« La pensée de Glissant demande à être lue avec patience »

Entretien de Boniface Mongo-Mboussa avec Alain Ménil

Ce qui frappe lorsque l’on vous lit, c’est la structure du livre. L’approche est davantage dialogique qu’hagiographique comme dans certains textes sur Glissant. Et on se dit quel dommage, ce livre aurait dû paraître du vivant de Glissant. Depuis combien de temps travaillez-vous sur cet essai ? On peut aborder un auteur aussi riche que Glissant de tant de façons, que je ne saurais prétendre avoir trouvé l’unique façon de le faire. Mais que ce livre soit, comme vous dites, plus dialogique qu’hagiographique tient à ma conviction profonde qu’écrire à propos d’un auteur n’a aucun sens s’il s’agit de le répéter : autant le lire. Et comme j’ai fait mien le souhait qu’un jour Deleuze exprima à propos des auteurs qu’il admirait – n’écrire rien qui leur soit indigne – j’espère que c’est ici le cas. Et le mieux est d’éviter l’éloge paresseux, toujours quelque peu entaché de flagornerie. Il me semble, au contraire, que la pensée de Glissant demande à être lue avec patience, et pour cela, il faut l’interroger. Une réelle intelligence des textes implique que l’on se mette d’une certaine façon à leur école, mais aussi qu’on les discute, qu’on pousse leur logique au plus loin, jusque dans leurs retranchements. Mais dialogique, la pensée de Glissant l’est déjà – il suffit de suivre le dialogue qu’il poursuit toute sa vie avec certaines œuvres pour s’en convaincre. Ce serait alors indigne de se transformer en thuriféraire. Le succès que rencontrent aujourd’hui les deux notions qu’il n’a eu de cesse de d&eac...

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Les images de l'article
Alain Ménil
© Steeve Bauras adagp
Portrait d'Édouard Glissant
© Jean-Luc Laguarigue
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