[Revue Africultures ] Lignes de complexité

Et rapports de force dans la création

Évoquer la censure culturelle équivaut à parler d’une époque révolue. Pourtant, la fragilité des espaces d’expression laisse remonter un autre son de cloche. « La censure existe, brutale ou insidieuse, elle est d’abord économique, puis politique, ou les deux à la fois. Elle provoque l’autocensure chez tout créateur qui veut exprimer sa vision du monde, donner du sens à ses idées dans un monde, où les idéaux de l’homme, qui ont nom justice et égalité des droits, sont quotidiennement piétinés. Croire le contraire, c’est être naïf ou idéaliste.  » (1) Ces mots du réalisateur Med Hondo remontent à plus de vingt-cinq ans. Les remettre dans un débat, aujourd’hui, pourrait sembler anachronique à beaucoup. Nabil Ayouch, dont le dernier film Much Loved a été interdit de circulation au Maroc, nous dit d’ailleurs que la censure aujourd’hui ne présente « aucun intérêt« , en tant que telle. Des cas de censure sont pourtant régulièrement recensés dans différents pays d’Afrique. La fermeture par les autorités de deux expositions, évoquant l’homosexualité, en marge du Dak’Art 2014, est significatif du fait. Elle exprime surtout une «  faiblesse » de la part d’un État sénégalais face aux attaques d’un obscur collectif de défenseurs des valeurs morales. Une victoire certaine pour les défenseurs du politiquement correct, mais une vraie régression pour les défenseurs de la liberté de création. Il est vrai que le mot censure tend à disparaître des discours officiels, alors mê...

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Les images de l'article
Version soft, tirages gélatino-argentiques, 80 x 60 cm et 120 x 80 cm
© Hicham Benohoud
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