Artiste, tu chanteras pour la paix

Mise à mal, la musique malienne ? La crise politique, qui a frappé le pays en 2012, l’a signalée, en victime d’une censure implacable, auprès des médias français. Les djihadistes, qui occupèrent alors les régions de Gao, Kidal et Tombouctou, placèrent l’expression musicale dans la liste des interdits, au nom de la charia. Il y était question d’une censure autoritaire, sans concessions, aussi implacable que cette menace de djihadiste, à l’encontre d’un musicien : « Si jamais il se montre dans les parages, nous lui couperons les doigts dont il se sert pour jouer cette guitare« (1). Mais force est de reconnaître qu’on parle moins de celle, insidieuse, qui se nourrit d’honneurs et d’ambiguïtés, sous couvert de résistance. Qui assigne un rôle de conciliateur aux artistes et qui ne leur autorise qu’un seul discours, celui pour la paix.

Pour survivre au déluge, la musique malienne a dû parfois s’exiler. Et cet exil transporte son lot d’histoires et d’émotions, qui, sous la plume des journalistes, se finit en de multiples fragments de récit à consonance politique. De là, cette religion vouée à la paix dans les textes. Comme si les artistes, se considérant « ambassadeurs du pays », n’imaginaient pas de jouer ou de chanter sur quelque autre sujet. Question de solidarité et de résistance. D’économie, également. La « posture pour la paix » s’avère payante dans un contexte de crise, où les tournées extérieures sont d’une nécessité imparable. Elle permet de séduire un public large, situé hors des fronti&egra...

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