Aimé Césaire, Poésie, théâtre, essais et discours

Note de lecture

Lire hors-ligne :

Une édition complète et critique de l’œuvre d’Aimé Césaire était attendue depuis environ une dizaine d’années. Celle-ci, Aimé Césaire Poésie, Théâtre, Essais et Discours, se veut, en outre, « génétique ». Elle offrira certainement un outil de travail appréciable puisqu’elle réunit, non pas l’œuvre complète de Césaire, mais un grand nombre de ses textes importants. On ne peut, cependant, s’empêcher d’être critique selon Kora Véron Leblé, auteur par ailleurs de l’ouvrage Les Écrits d’Aimé Césaire – Biobibliographie commentée (1913-2008) paru aux Éditions Honoré Champion en 2013. Une analyse critique, matière à débats.

Le volume
L’ouvrage, 1740 pages sans compter les index, s’organise génériquement, comme son titre l’indique. Dans la section « poésie », on trouve quatre versions de Cahier d’un retour au pays natal : dans les éditions de Volontés (1939), de Brentano’s et de Bordas (1947), et de Présence africaine (1956), avec la reprise de « En guise de manifeste littéraire », poème de Césaire dédié à Breton, publié dans le cinquième numéro de la revue Tropiques, en avril 1942, dont certaines parties furent intégrées aux éditions de 1947 ; Les Armes miraculeuses, dans la version de sa première édition chez Gallimard, en 1946 ; Soleil cou coupé, paru en 1948 chez K éditeurs ; Corps perdu, dans sa version initiale de 1950, chez Fragrance, sans les illustrations de Picasso ; Ferrements de 1960 et moi, laminaire… de 1982, parus au Seuil ; Comme un malentendu de salut, publié dans La Poésie, en 1994 ; et enfin les poèmes de Noria, non repris dans moi, laminaire…, publiés dans les Œuvres complètes, chez Désormeaux, en 1976, mais repris ici de leur réédition dans La Poésie. Pour le théâtre, le livre propose le tapuscrit de Et les chiens se taisaient, datée de 1943, et son édition de Présence africaine, en 1956 ; La Tragédie du roi Christophe, dans sa version de 1963, parue chez Présence africaine ; Une Saison au Congo, de 1966, et Une Tempête, de 1969, dans leur version parue au Seuil. Suit un choix restreint d’ « essais et de discours » et quelques articles contextuels.
Considérons quatre catégories : textes inédits, textes difficilement accessible, textes accessibles, textes absents du volume.
Dans la catégorie des textes inédits, on est heureux de voir figurer la première version de Et les chiens se taisaient, dont le héros était Toussaint Louverture. Le tapuscrit annoté avait été retrouvé par Alex Gil à la Bibliothèque de Saint-Dié des Vosges, et chacun pourra maintenant le consulter. Cette catégorie se résume à ce texte.
Dans celle des textes difficilement accessibles, si l’on prend comme critère les textes pour lesquels Les Écrits d’Aimé Césaire – Biobibliographie commentée, paru aux éditions Honoré Champion en mai 2013, ne signalent qu’une seule édition préalable, on peut trouver :  » Le message de Péguy » (1303-1309), « La Martinique telle qu’elle est », bien que le texte soit disponible dans The French Review(1) (1573-1584), et la traduction de « Strong man », poème de Sterling Brown (1602-1612), liste à laquelle on peut ajouter la version du Cahier publiée chez Brentano’s.
La plupart des textes publiés fait donc partie de la troisième catégorie, celle des textes accessibles, du moins en bibliothèque. Mais ils sont ici réunis, et c’est commode.
La dernière catégorie, celle des textes absents du volume est bien représentée car les œuvres publiées sont loin d’être complètes. C’était inévitable : l’ouvrage Les Écrits d’Aimé Césaire – Biobibliographie commentée pèse plus de 900 pages et près de mille notices, chacune d’entre elle référençant souvent plusieurs versions différentes du même texte. Il aurait été par conséquent impossible d’éditer, en un seul volume, tous les textes identifiés dans Les Écrits. Il aurait été possible cependant de faire paraître plusieurs tomes, ou d’opter pour une édition électronique mieux adaptée à un tel projet.
Les principes éditoriaux en question
En l’état, on aurait aimé connaître les critères de sélection de l’équipe. Pourquoi tel discours de Césaire sur Schœlcher, et pas un autre ? Pourquoi pas le magnifique « Discours à la jeunesse »(2) de juillet 1945 ? Pourquoi pas les poèmes publiés en revues, mais non repris dans les recueils ? Pourquoi pas les interventions de Césaire à l’Assemblée nationale, ou du moins les principales, comme le discours du 12 mars 1946(3), quand l’orateur intervient en tant que rapporteur de la loi de départementalisation, et qui est sans doute l’un des discours politiques les plus importants prononcés par Césaire ? Cette absence de justification est d’autant plus troublante que l’essai historique de Césaire : Toussaint Louverture. La Révolution française et le problème colonial(4), paru en 1960, est absent du volume. Or, personne ne peut considérer qu’il s’agit d’un article mineur, publié dans une revue confidentielle.
La page de couverture promet une édition critique. Le lecteur s’attendait donc à trouver des notes denses et précises, du type « Pléiade », conformément aux principes de l’Institut des textes et manuscrits modernes : « Le premier axe consiste à constituer progressivement, dans le cadre éditorial des Éditions du CNRS, et plus précisément dans la collection « Planète libre » créée pour ce projet, une édition de référence, une « Pléiade » des écrivains francophones ». La collection obéit donc « à un cahier des charges rigoureux : établissement des textes d’après les manuscrits, apparat critique conséquent (notices explicatives, variantes du texte), prise en compte de la réception de l’œuvre… » (5).
Ces principes, pourtant, ne sont pas vraiment respectés. Le volume offre bien des introductions, un lexique, quoique mince et essentiellement repris de glossaires déjà édités, mais un appareil critique digne de « La pléiade », on peut en douter. C’est que l’accent serait mis sur la génétique. Soit. Mais alors le lecteur se demandera pourquoi l’édition ne propose aucun manuscrit ou tapuscrit (à l’exception notable de Et les chiens se taisaient), même quand ces éléments étaient disponibles, ce qui est plus souvent le cas que l’équipe ne le suggère. Il aurait été pourtant utile de donner à tous la chance de lire le tapuscrit corrigé à la main de Cahier d’un retour au pays natal, conservé à la bibliothèque de l’Assemblée nationale, par exemple. Il y a peut-être des raisons à ce choix, mais elles ne sont pas explicitées. La seule que j’ai pu trouver, relative aux manuscrits et tapuscrits de moi, laminaire… déposés par Lilyan Kesteloot à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, et reproduits dans son livre : Introduction à Moi, laminaire…(6), serait que : « le protocole génétique et éditorial adopté rend l’exploitation scientifique de ce livre délicate » (609).
Les dossiers génétiques
Aimé Césaire Poésie, Théâtre, Essais et Discours est paru environ sept mois après Les Écrits d’Aimé Césaire – Biobibliographie commentée. Le travail d’identification des textes était donc fait, et je n’ai pas trouvé une seule référence nouvelle dans Aimé Césaire … L’équipe a pourtant eu en main Les Écrits, comme en témoigne, la note de Daniel Delas (37), et la présence de l’ouvrage dans la bibliographie (1756).

On peut donc s’interroger sur les nombreuses lacunes des dossiers génétiques. Je ne prends qu’un seul exemple pour illustrer ce propos : « Parcours »

 » Parcours » dans Les Écrits, p. 651 :
« 1989/5/29-B « Parcours »
a) Aimé Césaire. Le poète dans la cité. Catalogue de l’hommage rendu à Césaire au Centre national des lettres, à Paris, du 13 juin au 8 juillet 1989, et en Avignon à « La Poésie dans un jardin », du 12 juillet au 3 août 1989. Conception Marie Jouannic. Réalisé en Avignon par Saluces, 29 mai 1989 [non paginé].
b) Manuscrit reproduit dans Festival d’Avignon 89, Actes Sud-Papiers, 1989, p. 93.
c) Autrement, « Antilles. Espoir et déchirements de l’âme créole », octobre 1989, p. 207.
d) Po&sie, n° 50, 4e trimestre 1989, p. 3.
e) Ausculter le dédale. Robert et Lydie Dutrou éditeurs, « Les cahiers d’art de la Puisaye », 20 décembre 1991 [non paginé].
f) Jacqueline Leiner, « Aimé Césaire. Le terreau primordial », Études littéraires françaises, n° 56. Tübingen : Gunter Narr, 1993, p. 6.
g) La Poésie. Seuil, 1994, p. 498.
h) « Poèmes retrouvés », Autre Sud, n° 29, juin 2005, p. 13. »

Et « Parcours » dans Aimé Césaire Poésie, Théâtre, Essais et Discours, p. 743 :
« L’atelier Dutrou a publié ce poème en 1993 dans une édition de luxe à laquelle nous n’eûmes pas accès [.]
. « Parcours », Po&sie, n° 50, 1989, p. 3. C’est le premier de la suite des onze poèmes (=V1P&).
. « Parcours », in La Poésie, éd. de Daniel Maximin et Gilles Carpentier, Seuil, Paris, 1994, p. 498 (=PaPO). »

On voit qu’une copie du manuscrit était disponible et que l’édition « de luxe » est facilement consultable (à la Bibliothèque nationale de France). On peut par conséquent regretter que l’équipe du volume n’ait pas approfondi ses recherches pour offrir une édition génétique plus complète et plus cohérente, en partant des manuscrits, des tapuscrits, ou à défaut de la parution des textes en revues.
Enfin, on reste perplexe devant la notation « génétique » des variantes. Le système choisi, sibyllin à force d’abréviations, est inutilisable pour qui n’aurait pas toutes les versions des textes sous les yeux, et très pénible à consulter pour les autres.
Les commentaires
Il n’est pas question ici de discuter toutes les interprétations, plus ou moins convaincantes, de certains membres de l’équipe éditoriale, mais l’autopromotion systématique d’Arnold, qui prétend renouveler radicalement la lecture de Césaire sur le mode d’une tabula rasa salvatrice, et au mépris de ses collègues césairiens, laisse rêveur.
Ainsi, les connaisseurs de l’œuvre de Césaire trouveront-ils étranges de voir présentés des « textes inconnus », ou des « documents d’archives inexploités auparavant », qu’ils connaissent pourtant déjà fort bien. Ainsi, l’article « Le message de Péguy » paru dans le Journal L’Action socialiste, n’était-il pas « inconnu de la critique jusqu’à aujourd’hui » (1279). Une notice de Les Écrits lui est consacrée(7), et si Arnold a fini par l’avoir en sa possession, c’est qu’un chercheur lui a donné, qui considérait, avant lui, cet article comme une archive digne d’intérêt.
Dans la même logique, on ne peut que déplorer le ton si peu « Pléiade » de l’introduction d’Arnold, visant à dénoncer « une tradition tenace » qui aurait « pris l’habitude de découper la carrière littéraire d’Aimé Césaire en tranches », en établissant « la maturité de notre auteur vers le milieu des années 1950 ». Cette « tradition » n’étant pas documentée, il est bien difficile de comprendre ce à quoi le coordonnateur se réfère. Mais on voit bien qu’il souhaite se démarquer d’une critique « téléologique » qui aurait réduit Césaire à un rôle de « chantre de la négritude » ou « de la décolonisation ». L’édition génétique du volume, « sans laquelle on pourrait s’attendre à l’éclipse rapide d’un des poètes de langue française les plus importants du XXe siècle », permettrait donc, enfin, de prendre la mesure de l’œuvre ! Ce n’est guère aimable pour la critique césairienne qui ne se reconnaîtra pas tout à fait dans l’image caricaturale proposée par Arnold, et qui espère avoir contribué au rayonnement de « notre auteur », avant la sortie de ce volume. Mais c’est encore plus fâcheux pour Césaire, qui a bien été un adversaire assidu de l’assimilationnisme et du colonialisme, de 1934 à sa mort. Et Breton, Sartre ou Leiris n’ont pas attendu 2013 pour rendre hommage au poète Césaire.
Le plus curieux, c’est que, tout en déplorant « la tendance à rechercher et à trouver des références à l’actualité politique dans les œuvres de Césaire » qui en « déformait la lecture » – on suppose qu’Arnold veut parler uniquement de l’œuvre poétique -, son équipe perpétue la tradition qui consiste à établir systématiquement des relations de cause à effet entre la poésie et les engagements idéologiques ou politiques du poète, tout en cherchant à dépolitiser l’œuvre. C’est à n’y rien comprendre.
Par exemple, dans « Le temps de la poésie », Laforgue s’évertue à mettre au jour une évolution de la poésie de Césaire en fonction de son rapport à la « révolution », sur des bases factuelles d’ailleurs extrêmement fragiles et dans un registre axiologique à nouveau fort peu « Pléiade ». Il affirme, dans son introduction à Les Armes miraculeuses, pour expliquer les changements opérés entre l’édition de 1946 du recueil, et celle de 1970, et notamment la suppression d’un poème (« L’irrémédiable ») et l’apparition d’un nouveau (« Prophétie »), extrait de « À l’Afrique », préalablement publié dans le recueil Soleil cou coupé :

« Manifestement, la révolution heureuse évoquée dans « L’irrémédiable » n’a pas eu lieu et vingt cinq ans après, la révolution, n’en déplaisent aux révolutionnaires de Mai 68, n’est pas une solution ; il faut s’en remettre à la prophétie, s’en remettre à évoquer un au-delà mythique encore à venir. […] Césaire est donc condamné à prêcher dans le désert et à se faire le prophète mélancolique d’une histoire toujours en recherche d’elle-même. » (229-230)

Que les années 1970 ne soient pas joyeuses à la Martinique, c’est possible, mais un tel ouvrage est-il bien le lieu, pour exprimer ainsi sa détestation de « Mai 68 » et des « révolutionnaires », dont Césaire s’est toujours senti solidaire, même quand il ne partageait pas leurs opinions ? Pour preuve, il suffit de lire comment Césaire prend la défense des jeunes Guadeloupéens, accusés d’avoir porté atteinte à l’intégrité du territoire français par leurs activités nationalistes, en février 1968(8). En outre, il est lui-même révolutionnaire, il suffit de relire Une Tempête (1968-1969)(9), pour s’en convaincre, ou d’observer comment il nourrit la conscience nationale martiniquaise dans son discours d’inauguration de la Place du 22 mai : « Schœlcher philanthrope français, libérateur des Noirs »(10), le 22 mai 1971. On regrettera au passage que ce superbe et important discours soit absent du volume.
Quand on observe l’activité littéraire et politique de Césaire dans les années 1970 (et à toutes les époques de sa vie), il est impossible de penser un instant qu’il se réfugie dans « haut-delà mythique », même s’il peut lui arriver de dire son impatience ou sa mélancolie.
Laforgue affirme ensuite :

« De manière pitoyable, l’effondrement éditorial se poursuit quelque année plus tard lors de la parution des Armes miraculeuses dans la collection des Œuvres complètes de Césaire chez Désormeaux, à Fort-de-France, en 1976. Non seulement, le texte, qui reprend celui de 1970, est agrémenté de coquilles réjouissantes, ou c’est selon, navrantes (« Conquête d’une aube » pour « Conquête de l’aube », par exemple), mais il est la victime d’interventions intempestives à la limite de l’absurdité : la magnifique « Forêt vierge » est saucissonnée en trois poèmes portant des titres insensés (« La forêt vierge », « Autre Saison », « Jour et nuit », dont on espère qu’elles ne sont pas le fait de Césaire. »

Les jugements « intempestifs » de Laforgue sur une édition de Jean-Paul Césaire, fils d’Aimé, et d’Émile Désormeaux, ami d’Aimé, et sur le choix du titre des poèmes, nécessairement voulus, ou du moins validés, par Aimé lui-même ont de quoi surprendre.
Si l’édition comporte des coquilles, comme il y en a dans toutes les éditions de la poésie de Césaire, il est tout à fait certain que l’auteur fut une « victime » consentante. Césaire ne se souciait pas de ses éditions. Sans doute aurait-il fait plus attention s’il avait su qu’un Laforgue les observerait un jour de son œil avisé. Mais voilà, ce n’était pas dans son caractère. Il voulait surtout faire plaisir aux autres, donnait ses manuscrits, publiait (ou rééditait) quand quelqu’un insistait pour qu’il le fasse, comme son fils en 1976, comme Jacqueline Leiner qui dut batailler pour qu’il consente à la réédition de Tropiques en 1978. Et c’est sans doute ce qui s’est passé également avec Pierre Petitbon pour le Cahier, en 1939, avec André Breton et son réseau pendant la guerre, avec Michel Leiris pour Corps perdu, illustré par Picasso.
Enfin, il aurait fallu être plus rigoureux dans l’établissement des textes pour se permettre de critiquer aussi rageusement les éditeurs précédents. Le volume comporte en effet de nombreuses coquilles qu’il serait fastidieux de relever ici. Je ne prends qu’un seul exemple, celui de « chanson de l’hippocampe », poème extrait de moi, laminaire… et consacré à la Martinique (dont la carte évoque la forme d’un hippocampe). L’édition du Seuil était sans doute déjà fautive, car on comprend mal l’incohérence entre « supputées » au féminin et « arrachés » au masculin, mais voilà que deux erreurs – « foin » au lieu de « fin » et « mares » au lieu de marées » – témoignent d’une négligence qui laisse songeur :

petit cheval hors du temps enfui
bravant les lès du vent et la vague et le sable turbulent
petit cheval
dos cambré que salpêtre le vent
tête basse vers le cri des juments
petit cheval sans nageoire
sans mémoire
débris de fin de course et sédition de continents
fier petit cheval têtu d’amours supputées
mal arrachés au sifflement des marées

un jour rétif
nous t’enfourcherons

et tu galoperas petit cheval
sans peur
vrai dans le vent le sel et le varech
moi, laminaire…, édition du Seuil, 1982, p. 26

petit cheval hors du temps enfui
bravant les lès du vent et la vague et le sable turbulent
petit cheval
dos cambré que salpêtre le vent
tête basse vers le cri des juments
petit cheval sans nageoire
sans mémoire
débris de foin de course et sédition de continents
fier petit cheval têtu d’amours supputées
mal arrachés au sifflement des mares

un jour rétif
nous t’enfourcherons

et tu galoperas petit cheval
sans peur
vrai dans le vent le sel et le varech
Aimé Césaire Poésie, Théâtre, Essais et Discours, p. 629

Donc, un ouvrage qui réunit utilement des œuvres importantes de Césaire, un travail génétique lacunaire, des commentaires à prendre avec précaution et une transcription peu fiable. Une édition vraiment complète, vraiment critique et vraiment génétique de l’œuvre de Césaire reste à faire, autrement.

///Article N° : 13231

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