De quelques points de vue décentrés

Penser le Coran de Mahmoud Hussein et Quelle heure est-il là-bas ? Amérique et islam à l'orée des temps modernes de Serge Gruzinski

Le sens commun se fonde aisément sur des représentations de soi et des autres bien infondées, s’égarant entre les divers modes qui les façonnent : présentation, manifestation, intuition, certitudes ancrées par la transmission, analyses paresseuses. La vérité se défait dans le vraisemblable et dans la réduction de l’idée à la croyance de ce qu’elle pourrait être. Il en reste dans les soirs d’anomie morale comme un goût de cendres dans la bouche. Parmi les représentations les plus informes celles qui touchent au sacré sont sans doute les plus atteintes, tant elles deviennent vite l’objet de ces savoirs irréfléchis et de ces réductions administrées comme des claques, de manière magistrale. Ainsi Le Coran, dont la lecture en traduction n’est pas, on le sait, particulièrement aisée. Sous le pseudonyme de Mahmoud Hussein, Baghat Elnadi et Adel Rifaat, poursuivent le patient travail d’explicitation des modalités de lecture du Saint Texte qu’ils ont entamées il y a quelques années, explicitation qui s’appuie également sur le support du film documentaire, dont certains ont été programmés sur les chaines de télévision de nombreux pays. Ces travaux de présentation du Coran constituent aussi le soubassement d’un projet ambitieux, qui consiste à établir des passerelles entre les mondes. Au-delà de ce rapport à la foi décliné dans un spectre élargi tout autour de la planète, c’est aussi la représentation même du monde qui est en jeu. Or celle-ci a également été produite dans l’histoire. Comme l’é...

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