Djomo la promise

De Jacques Noumi

Deux prétendants pour une femme
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Le mariage forcé peut détruire un avenir prometteur. Il se pratique encore sur le Continent dans certaines régions. Est-ce par cupidité ou par égoïsme que des parents n’hésitent pas à forcer leurs filles au mariage même quand leur vie est menacée ? Nous voici donc au domicile de Tchamamangaboua, qui après la visite simultanée de deux hommes  » importants « , Youssouf, un grand commerçant exportateur et Belinga, un politicien et futur président de la République, décide de marier de force sa fille. Djomo voit son sort scellé : à 16 ans, ses projets, ses rêves et son avenir sont brisés. Elle doit interrompre ses études à contrecœur pour se marier. Les tentatives de dissuasion de sa deuxième épouse, Agnès, ne feront pas changer d’avis Tchamamangaboua :  » Je vous ferai construire une piscine sur la toiture de votre maison « ,  » vous allez aussi être convié aux cérémonies de la jet set « ,  » et vous aurez aussi l’occasion d’avoir des cuisses de grenouille dans votre menu et goûter des recettes européennes dans de grandes réceptions « . Bien au contraire, elles vont aiguiser davantage son appétit, ce mariage constituant pour lui une porte d’entrée dans la bourgeoisie.
L’opposition entre le chef de famille ( » j’ai décidé, elle doit se marier, elle ne me sert à rien et puis tu crois qu’on va préparer ta layette comment ? « ) et son épouse ( » elle est trop jeune pour le mariage, elle doit continuer l’école et réaliser la volonté de sa mère « ) traduit le conflit permanent qui règne dans les familles au sujet du mariage forcé. Le copain de Djomo cherche alors une solution pour régler le problème et éradiquer ces pratiques dépassées…
Comme dans beaucoup de films réalisés par les jeunes Camerounais, on relève l’éternel problème du casting. L’actrice principale est tiède dans son jeu tandis que la gestuelle des personnages donne une impression de crispation et d’un manque de fluidité. La récitation des textes dessert le scénario.
Djomo la promise poursuit l’exploration des problèmes de société à laquelle se consacre Jacques Noumi dans son cinéma. Autodidacte, il en est à son cinquième film (trois longs et deux courts métrages). Son choix est clair : il faut donner à tout enfant le droit de faire le choix de sa future vie de couple.

///Article N° : 3607

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