Django unchained : le théâtre de Tarantino

Cette dent douloureuse dont les élancements se font toujours sentir et qui ronge l’Amérique, comme l’ensemble de la société occidentale tant elle n’assume pas cet héritage mémoriel, préférant dissimuler l’atrocité sous des artifices de bons sentiments, et maquiller l’abcès encore purulent comme on maquillait les blessures des corps meurtris des esclaves pour qu’ils ne perdent pas leur valeur marchande aux enchères, cet affreux chicot, Tarantino, lui, choisit de l’arracher avec les instruments magiques du cinéma : une pince de chirurgien qui extirpe la molaire lancinante en faisant gicler le sang à profusion, mais fait de cet arrachage ludique et spectaculaire une vraie catharsis. Le film repose sur une mise en abyme magistrale, ce bonimenteur de foire, arracheur de dent, qui surgit de la nuit au coin du bois, c’est le bateleur Tarantino lui-même et il va nous emporter dans une histoire fantastique par la force du cinématographe. Le film commence par une nuit froide au fond d’un bois des Amériques. Des négriers ramènent une poignée de nègres fuyards, marrons, les pieds enchaînés. Surgit alors du fond de la nuit, dans un clignotement lumineux de lanterne magique, un drôle de camelot fantôme avec sa carriole de bateleur couronnée d’une énorme dent blanche montée sur ressort. Il se joue des coriaces chasseurs d’esclaves et délivre Django (Jamie Foxx) de ses chaînes… Le récit de la légende peut commencer. Et Tarantino prend plaisir au pied de nez subversif. Django enfourche un cheval et suit le Dr King Schultz, drôle de docteur allemand, qui s’est converti en chasseur de prime et auquel Chritoph Waltz donne une él&eacu...

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