exil. Deux en Afrique. Deux ans de galère. Puis Paris où un journaliste lui parle du concours RFI Découvertes… Sa chanson « Viva Komoro » est alors plébiscitée par 80 millions d’auditeurs ».
12. Un public peu évident à séduire. « Tu joues un concert payant, tu as cinq personnes dans la salle, sauf quand tu es une star nationale. Et il n’y en pas beaucoup. Les gens préfèrent la radio. C’est gratuit. Copier. Pirater. Mais ils ne viendront pas au concert. Les gens qui viennent au concert […] viennent pour l’ambiance de la foule. Ils viennent voir les copains, reluquer les filles. C’est un prétexte pour se voir […] Lorsque tu joues, que l’ambiance est ailleurs, dans une boîte de nuit par exemple, tu n’auras personne au concert. Donc quand tu joues, tu choisis un jour où il n’y a rien de prévu. Pas de fête traditionnelle, pas de manifestation gratuite, pas de meting politique, pas de mariage » explique Souleymane M’ze dans le n° 14 de la revue Africultures sur la question des rapports de l’artiste avec ce public.
13. Bakshish.
14. Souleymane M’Ze Cheikh fait partie de ceux qui se battent pour l’existence d’un organisme de droits d’auteurs aux Comores. Dans le n° 14 de la revue Africultures, il nous confiait ceci : « C’est notre rêve à tous […] J’ai déjà essayé d’intéresser l’opinion au problème. J’avais même des amis députés à qui j’ai suggéré de proposer une loi nous concernant à ce sujet. Nous, les artistes, on participe à leurs meetings pour attirer du monde, on joue pour les œuvres de bienfaisance en faveur de la collectivité […] On rend service à la société mais il ne faudrait pas que ce soit à sens unique. Donc je leur disais… qu’en tant que députés, ils pouvaient proposer une loi qui favorise cette notion des droits d’auteurs dans le pays. Pour nous, ce serait vraiment un encouragement. […] Mais non ! Rien ! Ce n’est pas une priorité pour les députés, ni pour personne d’autre. Un office défendant les droits d’auteurs aux Comores, c’est une utopie. Personne ne veut y croire, même parmi les musiciens. Alors que c’est à nous de changer ça ».
Petite sélection d’albums à découvrir :
– Folkomor Ocean de Abou Chihabi (Playa Sound/ auvidis distribution),
– Hiriz – Questions de Baco (Cobalt/ Mélodie),
– Wassi Wassi de Maalesh (Mélodie distrib.),
– Le peuple bouge de Djama (Jah’min Records/ Media7/ ARM),
– Retour aux sources de M’toro Chamou et les Watoro (Lanis Production),
– Kweli de Nawal (Mélodie),
– Shiyengo de Salim Ali Amir (Studio1/ Cmac),
– Chamsi na Mwezi de Boina Riziki et Soubi (Dizim Records),
– Sambe-Comores de Sambeco, Belle Lumière, Taanchik, Hiyari Nour et Zaïnaba (Dizim Records),
– Comoro’s de Souleiman Mze Cheikh (Studio1 et Comores Mag pour la distribution).
Musiques traditionnelles des Comores en compilation (Buda Musique/RFI), 1998, est l’album de référence : du morceau Bweni Marie à M’doihepva en passant par Mwandzani, du dhikr soufi au m’godro des plantations coloniales en passant par le twarab aux origines afro-orientales, cet album raconte pour la première fois sur un support CD l’histoire des Comores à travers une trentaine d’années d’archives sonores, venant de Radio Comores pour la plupart. Une œuvre de mémoire qui donne une idée assez large des courants les plus populaires et les plus représentatifs du patrimoine musical de l’Archipel.///Article N° : 2526

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