De la vanité du corps

Mwanadamu ziwungo : le corps fait l’homme… Ainsi pourrait s’exprimer la relation au corps dans une société comorienne où, écartelée entre une modernité soumise au modèle dominant de la culture occidentale et un archaïsme supposé des valeurs traditionnelles héritées des cultures afro-bantu et arabo-musulmane, la réalité sociale s’épuise à brûler les repères pour les générations actuelles.

Les Comoriens sont musulmans sunnites, malgré leurs penchants légèrement animistes. Le temps de la vie selon eux se divise religieusement en deux mouvements. Un premier mouvement concerne la vie sur terre. Il conditionne le second, qui se représente uniquement dans l’au-delà. Entre les deux, la mort s’immisce pour rappeler à l’homme entre autres choses que son être physique n’est rien d’autre que la représentation d’une volonté divine. Le corps humain n’est qu’une possibilité établie par le Seigneur. Sans lui, il ne serait question que de poussières. Car ce corps, que l’homme ne maîtrise pas toujours, symbolise son altérité par excellence. Ce n’est qu’une enveloppe. Un simple paravent. Seul compte son âme et sa conscience qui viennent saluer les deux mouvements précédemment décrits. Sur le plan social, le comorien en tant qu’individu existe de par ses origines, son appartenance au groupe, au village, au clan, et non de par son corps. Ce qui le fonde en tant qu’être accompli résulte de ses actes par rapport aux limites imposées par la société qui l’entoure, le juge, le forge...

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