La censure au cinéma, de Hollywood à Dakar

Régenter l’expression de la pensée n’est pas né avec le celluloïd. “Il existait à la cour des empereurs byzantins des silenciaires officiels. Ils avaient pour fonction de faire taire les perturbateurs de tous ordres, afin que règne la seule pensée établie ” écrit Michel Maffesoli (1). Analyser la censure (surnommée Dame Anastasie, sainte patronne représentée avec des ciseaux) (2) au cinéma nécessite de prendre en compte l’histoire, le contexte du pays et du film, la dimension sociologique de l’artiste, au sein de la société.

Le cinéma provoque la suspicion, et ce, dès les Kinétescope Parlors (en 1893), avec lesquels le spectateur, individuellement, regarde penché dans une boîte. Le véritable et premier acte de censure au cinéma est provoqué par une Africaine aux États Unis : Fatima Djemille. La longue file masculine, surexcitée et attirée par le mystère de cette boîte et l’attrait de cette femme, a entraîné l’intervention de la police. Les déhanchements de la danseuse égyptienne rameutaient une foule d’hommes. Le résultat ne s’est pas fait attendre ! De larges bandes horizontales à hauteur de hanches et de seins ont strié l’image, afin de donner un voile de pudeur à son énergique danse du ventre. Filmé lors de la Foire internationale de Chicago en 1893 par Thomas Edison, Fatima’s Coochie-Coochie Dance est le premier casus belli contre le cinéma. D’autres cas – certains plus fameux que d’autres, en fonction des différentes commissions de censure 3 – suivront ...

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