Écrire de la poésie à Maurice ou comment devenir fou…

Je suis prêt à reconnaître, surtout en ces temps de disette et d’incertitude, que consacrer ses nuits à gratter du papier ou dans ce cas, le clavier, à la recherche du mot juste, du mot qui parviendra le mieux à exprimer l’indicible est étrange ou même indécent. Je suis aussi prêt à dire que la poésie ne sert pas à grand-chose, que ce n’est qu’un ornement qui vient un instant interrompre le cours de la vie pour apprivoiser la beauté. Et je n’ai aucun mal à ajouter que j’ai trop lu Césaire, Le Clezio, Llosa et les autres, que j’aime trop la littérature pour avoir un ego littéraire, pour me prendre au sérieux, que je ne suis qu’un moustique qui scribouille aux pieds des géants, que j’exerce dans le cadre de mes limites, trouvant, ici et là, au détour d’un vers, un moment d’exaltation. Je n’espère rien de plus. Je n’ose rien de plus. Je considère la publication de mes recueils comme une grâce, un cadeau venu du ciel, peut être immérité mais que j’ai appris à accepter. Et finalement, je ne crois pas être, contrairement à quelques poètes locaux, la dernière réincarnation de Rimbaud, je ne me destine pas à écrire une ouvre immortelle, je ne rêve pas d’une gloire posthume. Je ne cultive pas une fausse modestie (car dans mon jardin il y a trop de vers) mais il est utile de parvenir à remettre les choses à leur place. Je suis en d’autres mots un poète modéré et lucide, qui demeure loin des excès du “poétisme” (mon premier néologisme qui signifie “mouvement fanatique d’inspiration mégalomane”...

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