“La littérature ne fait plus peur”

Romancier et essayiste, Boubacar Boris Diop a longtemps exercé le métier de journaliste. Engagé dans la valorisation des langues africaines, il a publié plusieurs romans en wolof et dirige actuellement une collection aux Éditions Zulma de romans traduits dans cette langue. Il a également ouvert une maison d’édition et une librairie à Saint-Louis du Sénégal avec l’écrivain Felwine Sarr. Acteur et observateur de la scène littéraire d’Europe et d’Afrique du l’Ouest, il partage ici sa réflexion.

Africultures. Nous partons du postulat qu’en 2016 la censure s’exprime davantage par l’expression d’une autocensure qui oriente les esthétiques et les prises de paroles des artistes et des intellectuels africains, sous le poids de dominations économiques et de diplomaties d’influence. Boubacar Boris Diop. La littérature, partout dans le monde, a énormément perdu de son impact. Il y a eu un moment où les grandes voix étaient celles d’écrivains. Aujourd’hui, ce n’est absolument plus le cas. Sans doute parce que la scène de l’histoire est devenue beaucoup moins lisible. Il était facile de choisir son camp à l’époque de la lutte anticolonialiste, de la Guerre Froide, de la lutte contre l’apartheid ou du mouvement américain pour les droits civiques. Il est moins aisé à l’heure actuelle de savoir quoi penser exactement, si on veut analyser les événements internationaux de manière honnête et équitable. Tout va en effet très vite, un carnage terroriste chasse l’autre. Et cela ne laisse à personne le loisir de s’...

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Les images de l'article
Ken Saro-Wiwa, discours devant le peuple Ogoni
© Greenpeace / Lambon
Boubacar Boris Diop
© Sophie Bachelier
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