La littérature africaine et l’Expédition rwandaise

En 1998, le poète Nocky Djedanoum organisa un voyage au Rwanda avec plusieurs écrivains et un cinéaste africains, afin de réaliser différents ouvrages et un film sur le génocide des Tutsis et des Hutus modérés 4 années plus tôt. Le but de M. Djedanoum, un Tchadien vivant à Lille, où il dirige la foire annuelle du livre Fest’Africa, était de rompre le silence des écrivains et artistes africains quant aux violations des droits de l’homme en Afrique. Djedanoum et ses compagnons de voyage ont présenté leur projet comme ” un devoir de mémoire d’écrivain africain “, pensant que l’art, en pérennisant le souvenir du génocide, a la capacité de guérir les gens, d’empêcher les violences ethniques et de contribuer à la réconciliation des différents groupes. Outre Djedanoum, faisaient partie du voyage : Tierno Monenembo (Guinée), Boris Boubakar Diop (Sénégal), Veronique Tadjo (Côte d’Ivoire), Abdourahman Waberi (Djibouti), Monique Ilboudo (Burkina Faso), Koulsy Lamko (Tchad), François Woukouache (Congo), et Jean-Marie Rurangwa (Rwanda).

L’Expédition rwandaise des écrivains africains soulève un certain nombre de questions importantes pour les artistes et intellectuels africains vivant en Afrique et à l’étranger aujourd’hui. Il y a d’abord la question de l’implication politique vue comme un devoir moral pour l’artiste, à une époque de violations massives des droits humains, non seulement au Rwanda, mais aussi en Sierra Leone, au Soudan, en République Démocratique du Congo et en Côte d’Ivoire. Que p...

Connectez-vous pour lire la suite de l'article...
Si vous avez déjà un compte client sur Africultures vous pouvez saisir vos paramètres d'identification :

Si vous n'êtes pas encore abonné à la revue AFRICULTURES, vous pouvez le faire en cliquant sur Adhérer.
Partager :

Laisser un commentaire