Aimé Césaire, Adieu au Nègre Majuscule

Je pleure Aimé Césaire aujourd’hui. C’est l’heure où j’ai autant envie de garder le silence car tout ne peut être dit de ce qui n’est pas chanté dans le chant. Je pleure Aimé Césaire aujourd’hui… J’entends les démons vibrant de mort qui versent la mort sur l’homme. J’entends le vent d’îles, “la brise de mer est sur les cayes”. La Martinique, caye qu’il a tant aimée et parcourue au gré des chemins-chiens. Mais la naissance, la vie, la mort et la résurrection du poète agrandissent son île à la démesure de l’univers. Ce qui me rend son île encore plus proche, c’est la lutte que mène son peuple pour la survie en un étrange combat, subtil et raisonné selon moi, en “pays dominé”, au moyen des “armes miraculeuses” qu’a fondues le poète. Et j’ai nécessité de dire combien nous chérissons la valeureuse Martinique dont beaucoup d’Haïtiens sont originaires y compris le plus sanglant de nos dictateurs. Et j’ai besoin de chanter qu’elle a fait don à notre histoire de tant de héros venus combattre à Saint-Domingue, à Savannah, au Venezuela pour la liberté. Et j’ai matière à louanger le président Lysius Félicité Salomon qui fit venir en Haïti, à la fin du 19ème siècle, plus de 1500 professeurs de la Martinique avec leurs familles, dans le cadre de la politique de modernisation de l’éducation. Et j’ai honneur respect à trouver un jour, par une ironie de l’Histoire, la tombe d’un aïeul emporté par la malaria, enterré au cimetière de Fort-de-Fr...

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