« Censurer c’est infantiliser »

Présenté lors de l’édition 2015 du Festival de Cannes, Much Loved, le dernier film du franco-marocain Nabil Ayouch, a déclenché une vague d’hostilités au Maroc. Les pétitions pour l’interdiction du film, qui met en scène le quotidien de quatre prostituées, se sont multipliées dans le royaume. La réaction du gouvernement ne s’est pas faite attendre. Le film a été interdit de diffusion le 25 mai 2015 par le ministère de la Communication, au motif qu’il représentait « un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et une atteinte flagrante à l’image du Maroc. » Au pouvoir des autorités s’ajoutait une « dictature populaire des réseaux sociaux ». Et les décisions des premières pouvaient parfois faire écho aux soubresauts de la seconde.

Africultures : Deux de vos films ont été censurés par les autorités marocaines : Une minute de soleil en moins (2003), et plus récemment Much Loved (2015). Comment interpréter une telle interdiction, à l’heure où la circulation des oeuvres prétend se jouer de toute censure ? Nabil Ayouch : Censurer une œuvre, aujourd’hui, ne présente absolument aucun intérêt. Et ceux qui ne l’ont pas compris, n’ont rien compris. Au Maroc, comme ailleurs, les films sont pour beaucoup piratés. Et le piratage est une voie de contournement de la censure. Mais l’on ne peut s’en satisfaire. Personnellement, je fais des films pour les assumer, pour qu’ils sortent officiellement, dans les conditions de respect de l’œuvre et pour qu’ils soient vus...

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